Erik Karlsson qui félicite Sidney Crosby lors de la traditionnelle poignée de main suite à la défaite de jeudi soir.

Une élimination qui fait mal

PITTSBURGH - C'est une défaite douloureuse que les Sénateurs d'Ottawa ont encaissée tard jeudi soir à Pittsburgh.
Quand Chris Kunitz a compté à 5 min 09 s de la deuxième période de prolongation, il a crevé la bulle sous laquelle l'équipe de Guy Boucher jouait cette saison.
Cette équipe qui ne lâchait jamais et qui est passée à travers de nombreuses épreuves, la maladie de l'épouse de Craig Anderson et la commotion de Clarke MacArthur étant les plus connues, voyait un parcours improbable prendre fin alors qu'il ne lui manquait qu'un but pour atteindre la finale pour la coupe Stanley.
« Avez-vous deux heures ? C'est le temps que ça me prendrait pour parler de tout le monde et de tout ce que ces gars ont dû traverser et endurer - bien des choses qui sont connues et certaines qui ne le sont pas. Ils ont tout donné. Ils ont mis leur âme là-dedans, et c'est très difficile à accepter. En sachant de l'intérieur à quel point ils méritent du crédit pour les individus incroyables qu'ils sont, à quel point ce groupe a été résilient et ensemble. C'était un groupe très, très spécial », a commenté l'entraîneur-chef Guy Boucher, visiblement secoué après le revers de 3-2 aux mains des Penguins.
À sa première saison dans la capitale, Boucher a totalement transformé un club qui avait raté les séries un an plus tôt. D'un club désorganisé en défensive, son fameux système, le 1-3-1 en zone neutre, a donné aux Sénateurs une structure dont ils ne dérogeaient que rarement. Le reste, il l'a dit souvent, a été une question « d'éléments intangibles », d'un esprit d'équipe forgé à travers les épreuves d'une saison pas comme les autres.
« Il y a plus que de la fierté présentement, pour être bien honnête. C'était bien plus que du hockey cette année. C'est évident, au niveau hockey, il y a eu beaucoup d'adversité à traverser. Nous avons bâti quelque chose, plusieurs individus ont grandi pour atteindre un niveau que je ne pensais jamais qu'ils pourraient atteindre en quelques mois, bien honnêtement. Puis vous arrivez à la fin, après toute cette croissance et comment ils ont poussé dans la même direction ensemble... J'aurais juste souhaité pouvoir en faire plus pour les aider », a aussi dit Boucher.
C'est la réalité du sport professionnel, ce groupe que Boucher considère comme si « spécial » ne sera pas de retour totalement intact la saison prochaine.
« En 10 ans dans la ligue, je n'ai jamais fait partie de quelque chose comme ça, a souligné l'attaquant Bobby Ryan à la fin de séries mémorables pour lui (6 buts, 15 points). Tout le monde a fait sa part, chaque gars jouait pour le gars à côté de lui. Tous les clichés qu'on peut utiliser décrivent parfaitement cette équipe... On n'était pas prêt à ce que ça prenne fin, mais ils ont été meilleurs que nous par un tir. »
« Ce groupe était spécial, incroyable. Je ne peux pas commencer à l'expliquer, nous avons surmonté beaucoup toute l'année, on a continué à trouver un moyen. Il y a une équipe spéciale dans ce vestiaire et ça fait mal », mentionnait de son côté le vétéran défenseur Dion Phaneuf, qui donnait, comme tous ses coéquipiers, beaucoup de crédit au gardien Craig Anderson, qui a fait face à des barrages de 46 et 42 tirs lors des deux derniers matches de la série.
À ce sujet, Guy Boucher a pour sa part refusé de parler d'un seul joueur. Souligant plutôt les apports individuels de chacun qui ont donné les résultats observés. 
Les joueurs passeront au Centre Canadian Tire samedi pour récupérer leurs effets personnels, tandis que Boucher et le d.g. Pierre Dorion feront leurs bilans de fin de saison lundi.