La sélection d’un frêle défenseur suédois de 18 ans, Erik Karlsson, fut un des meilleurs échanges de la carrière de Bryan Murray.

Une décennie avec Karlsson

C’était il y a 10 ans demain.

Le 20 juin 2008, Bryan Murray a réalisé un des meilleurs échanges de sa longue carrière en cédant son premier choix, le 18e au total, et un choix de troisième ronde pour grimper de trois rangs et obtenir le 15e choix appartenant aux Predators de Nashville de son bon ami David Poile.

La sélection d’un frêle défenseur suédois de 18 ans, Erik Karlsson, a été annoncée sur l’estrade de ce qui s’appelait alors la Place Banque Scotia d’Ottawa par le capitaine des Sénateurs à l’époque, Daniel Alfredsson.

Le regretté Murray avait ainsi répondu à une requête de Pierre Dorion, qui en était à son premier encan en tant que dépisteur-chef de l’équipe. Convaincu du potentiel de l’arrière du club Frolunda après sa participation au Championnat mondial des moins de 18 ans, celui qui est maintenant le directeur général de la formation ottavienne raconte souvent comment il avait dû s’y prendre pour que son patron accède à sa demande.

«Il m’avait dit, ‘Pierre, combien de temps veux-tu travailler pour moi ?’ J’avais répondu ‘Longtemps’. ‘Et tu veux qu’on repêche un défenseur de 5’ 10’’ et 159 livres’, avait-il rétorqué. J’avais dit à Bryan que c’était le gars qu’on se devait de repêcher et que j’avais l’intention de travailler pour lui longtemps», a souvent relaté Dorion.

Le petit Karlsson a ajouté du coffre à sa charpente — il mesure maintenant 6’ et pèse 191 livres — et il a fait paraître les dirigeants des Sénateurs pour des génies en devenant un joueur de concession, ses deux trophées Norris de meilleur défenseur de la LNH (il a aussi été finaliste pour le titre à deux autres occasions) en étant la preuve.

Les Predators avaient accepté de reculer de quelques rangs parce qu’ils voulaient repêcher un gardien, Chet Pickard, un pari qui n’a pas rapporté puisqu’il n’a jamais joué dans la LNH. Les Kings de Los Angeles, qui avaient sélectionné Drew Doughty au deuxième rang après Steven Stamkos lors du repêchage d’Ottawa, ont gaffé eux aussi alors qu’ils ont sélectionné Colton Teubert au 13e rang. Ce gros défenseur de l’Ouest n’a disputé que 24 parties dans la LNH, comparativement à 627 pour Karlsson, qui a récolté 518 points (126 buts) lors ce celles-ci.

Karlsson a déjà dit lui-même qu’il s’attendait à ce que les Ducks d’Anaheim, qui détenaient le 17e choix, le sélectionnent. Ils se sont plutôt rabattus sur un autre défenseur, Jake Gardiner, qui a plus tard été échangé aux Maple Leafs de Toronto.

Une décennie plus tard, les Sénateurs vont se présenter au repêchage de Dallas alors qu’ils sont à la croisée des chemins avec leur super-étoile.

Impliqué dans des rumeurs de transactions depuis la dernière période d’échange, alors que s’il faut en croire son coéquipier Bobby Ryan, il avait failli passer aux Golden Knights de Vegas, Karlsson fait à nouveau l’objet de tractations, même si Dorion a déclaré lors de rencontres avec des détenteurs d’abonnement en avril que son équipe n’échangera pas son capitaine avant de pouvoir négocier une prolongation de contrat avec lui à compter du 1er juillet.

Plusieurs observateurs s’attendent à ce que les Knights reviennent à la charge, eux qui ont l’espace sous le plafond salarial pour ajouter un haut salarié comme Karlsson le sera. Il représente une aubaine à son salaire moyen de 6,5 millions $ et il faut s’attendre à ce que son prochain pacte lui rapporte entre 10 et 12 M $ par saison, Ottawa pouvant lui offrir un pacte de huit ans alors que s’il obtient son autonomie complète le 1er juillet 2019, les autres clubs pourront lui faire une offre étalée sur sept ans.

Le cas de Karlsson est encore plus compliqué depuis la semaine dernière, alors qu’un conflit entre son épouse Melinda et la fiancée de son coéquipier Mike Hoffman a éclaté au grand jour. Hoffman serait encore plus susceptible d’être échangé, semble-t-il, même s’il a nié avec véhémence l’implication de Monika Caryk dans cette affaire de cyberintimidation.

LES SÉNATEURS EN BREF

Six parties hors-concours

Les Sénateurs ont confirmé lundi qu’ils disputeront six parties hors-concours en préparation à la saison 2018-2019.

On savait déjà qu’ils amorceraient ce calendrier avant-saison en affrontant les Maple Leafs de Toronto à Lucan, en Ontario, dans le cadre du concours Kraft Hockeyville, le mardi 18 septembre.

Le lendemain, les deuxmêmes équipes s’affronteront au Centre Canadian Tire, où la troupe de Guy Boucher recevra ensuite les Blackhawks de Chicago le vendredi 21 septembre et le Canadien de Montréal le samedi 29. Ottawa sera à Montréal le 22 septembre et à Chicago le 27.


Repêchage de défenseurs

Le repêchage de 2008 à Ottawa en avait été un de défenseurs, alors qu’après Steven Stamkos sélectionné par Tampa Bay au premier rang, les quatre joueurs suivants (Drew Doughty par Los Angeles, Zach Bogosian par Atlanta, Alex Pietrangelo par St. Louis et Luke Schenn par Toronto) avaient été des défenseurs. Huit autres arrières furent des choix de première ronde, incluant Tyler Myers, maintenant des Jets de Winnipeg (12e), Erik Karlsson (15e) et John Carlson (27e), qui vient de gagner la coupe Stanley avec les Capitals de Washington.

L’encan de vendredi à Dallas pourrait donner un scénario similaire avec la sélection de Rasmus Dahlin au tout premier rang, alors que les Adam Boqvist, Quinn Hughes, Evan Bouchard et Noah Dobson.