Ryan Dzingel et Marian Gaborik ont tous les deux marqué en avantage numérique dans la victoire des Sénateurs à Tampa Bay, mardi.

Une amélioration assez marginale

La deuxième unité d’attaque à cinq des Sénateurs d’Ottawa a produit deux buts dans la victoire improbable de mardi soir à Tampa Bay

Ce doublé réalisé par Ryan Dzingel et Marian Gaborik a permis au jeu de puissance dirigé par Marc Crawford depuis le début de l’année 2018 de prendre les devants sur celui que supervisait auparavant Martin Raymond.

Mesure assez exceptionnelle au milieu d’une saison, la décision de l’entraîneur-chef Guy Boucher d’inverser les rôles de ses deux principaux adjoints avait fait beaucoup jaser, et il est temps de la revisiter pour voir quel impact elle a pu avoir.

La réponse : il y a eu une amélioration assez marginale.

Sous Raymond avant le 3 janvier dernier, premier match où la nouvelle mesure a été implantée, les Sénateurs avaient compté 20 buts en 126 chances en supériorité numérique, un pourcentage d’efficacité de 15,9 % qui laissait le club au 24e rang dans la LNH.

Depuis que Crawford dirige la circulation à sa place, le jeu de puissance a enregistré 16 buts en 86 opportunités, un pourcentage de 18,6 %. Ils avaient régressé au 27e rang dans le circuit avant leur deux en deux de mardi, qui leur a permis de remonter en 25e place, avec un pourcentage cumulatif de 17 %.

Pour Boucher, l’amélioration va au-delà des chiffres, cependant.

« Au début, il y a eu une adaptation, c’est clair. Je m’y attendais, il y a eu une adaptation pendant une couple de semaines, mais j’aime beaucoup ça. Ce qui est plate, c’est que pendant un moment, on avait été vraiment bons en avantage numérique et on avait des résultats, mais depuis trois matches, on a été très bons encore, mais on n’a pas produit. On paraît bien dessus au moins, on obtient encore des chances », a confié Boucher au Droit avant le gain contre le Lightning.

« On a essayé une couple d’affaires, on sait où Duchene aime aller maintenant. Il y a une couple de gars qui sont plus à l’aise dans leur rôle. Il y a aussi (Jean-Gabriel) Pageau qui mérite d’être sur l’avantage numérique devant le filet. On a découvert un paquet de choses qui nous aident maintenant et vont nous aider plus tard aussi. Ça a rafraîchi un peu les choses, changé la voix. Le désavantage numérique, lui, va très bien », a ajouté Boucher.

Les chiffres n’indiquent pas d’amélioration de ce côté pourtant : sous Crawford, les « tueurs » de punitions avaient une note de 77,1 % (25 buts alloués en 109 infériorités). Celle-ci a chuté à 74,4 % depuis que Raymond a pris la relève (23 buts en 90 chances), le cumulatif de 75,9 % étant bon pour la 27e position à ce chapitre.

« C’est certain que c’est différent, les deux amènent une perception différente, a indiqué Pageau. Je pense que ça a été positif, ça a amené une nouvelle énergie, un nouveau système un peu. C’est beaucoup de détails à rattraper quand tu fais le changement à la mi-saison, ce sont beaucoup de nouvelles stratégies à assimiler, mais il y a eu un buy in des gars, on voit qu’on s’en va dans la bonne direction. »

Il y a aussi eu plusieurs changements de personnel au sein des différentes unités avec le départ de joueurs comme Derick Brassard, qui était de la première unité d’attaque à cinq où Pageau l’a remplacé, ainsi que Dion Phaneuf (avantage et désavantage numérique) et Nate Thompson (désavantage seulement). Cody Ceci obtient présentement sa chance à la ligne bleue de la deuxième unité de jeu de puissance avec Thomas Chabot, avec Dzingel en avant. Et Magnus Paajarvi se débrouille assez bien à court d’un homme depuis son arrivée via le ballottage.

« Je ne peux pas commenter pour l’attaque à cinq vu que j’attends encore ma chance, a blagué le défenseur Mark Borowiecki. Mais en désavantage, Marty a apporté un look un peu différent... Je pense que l’accent est surtout placé sur les habiletés fondamentales, et on a une meilleure structure un peu, sans chercher à dénigrer Crow (Crawford). On ne trouvait pas notre rythme auparavant, on dirait. On a encore nos problèmes, mais il me semble que ça ‘clique’ un peu mieux dernièrement. »