Erik Karlsson a passé plus de 31 minutes sur la glace samedi, préparant les buts de Mike Hoffman, Derick Brassard et Kyle Turris.

Un repos salutaire pour Karlsson

Erik Karlsson est de retour à un endroit qui lui est familier, la tête des pointeurs de son équipe.
Avec ses trois passes de samedi dans le gain important lors du cinquième match, il totalise maintenant 11 points, dont 10 mentions d'assistance, deuxième en séries derrière Evgeny Malkin, des Penguins, qui en a 13. Il a ainsi déjà établi un record de points par un défenseur des Sénateurs pour une danse du printemps.
Le repos qu'il a obtenu en troisième période du quatrième match, jeudi dernier à New York, lui a apparemment fait grand bien.
« Comme entraîneur, et comme personnel d'entraîneurs, parce que je ne vais certainement pas prendre tout le crédit pour les décisions que nous prenons en groupe, nous pensions que notre groupe n'était pas dans un bon état d'esprit pour répliquer à New York, a commenté l'entraîneur-chef Guy Boucher après le match. J'ai pensé que nous devions prendre une décision : on pousse et on continue à pousser dans la mauvaise direction, ou on est intelligents et on conserve son énergie afin de s'assurer que ce qu'il a n'empire pas, pour qu'il ait de l'énergie (samedi). Je pense que ça a rapporté. Il a eu un match fantastique. »
Karlsson a passé plus de 31 minutes sur la glace, préparant les buts de Mike Hoffman, Derick Brassard et Kyle Turris.
« Je me sentais bien, a dit Karlsson, qui a révélé après le premier tour avoir joué malgré deux microfractures à son talon gauche. À ce temps-ci de l'année, c'est toujours difficile, pour moi comme pour tout le monde. Je pense qu'aujourd'hui, nous avions beaucoup d'entrain et tout le monde se sentait comme eux-mêmes à nouveau. C'est ce qu'il faut apporter avec nous à New York mardi. »
Ses coéquipiers s'attendaient à ce que leur leader se comporte de cette façon : « On ne s'attend à rien de moins de lui. Il ne cesse d'impressionner. Tu t'attends au meilleur de tout le monde, mais son meilleur s'améliore sans cesse... Sur le but égalisateur (de Brassard), il a fait tout un jeu, probablement qu'il est le seul gars de l'équipe qui peut le faire », a souligné Mark Stone.
Anderson
Boucher avait aussi accordé un repos à son gardien partant Craig Anderson lors du quatrième match. Celui a bien mal commencé la rencontre en accordant deux buts, à Jesper Fast et Nick Holden, en 66 secondes en début de rencontre, le second où il a plutôt mal paru. L'entraîneur des Sénateurs a confié après son point de presse qu'il n'a jamais songé à retirer Anderson de la rencontre, confiant qu'il avait assez de caractère pour tenir le fort pour le reste de la rencontre. Ce qu'il a fait face aux 33 tirs des Rangers.
« Notre attitude était qu'ils ont gagné leurs deux parties à domicile, comme on l'avait fait. Il fallait être prêt pour le match suivant et on ne sait jamais. C'était un nouveau départ, pour une série deux de trois... Moi, j'essaie d'oublier ce qui est arrivé hier ou le jour d'avant. Je veux rester dans le moment présent le plus possible, c'est le cas de tous les athlètes, dans tous les sports », a souligné le gardien américain qui a vu un arrêt spectaculaire contre Jimmy Vesey devenir un but quand la reprise a montré que sa mitaine était au-delà de la ligne des buts. Ce but avait lancé les Rangers en avant 4-3 avec moins de sept minutes à jouer. Ils se sont aussi vus refuser un but en prolongation parce que Michael Grabner a frappé la rondelle plus haut que la hauteur des épaules.
Fini les cadeaux de Boucher
Les Sénateurs sont repartis à New York dimanche et avant de quitter la capitale, l'entraîneur-chef Guy Boucher a rappelé à quel point ils n'ont pas bien joué la semaine dernière au Madison Square Garden.
