Avant de commencer sa carrière dans la LNH, Jason Spezza avait été renvoyé chez les juniors par des Sénateurs qui l’avaient pourtant repêché au deuxième rang en 2001.

Une claque au visage de Spezza

TORONTO — Avant de commencer sa carrière dans la LNH, Jason Spezza avait été renvoyé chez les juniors par des Sénateurs qui l’avaient pourtant repêché au deuxième rang du repêchage de 2001.

« C’est une ligue d’hommes, et il est encore un petit gars », avait déclaré l’entraîneur du temps, Jacques Martin.

Dix-huit ans plus tard, Spezza a dû endurer un autre « manque de respect » – comme dirait Michel Therrien – à l’aube de sa 16e saison dans le circuit Bettman. Son patron avec les Maple Leafs de Toronto, Mike Babcock, l’a rayé de sa formation pour le match inaugural d’une saison que le vétéran centre a choisi de passer dans son patelin en acceptant un contrat d’un an au salaire presque minimum (700 000 $).

La décision a fait jaser toute la journée dans la Ville Reine, détournant les conversations de la décision de nommer un capitaine tout juste avant le match (John Tavares, de préférence à Auston Matthews).

Quand Spezza a accepté de se joindre aux Leafs pour un rôle au centre du quatrième trio sans place sur le jeu de puissance, il ne s’attendait certes pas à être laissé de côté pour le premier match de la campagne, contre son ancien club par surcroît. Babcock, qui a utilisé Nick Shore (brièvement un Sénateur quand il a été impliqué dans l’échange de Dion Phaneuf à Los Angeles) à sa place, a expliqué la décision en disant que « c’est pour lui permettre de mieux se familiariser avec le travail qu’il veut avoir en désavantage numérique ».

« On a eu de bonnes discussions et nous sommes sur la même page, nous allons avoir une rotation [de joueurs laissés de côté] en attendant de savoir exactement ce qu’on fait et il va jouer le prochain match [vendredi à Columbus] », a ajouté Babcock.

Spezza aurait pu éviter de se présenter devant les médias vu qu’il est rentré au vestiaire après avoir fait du temps supplémentaire pendant que Babcock tenait son point de presse, mais il est sorti pour offrir sa réaction à vif.

« C’est décevant parce que tu veux jouer ces matches-là. On a parlé de ce que j’avais à faire, c’est un processus pour avoir ma place. Je vais travailler avec lui et être prêt quand je vais être dans l’alignement, a-t-il dit. Il est l’entraîneur, il décide qui joue, c’est à moi de répondre à ses attentes, mériter sa confiance sur le P.K. (désavantage numérique). »

Les Maple Leafs de Toronto ont annoncé la nomination de John Tavares au titre de capitaine avant le début de la première rencontre de la saison.

Âgé de 36 ans, Spezza a aussi été laissé de côté en séries l’an dernier par les Stars de Dallas, avec qui il écoulait la dernière année d’un contrat lui rapportant 7,5 millions $ par an. Il réalise qu’en fin de carrière, son rôle change. « Je dois m’adapter aux changements, apprendre ce qu’il faut apprendre », dit-il.

Quand il s’est fait demander par Le Droit si la déception était plus grande parce qu’il aurait affronté son premier club dans la LNH, les Sénateurs, il a rétorqué : « Parce que c’est le match inaugural. Tu veux jouer ces matches, c’est excitant. Je mentirais si je disais que je ne suis pas déçu, mais je suis un professionnel et je dois être prêt en tout temps. Tu veux surtout jouer à la fin de l’année. »

Une première pour Ceci

Cette décision vient détourner l’attention du premier match de Cody Ceci en saison régulière contre ses anciens coéquipiers des Sénateurs.

« C’est un moment excitant de la saison, le premier match de l’année, et que ça soit contre mon ancienne équipe, c’est toujours amusant. J’ai encore des amis de l’autre côté, mais ça va être bon de les affronter maintenant », a raconté Ceci en matinée.

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Babcock louange Smith

Avant leur premier « vrai » affrontement derrière leurs bancs respectifs, Mike Babcock a louangé son adjoint des quatre saisons précédentes. « Je l’ai embauché parce qu’il m’avait été recommandé et qu’il était un gagnant partout où il était allé avant. On a bien travaillé ensemble et je lui disais toujours de tenter sa chance comme entraîneur-chef quand il serait prêt. Dans la LNH, si tu deviens entraîneur-chef avant que tu sois prêt, tu vas être parti avant d’être prêt. Il est plus que prêt. Je les ai vus pendant la pré-saison, ils sont organisés, ils jouent avec rapidité et ils vont être une de ces équipes que personne n’attend mais qui va être bien meilleure que vous le pensez », a-t-il commenté. Smith a dit de son côté qu’il était « content de revenir et de mettre ça [l’affrontement contre Babcock et les Leafs] de côté rapidement pour qu’on passe à la saison », a-t-il dit pendant que son club tenait un entraînement optionnel, permettant à ses vétérans Craig Anderson et Ron Hainsey de se reposer en vue du match.

Zaitsev parle... un peu

Après avoir raté les deux parties hors-concours du camp d’entraînement contre les Maple Leafs, le défenseur russe Nikita Zaitsev était de retour dans la Ville Reine mercredi et il n’a pas trop eu le choix de répondre aux nombreuses demandes d’entrevues des médias locaux. Quand il s’est fait demander pourquoi il avait demandé à l’équipe de l’échanger l’été dernier, après avoir écoulé les deux premières saisons d’un contrat de sept ans (avec un salaire de 4,5 M$ par an), Zaitsev s’est fait avare de commentaires. « C’est une chose personnelle, je ne veux pas en parler. Ça n’a rien à voir avec l’équipe ou les joueurs. J’aimais ça ici. J’ai eu du plaisir, mais c’est juste un nouveau chapitre dans ma vie », a-t-il dit, blaguant que ce n’était pas l’attention médiatique qui était trop pesante pour lui. « Je vous aime », a-t-il lancé avant d’ajouter qu’il y avait « des affaires familiales là-dedans ».