Zack Smith tente de contourner le défenseur des Capitals Dmitry Orlov sous le regard attentif du gardien Philipp Grubauer.

«Une expérience stressante»

WASHINGTON — Erik Karlsson est soulagé de ne pas avoir été échangé lundi.

Le capitaine et joueur de franchise des Sénateurs d’Ottawa a qualifié de stressante l’expérience de faire l’objet de multiples rumeurs de transactions, mais il n’entendait pas retenir ça contre l’organisation s’il est toujours avec elle après le 1er juillet prochain, quand il pourra commencer à négocier une prolongation de contrat pour rester dans la capitale nationale.

« Ce furent des moments extrêmement stressants pour moi et ma famille, j’ai une épouse qui est à mi-chemin de sa grossesse et on vient d’acheter une maison à Ottawa. Ça a été une nouvelle expérience pour moi et tout le monde qui est proche de moi. Je n’ai jamais voulu quitter, je n’ai jamais eu mon mot à dire à ce sujet. C’est une partie de la business sur laquelle je n’ai aucun contrôle. Entendre mon nom être lancé autant qu’il l’a été a été stressant et ce n’est pas quelque chose que j’ai aimé vivre. J’aime ça ici, j’ai toujours aimé ça ici. Je suis à la maison à Ottawa et j’adore les partisans. J’avais signé un contrat à long terme pour ces raisons », a-t-il déclaré mardi matin, rencontrant les médias pour la première fois en une semaine avant d’affronter les Capitals en soirée.

Prolongation de contrat
Son contrat de sept ans pour 45,5 millions $ (6,5 M$/an) signé juste avant qu’il ne gagne son premier trophée Norris en 2012 arrivera à échéance après la saison 2018-2019 et parce qu’ils connaissent une saison misérable, les Sénateurs ont écouté les propositions pour leur joueur de concession au cours des dernières semaines. Le DG Pierre Dorion a cependant dit lundi qu’il n’avait pas reçu d’offres assez bonnes à ce moment-ci pour celui qu’il a déjà loué comme « ayant été créé par Dieu au huitième jour ». Il a aussi laissé entendre qu’il offrira une prolongation de contrat à Karlsson « s’il est encore là le 1er juillet », ce qui est un gros « si ».

« J’ai appris que la moitié de ce qu’on entend n’est pas vrai, mais quand ça te concerne, tu écoutes un peu plus sérieusement. Que j’aie été appelé à quitter ou non, je n’étais pas trop inquiet vu que j’espérais rester ici, a-t-il noté. Je suis content que le côté business soit terminé et que je puisse revenir juste jouer au hockey avec mon équipe. Quand la saison va prendre fin, on va s’asseoir. Il y a plusieurs changements qui ont été effectués et il va y en avoir plusieurs autres au cours de l’été. Je ne sais pas où ça va mener, je ne veux pas spéculer. Ça ne me donne rien de m’inquiéter de ça présentement. Je veux juste finir l’année le mieux possible et m’assurer que les jeunes joueurs de l’équipe qui vont avoir des postes réguliers l’an prochain se sentent à l’aise... C’est ma responsabilité, le côté affaire va attendre et ce que les grands patrons vont décider, ce n’est pas ma décision. »

Karlsson a confirmé avoir rencontré Dorion en matinée lundi, bien avant l’heure limite de 15 h pour les transactions. Il n’a pas été question de lui offrir une prolongation de contrat dès maintenant, ce qui est proscrit par la convention collective liant la LNH à l’Association des joueurs. « Il ne sera pas question de prolongation avant le 1er juillet, on n’en a pas discuté. Ça a été une rencontre très brève, il m’a fait savoir ce qui se passait et j’ai quitté pour aller à la pratique », a-t-il relaté.

Le double récipiendaire du trophée Norris, qui se dit maintenant complètement rétabli de son opération à la cheville de l’été dernier, a laissé la porte ouverte à rester dans la capitale malgré les événements des dernières semaines. « Je ne sais pas dans quelle direction cette organisation veut aller, ce n’est pas le temps d’en parler. J’imagine qu’à un moment donné, ils vont me parler du plan et si je cadre dans cet avenir », a-t-il indiqué.

Concernant les échanges conclus par Dorion pour envoyer des vétérans comme Dion Phaneuf et Derick Brassard sous d’autres cieux, Karlsson a ajouté : « Quand on n’est pas proche de participer aux séries, des choses comme ça vont arriver, ce n’est pas anormal. On leur souhaite la meilleure des chances et on espère que les joueurs obtenus vont nous aider à l’avenir. »

Le retour de Jim O’Brien

Contre toute attente, Jin O’Brien a effectué un retour dans l’uniforme des Sénateurs mardi soir contre les Capitals, héritant du numéro 40 porté jusqu’à tout récemment par Gabriel Dumont.

Le choix de première ronde des Sénateurs en 2007 (29e au total) avait joué son dernier match avec eux en avril 2013 et quand il a passé toute la campagne suivante avec leur club-école de Binghamton, puis qu’il s’est exilé dans la KHL avec le Metallurg de Novokuznetsk, rien n’aurait présagé qu’il effectuerait un tel retour.

« J’imagine que ça montre qu’on ne sait jamais ce qui peut arriver », a dit le centre de 29 ans à son retour dans le vestiaire du club.

Il n’avait joué qu’une demi-saison en Russie avant de rentrer en Amérique du Nord pour jouer avec Hershey, dans la Ligue américaine. Il a ensuite passé la saison 2015-2016 dans l’organisation des Devils, jouant quatre parties dans la LNH, puis avec le Rampage de San Antonio dans la LAH l’an passé, avant d’être rapatrié par les Senators de Belleville, qui lui ont consenti un contrat de la Ligue américaine en début d’année.

Meilleur compteur de l’équipe avec ses 28 points, dont 13 buts, il s’est vu offrir un contrat à deux sens en fin de semaine dernière et il a été rappelé quand Nick Shore a été échangé à Calgary. « Je ne l’ai jamais vu jouer, mais on avait besoin d’un centre et les gens de l’organisation croient qu’il mérite un rappel, donc il a été rappelé », a dit l’entraîneur-chef Guy Boucher.

« C’est bien d’être de retour et de voir les gars. J’ai toujours cru en mes chances de revenir dans la LNH. C’est ça le hockey, il faut que tu continues à travailler et espérer avoir un break... J’ai été un peu partout, mais ça reste le fun de jouer au hockey », a-t-il commenté.

Entre les lignes

Guy Boucher au sujet des rumeurs d’échange: « Il y a des noms qui étaient dans les airs qui n’ont jamais été une considération pour nous. C’est différent de l’intérieur. C’est certain que plus on garde de joueurs, plus le coach est heureux », a-t-il dit... Boucher a dit que l’attaquant Alexandre Burrows réintègrera l’alignement vendredi à Vegas, lui qui a purgé le dernier match de sa suspension mardi.