Craig Anderson s’apprête à revenir au jeu.

Une blessure mystérieuse

RALEIGH — Un mois plus tard, Craig Anderson ne comprend toujours pas exactement ce qui s’est passé.

On était un peu sous l’impression que le gardien de buts des Sénateurs d’Ottawa avait subi une commotion cérébrale dans le match du 21 décembre, au New Jersey. Assez tôt, dans la soirée, il a été renversé par le robuste attaquant des Devils, Miles Wood.

«En réalité, il m’est arrivé deux trucs, durant cette journée», a-t-il révélé aux journalistes, jeudi.

Il était en train de ranger son équipement dans son sac. Il participe au voyage de l’équipe, ce week-end.

Il secondera Anders Nilsson, vendredi soir, en Caroline du Nord. Si tout se passe comme prévu, il affrontera les Blues à Saint-Louis, samedi.

«Durant l’entraînement matinal, quelques heures avant le match au New Jersey, j’ai reçu un lancer en plein visage. Je n’y avais pas porté attention. Je n’avais pas été trop ébranlé.»

«Wood... Il a foncé vers mon filet avec une bonne vitesse, mais il m’a frappé l’épaule. Il ne m’a pas frappé la tête.»

«J’imagine que la combinaison des deux incidents a causé la blessure.»

Anderson a terminé le match au bout du banc. Ça n’avait rien à voir avec la blessure. Les Sénateurs se faisaient simplement malmener par leurs hôtes.

Après le match, Anderson s’est endormi dans l’autobus qui menait les Sénateurs à l’aéroport. Il ne s’est pas réveillé durant le vol de retour.

Le reste de l’histoire, c’est celle qu’on entend de plus en plus souvent.

Anderson, 37 ans, n’avait encore jamais subi de commotion cérébrale.

«Ce sont des blessures mystérieuses, dit-il. On ne sait jamais à quoi s’en tenir. Je pouvais faire certaines choses sans aggraver mon cas. Puis, soudainement, je posais un tout petit geste qui me causait des problèmes. Tout d’un coup, j’avais besoin de repos.»

Anderson n’a pas apprécié l’expérience. Du tout. Même si les Sénateurs traversaient une des pires séquences de leur saison, il n’a pas ressenti l’envie de précipiter les choses. Il n’était surtout pas question, pour lui, de revenir au jeu trop rapidement.

«Je dois penser à la vie après le hockey», de conclure le vétéran.

«J’ai joué près de 600 matches depuis le début de ma carrière. Quelle différence ça peut bien faire, deux ou trois parties de plus ?»

«Les joueurs de 20 à 25 ans devraient voir les choses de la même façon. L’âge n’a pas d’importance. Tout le monde doit penser à la vie après le hockey.»

Progression

À Saint-Louis, Anderson retrouvera une équipe qui semble reprendre confiance.

Les Sénateurs ont remporté trois de leurs quatre dernières parties. Ces victoires ont été acquises contre des formations de l’Association Ouest en perte de vitesse, c’est vrai. Ils ont quand même réussi à mieux paraître défensivement.

Enfin, du progrès.

«On joue mieux depuis un certain temps, dit Mark Stone. Je voyais des signes encourageants durant notre séquence de huit défaites d’affilée, je voyais des signes positifs. Je crois que nous aurions été capables d’en gagner quelques-unes.»

«On ne se faisait jamais massacrer. On était dans le coup tout le temps.»

Anderson, joueur par excellence de l’équipe dans le premier tiers de la saison, devrait normalement améliorer les choses.

«Je devrai me rebâtir une confiance, croit-il. Il ne faut surtout pas avoir peur de la rondelle. À l’entraînement, il m’a fallu quelques jours pour me sentir à l’aise.»

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Des fils motivés

Guy Boucher était d’excellente humeur, quand il s’est pointé devant les journalistes en milieu de journée, jeudi.

« L’entraînement s’est bien déroulé. Je n’ai presque pas eu besoin de hausser le ton », a-t-il dit, souriant.

Les pères de plusieurs joueurs étaient dans les gradins du Centre Canadian Tire.

« C’est bon, ça. Les pères offrent une source de motivation supplémentaire, toute naturelle, aux athlètes. Nous aurons bien besoin de cette motivation en Caroline. Il paraît que les Sénateurs n’ont pas gagné là-bas depuis un siècle. »

Les pères accompagneront leurs fils un peu partout, ce week-end. Le voyage annuel des pères est devenu une véritable tradition à Ottawa.

« Je suis un peu jaloux, vous savez. J’avais 17 ans quand mon père est mort. Je n’ai jamais eu l’occasion de le connaître en tant qu’adulte. Je trouve toujours que nos joueurs sont chanceux durant ce voyage. Les pères sont chanceux de vivre cette expérience. Les joueurs aussi », dit-il.