« Peu importe où et quand, il va falloir être bien meilleurs qu'on l'a été là-bas. Ils ont une excellente équipe, donc on ne peut leur donner de cadeaux au début du match, ça leur donne confiance et alimente une foule qui peut être intimidante. Ils sont assez difficiles à battre comme ça, on ne peut pas leur faire de cadeaux, ça va être un aspect qu'on va continuer à chercher à améliorer », a-t-il commenté en point de presse à l'aéroport d'Ottawa avant de prendre le vol nolisé de l'équipe.
Guy Boucher
Boucher n'a pas aimé le début de rencontre des siens samedi alors qu'ils ont alloué deux buts rapides en 66 secondes avant que six minutes de jeu soient écoulées, mais ses hommes n'ont pas paniqué cette fois en tirant à nouveau de l'arrière, ce qui est arrivé lors des cinq parties de la série, les Rangers ouvrant toujours le pointage.
« On va voir comment on va commencer (lors du sixième match mardi). On ne peut certes pas avoir la même allure que lors des deux matches là-bas, sinon nous n'aurons aucune chance de gagner. Il faut qu'on ait meilleure mine », a-t-il ajouté.
L'attaquant Alexandre Burrows était d'accord avec son patron samedi soir. « Notre début de match n'était pas idéal, mais il faut leur donner du crédit aussi, c'est une très bonne équipe, ils ont beaucoup de rapidité et d'expérience. C'était important pour nous de rebondir, le but de (Mark) Stone nous a aidés à croire encore à nos chances. Jusqu'à la fin, on y a cru », a-t-il confié au Droit.
« Le plan est d'amener ce genre de match-là New York, on a deux jours pour se préparer à appliquer le plan de match de Guy à la lettre », a-t-il indiqué aussi.
Boucher est évidemment revenu sur la présence de Chris Neil dans l'alignement. « Il est définitivement quelqu'un qui a une chance de jouer le prochain match. Son impact s'est fait sentir autant avant le match que sur le banc. Il est un gars tough, un gars de caractère. Ça n'a certes pas été facile pour un gars comme lui et (Chris) Kelly de ne pas jouer, mais il a eu une excellente attitude. Mais j'ai répété souvent qu'on aurait besoin de tout le monde. Après les deux matches à New York, c'est devenu évident qu'il fallait répondre aux libertés qu'ils prenaient avec nos joueurs habiles », a-t-il noté à ce sujet.
Les Sénateurs en bref
Les remontées, un art ?
Tirer de l'arrière ? Ça ne change pas le monde. Les Sénateurs ont remporté sept matches, jusqu'ici, en séries. Dans cinq de ces matches, ils ont été obligés de combler un déficit afin de l'emporter. À trois occasions, le déficit était de plus d'un but. On serait portés à croire que ça devient une seconde nature.
« Ce n'est pas quelque chose qui vient naturellement, intervient Kyle Turris. C'est juste que nous n'abandonnons jamais. Ce n'est pas facile à faire. Mentalement, il faut garder la tête froide. Physiquement, il faut continuer à travailler pour fatiguer nos adversaires. Il faut surtout garder la Foi et se répéter que le gros but va venir en temps et lieu. »
Entre 1997 et 2016, les Sénateurs ont joué 132 matches éliminatoires. Durant cette période, ils ont signé seulement quatre victoires dans des matches où ils ont tiré de l'arrière par deux buts ou plus.
Entre les lignes
Les statisticiens du Elias Sports Bureau nous révèlent que Kyle Turris appartient désormais à un club sélect. Il est devenu le septième joueur de l'histoire de la LNH à inscrire trois buts en prolongation à ses 40 premiers matches éliminatoires, en carrière. Il aura la chance d'accéder à un autre club sélect d'ici la fin de sa carrière. Seulement quatre joueurs, dans l'histoire, ont marqué plus de quatre buts en prolongation, en séries...
Les Sénateurs ont quitté Ottawa dimanche. Ils doivent s'entraîner au Madison Square Garden, lundi matin, en prévision du match de mardi soir...
Une autre statistique qui rassurera les partisans des Sénateurs. Face aux Rangers, en séries, ils présentent une fiche parfaite de 4-0 dans les matches qui ont nécessité la prolongation. Phaneuf, Ryan, MacArthur, Pageau et Turris ont été les marqueurs en prolongation pour les Sénateurs lors des présentes séries.