Pour illustrer à quel point la défaite a été gênante, un des rares partisans d’Ottawa a lancé un chandail aux couleurs de l’équipe sur la glace à quelques secondes de la fin du match.

Une défaite gênante

Les Sénateurs d’Ottawa pensaient avoir relancé leur attaque avec leur victoire de vendredi à Brooklyn.

Ils se sont cependant rendu compte que celle des Jets de Winnipeg est à un autre niveau complètement. Ces derniers ont donné une leçon de hockey aux visiteurs au Bell MTS Place dimanche soir, dominant 49-21 au chapitre des tirs en route vers un gain facile de 5-0 devant 15 321 amateurs majoritairement comblés.

Les Jets, bons premiers dans l’Ouest, demeuraient ainsi invaincus en temps réglementaire à leurs 10 dernières sorties (9-0-1), alors qu’Ottawa encaissait une huitième défaite en neuf parties pour revenir sous la barre des ,500 (9-10-6).

Pour illustrer à quel point la défaite a été gênante, un des rares partisans d’Ottawa a lancé un chandail aux couleurs de l’équipe sur la glace à quelques secondes de la fin du match.

« Je suis à peu près aussi gêné que je ne l’ai jamais été à jouer dans la LNH, il faut définitivement oublier ce match. On manque de confiance, d’effort, vous pouvez dire n’importe quoi. On n’était juste pas là ce soir. La préparation manquait, nous n’étions pas prêts à jouer », a dit l’attaquant Mark Stone, pour qui la défaite faisait encore plus mal puisqu’il jouait dans son patelin, devant sa famille et ses amis.

Les hommes de Guy Boucher ont décoché seulement 21 tirs, inoffensifs pour la plupart quoique Stone et Ryan Dzingel ont frappé de la quincaillerie, vers la cage du gardien des Jets Connor Hellebuyck. Il n’en a vu que trois en première période, quand les Jets ont bombardé Mike Condon de 19 lancers.

Celui-ci a cédé devant Mark Scheifele en avantage numérique en début de match, puis lorsque Mathieu Perreault a fait dévier un lancer de la pointe, mais il a aussi effectué plusieurs bons arrêts, dont un spectaculaire contre Brian Little de la mitaine.

La défaite était particulièrement gênante pour Mark Stone, qui jouait devant ses proches.

Ça s’est cependant gâté pour lui en début de deuxième, quand Blake Wheeler, Patrick Laine et Tyler Myers l’ont déjoué sur trois tirs successifs pour le chasser du match à la faveur de Craig Anderson. Les deux derniers buts ont été comptés en avantage numérique, celui de Laine à cinq contre trois alors que quelqu’un au banc des Sénateurs a écopé d’une mineure pour conduite antisportive.

C’était la deuxième punition de banc du match, l’autre après trois minutes de jeu ayant été pour avoir eu trop de joueurs sur la glace. De tels problèmes de discipline sont mortels contre les Jets, qui ont le quatrième meilleur jeu de puissance de la LNH, celui-ci fonctionnant à un rythme de 45 % lors de leur bonne séquence de 10 matches à domicile.

« On savait qu’on faisait face à un club formidable, ils avaient l’air très bons sur vidéo et c’est ce qu’ils ont été. Ils sont les meilleurs dans la LNH en première période, on le savait, on en avait parlé, mais on n’a pas été intelligents. On a pris cette punition sur un changement sans raison, a commenté l’entraîneur-chef Guy Boucher. Pour l’autre, quelqu’un sur le banc a trop parlé, pas moi. Ça montre qu’on n’était pas là mentalement. Il faut être meilleurs que ça. On doit maintenant se regrouper parce que nous sommes au milieu d’un voyage difficile. »

Wheeler a aussi récolté trois passes pour les Jets, alors que Perreault en a ajouté deux à sa fiche.

Les Jets n’ont pas levé le pied de l’accélérateur et Anderson a été mis à l’épreuve à 28 reprises au cours de ses 32 minutes de jeu.

Le capitaine Erik Karlsson a été blanchi pour un neuvième match de suite, une nouvelle marque personnelle pour lui (il avait été tenu à l’écart de la feuille de pointage pour huit parties en 2009-2010, sa saison recrue). « Ils ont un bon club, ils l’ont montré encore aujourd’hui. Ils marquent deux buts rapides et ensuite, on n’a généré aucun momentum. On ne fait juste pas les petits détails comme il faut présentement », a dit Karlsson.

Les Sénateurs ont pris le chemin de Los Angeles immédiatement après le match afin de profiter d’une journée de congé lundi. Ils vont tenter de panser leurs plaies d’ici à la partie californienne de ce voyage de sept parties, avec des matches mercredi à Anaheim, jeudi à Los Angeles et samedi à San Jose.

COMME UN CLUB DE MOUSTIQUES

Il n’y avait pas beaucoup de points positifs à retirer du revers cuisant infligé par les Jets. En fait, il n’y en avait qu’un, la tenue de Craig Anderson en relève.

Retiré du match de vendredi contre les Islanders après avoir alloué cinq buts, c’était au tour du gardien numéro un de s’amener pour essayer de renverser la vapeur quand Mike Condon a été débordé en début de deuxième tiers, accordant trois buts sur trois tirs. Sans les arrêts de celui-ci au premier tiers, et ceux d’Anderson en troisième, le pointage final de 5-0 aurait été encore moins flatteur pour les Sénateurs.

« La seule bonne chose est que notre gardien numéro un est entré dans le match et qu’il a bien joué », a commenté l’entraîneur-chef Guy Boucher.

Le gardien de but Craig Anderson s’est amené en renfort après que Mike Condon eut éprouvé des difficultés.

Anderson n’y voyait pas une grande consolation, préférant mettre l’accent sur le fait que toute l’équipe a collectivement besoin de se retrouver, ça presse.

« Si on utilise nos gardiens pour des demi-matches chaque soir, ça ne fonctionnera pas trop bien pour nous. Présentement, il faut qu’on se regroupe et qu’on redevienne une équipe, c’est le message qu’il faut partager. Il n’y a pas juste un gars qui fait des erreurs, c’est tout le monde. La dernière chose dont on a besoin présentement, c’est qu’une bande d’individus essaie de régler nos problèmes chacun de leur côté », a dit Anderson.

Le vétéran Nate Thompson est resté longtemps dans le vestiaire et il a fait écho aux propos de Mark Stone. « Tous les gars dans ce vestiaire sont gênés, il a raison, a-t-il lancé. On peut définitivement dire que nous n’étions pas prêts à jouer (avec la punition pour trop d’hommes sur la glace du début). Regardez le résultat et comment nous avons joué. Ils étaient prêts, c’est un très bon club de hockey et ils nous ont fait paraître comme un club de moustiques. »