Bobby Ryan n’a marqué que 13 buts cette saison. Une situation qui le préoccupe.

Une léthargie qui dérange Ryan

VANCOUVER — Le 800e match en carrière de Bobby Ryan samedi dernier contre Toronto a aussi été son 13e de suite sans secouer les cordages.

L’attaquant des Sénateurs a beau avoir perdu la touche qui en avait fait un marqueur de 30 buts lors de ses quatre premières saisons dans la LNH avec les Ducks d’Anaheim, il n’aime toujours pas traverser de telles léthargies, et c’est toujours vrai maintenant qu’il est un vétéran aguerri qui a célébré ses 32 ans dimanche.

« Oui, ça me dérange. On dirait que j’ai une chance de catégorie A à chaque match et ça ne rentre pas. J’essaie de prendre des tirs, et j’avais été pas pire sur le jeu de puissance et maintenant qu’il y a une traversée du désert, j’obtiens moins de chances. C’est ça qui est ça. En prenant une vue d’ensemble, ça ne paraît pas autant parce que nous avons d’autres problèmes, mais oui, ça m’empêche de dormir le soir », a-t-il répondu à une question du Droit mardi après l’entraînement des siens au Rogers Arena.

Blessé aux mains plus souvent qu’à son tour lors des deux saisons précédentes où il a été limité à 11 buts (2017-2018) et 13 buts (2016-2017), l’attaquant américain a arrêté le compteur à 13 buts jusqu’à maintenant cette saison. Le plus haut salarié du club après le départ de Mark Stone, avec sa paie de 7,25 millions $ (US), n’a compté 20 buts qu’à deux occasions depuis son arrivée dans la capitale à l’été 2013, soit en 2013-2014 (23) et en 2015-2016 (22).

Il demeure un morceau important du jeu de puissance, mais celui-ci ne fonctionne plus depuis le départ de Stone, Matt Duchene et Ryan Dzingel, ainsi que celui de Guy Boucher comme entraîneur-chef, lui qui s’en occupait personnellement cette saison.

Alors que le jeu de puissance était dans le top-10 du circuit Bettman pendant la majorité de la saison, l’attaque à cinq n’a compté qu’un but en 19 occasions (5,2 %) depuis que Marc Crawford est à la barre de l’équipe.

« On a beaucoup de gars qui se retrouvent à de nouveaux postes, n’est-ce pas ? Je ne veux pas parler des gars qui sont partis, mais ce sont de gros catalyseurs du jeu de puissance qui nous ont quittés. Ils calmaient les choses en rentrant dans la zone. Là, il faut faire deux ou trois bonnes passes pour s’installer en zone adverse dans la LNH aujourd’hui. On rentre de façon correcte, mais c’est le jeu suivant, et le suivant, que nous devons améliorer, estime Ryan. On va travailler là-dessus et on va y arriver. Une chose à laquelle Guy excellait était les détails de l’attaque à cinq. Celui qui va s’en occuper à l’avenir va devoir revenir sur les détails, parce que lorsque tu le vois sur un tableau ou sur vidéo, ça fait une grosse différence dans ton jeu. »

Au sujet du plateau des 800 parties qu’il a atteint lors du gain de 6-2 contre les Leafs, Bobby Ryan souligne que celui-ci n’a pas une trop grande signification pour lui. « Le temps entre le 600e et le 700e, puis le 700e et le 800e a été plus long que normalement en raison de toutes les blessures. S’il y a quelque chose de positif cette année, c’est que je n’ai raté que trois parties jusqu’à maintenant », a noté celui qui a 24 passes à son actif, avec un différentiel de moins-23.


«  Oui, ça me dérange. [...]Ça m’empêche de dormir le soir.  »
Bobby Ryan

La victoire en arrivant à ce plateau a été coûteuse pour son porte-feuille, a-t-il raconté. « Ça coïncidait aussi avec ma fête le lendemain et j’ai mis de l’argent sur le tableau qui était conditionnel à ce que les gars comptent six buts, ce qu’ils ont fait », a-t-il relaté en parlant d’une vieille tradition chez les joueurs de la LNH. Ryan trouve que les changements subtils apportés par Crawford commencent à paraître. « Nous jouons à un bon rythme, je pense que notre transition se fait bien, surtout en zone neutre par rapport au passé. J’aime que nous soyons agressifs, on reste sur la rondelle plus longtemps au lieu de concéder 10-15 pieds qui permettent à l’adversaire de sortir de sa zone. On rend ça plus difficile pour l’adversaire dans les trois zones, ce qui est positif pour nous. On a une jeune équipe qui apprend comment jouer », note Ryan, qui dit n’avoir aucun intérêt à représenter son pays au prochain Championnat mondial. « Ce temps-là est révolu pour moi », a-t-il dit.

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LES SÉNATEURS EN BREF

Tkachuk comparé à Benn

Marc Crawford s’est fait demander mardi à quel point son attaquant recrue Brady Tkachuk a progressé cette saison. « Bien des gens parlent de sa puissance autour du filet, mais il est un bon fabriquant de jeu aussi. Il me fait penser beaucoup à Jamie Benn, que j’ai dirigé quand il était un jeune joueur à Dallas. Il a non seulement la puissance pour aller au filet et les mains pour compter des buts, mais il peut aussi faire des jeux dans des espaces restreints profondément en zone adverse. Il nous en montre jour après jour. Il est comme les jumeaux Sedin à un niveau important, il tombe souvent, comme eux au début. Mais quand il va avoir sa force d’adulte, il va être difficile à contenir. Et je sais ce que ça veut dire de faire une comparaison à de tels joueurs », a indiqué Crawford.

Nilsson n’est pas surpris

Ayant passé la première moitié de la saison avec les Canucks, incluant leur camp d’entraînement, le gardien Anders Nilsson n’a pas été surpris de voir Elias Pettersson s’imposer à sa saison recrue dans la LNH, lui qui a 61 points en 62 parties, dont 27 buts. « Non, ce n’est pas surprenant. Quand je l’ai vu au camp et au début de la saison, c’était évident qu’il est un excellent hockeyeur. Il a un talent incroyable, les choses qu’il peut faire sur la glace à pleine vitesse, peu de gens dans le monde peuvent faire ça. Je suis content pour lui qu’il ait été capable de continuer dans la même voie », a dit le cerbère qui pourrait le retrouver sur l’équipe nationale suédoise lors du prochain Championnat mondial de hockey, en mai en Slovaquie.

Entre les lignes

Avec Las Vegas en début de saison, le centre des Sénateurs Oscar Lindberg a été habitué aux changements de fuseaux horaires. « Je pense que c’est plus facile de venir d’est en ouest que le contraire. On a obtenu trois heures de sommeil de plus [dans la nuit de lundi à mardi], on a eu une bonne pratique et on devrait être prêts à jouer [mercredi] », estimait-il.

L’espoir Filip Gustavsson est allé passer quelques jours avec le Beast de Brampton (ECHL) au début de la semaine, mais il a été rappelé par les Senators de Belleville mardi tout comme les attaquants Aaron Luchuk et Boston Leier. Les petits Senators affrontent Utica mercredi soir dans un match contre un des clubs qui les pourchassent au quatrième rang de la division Nord (ils ont quatre points d’avance).