Au cours du premier quart de la saison, Bobby Ryan a appris à ses dépens que l’éthique de travail des joueurs est une priorité pour l’entraîneur-chef des Sénateurs D.J. Smith.

Un premier quart pas si pire pour les Sénateurs

Les Sénateurs d’Ottawa sont arrivés à l’étape du quart de leur saison en s’inclinant 4-2 à Buffalo samedi soir, et le moins qu’on puisse dire en faisant le bilan de leurs 20 premières parties, c’est que ça n’a pas été aussi pire que les « experts » le prévoyaient.

Ils ont beau occuper le 15e rang sur 16 dans l’association Est avec leur fiche de 8-11-1, qui aurait cru qu’ils arriveraient à la mi-novembre avec seulement une victoire de moins que des clubs aspirant à la coupe Stanley comme les Maple Leafs de Toronto (9-9-4) et le Lightning de Tampa Bay (9-6-2).

« Nous travaillons fort et nous sommes dans le match à chaque soir. Parfois, nous avons de la misère à compter des buts, mais nous travaillons pour tout ce qu’on obtient. Dans le dernier segment de cinq matches, nous avons bien joué dans presque tous les matches. Il y a bien eu quelques mauvais départs, mais c’était sur la route », analysait le nouvel entraîneur-chef D.J. Smith lors de son point de presse d’après-partie au KeyBank Center samedi.

Le mandat premier de celui-ci lorsqu’il a été embauché l’été dernier par le DG Pierre Dorion pour succéder à Guy Boucher – et Marc Crawford, venu finir la saison dernière par intérim – était de réduire le nombre de buts alloués, vu que le club était bon dernier dans la LNH en 2018-2019 avec ses 301 buts accordés.

Par cette simple statistique des buts alloués, on peut dire que c’est mission accomplie après ce premier quart de campagne : les Sénateurs ont alloué 66 buts (ils en ont compté 55), leur moyenne de 3,25 buts concédés par match leur conférant le 20e rang dans le circuit Bettman. Ils sont quand même 29e pour les tirs alloués (33,8 par partie), ce qui fait que leur amélioration s’explique en grande partie par la tenue du gardien suédois Anders Nilsson, qui est huitième dans le circuit avec son excellent taux d’efficacité de ,925.

À la barre d’une équipe en reconstruction, Smith a aussi établi un standard au niveau de l’éthique de travail, une « culture d’entreprise », si on veut. Ça s’est fait en récompensant des joueurs méritants avec plus de temps de glace et en réduisant celui d’autres qui ne produisaient pas, dont le vétéran Bobby Ryan, relégué aux gradins pour quelques matches avant de revenir dans ses bonnes grâces.

« Les attentes ont été établies, vous devez travailler, faire votre job chaque jour, sans exception. Si vous ne le faites pas, quelqu’un d’autre va prendre votre emploi. La ligue est comme ça. Je pense que les gars s’entraînent fort et ils jouent avec ardeur, affirme Smith. Au début de la saison, quand on avait un calendrier difficile avec des matches contre des clubs d’élite visant la coupe Stanley, nous étions une équipe qui ne savait pas exactement quel était notre style de jeu. Après ça, nous avons été dans tous les matches sauf celui en Caroline [revers de 8-2 lundi dernier]. On joue avec ardeur, on vous frappe et on vous rend la vie difficile. »

Le vétéran défenseur Mark Borowiecki, un assistant-capitaine cette saison, était d’accord avec l’analyse de son patron.

« Je pense que nous avons certainement fait des progrès. On ne se laisse pas marcher sur les pieds. Nous avons eu un mauvais effort contre la Caroline, alors qu’on a ‘pondu un œuf’. Mais la plupart du temps, on se présente et on travaille. On travaille aussi lors des pratiques, et c’est là que ça commence. Si on continue à apporter cette éthique de travail, on va faire peur à certaines équipes. C’est bon, il n’y a pas beaucoup d’attentes de l’extérieur envers nous, mais dans cette chambre, on croit qu’on peut avoir un club compétitif. »

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UNE AMÉLIORATION QUI PASSE PAR L'ATTAQUE À CINQ ET THOMAS CHABOT

Un élément qui pourrait permettre aux Sénateurs d’améliorer leur fiche grandement est évidemment le jeu de puissance, dont les ratés ont été largement documentés depuis le début de la saison.

Celui-ci a produit un but dans un deuxième match de suite samedi à Buffalo, celui d’Anthony Duclair qui suivait celui de Tyler Ennis dans la victoire de 2-1 contre les Flyers vendredi dernier au Centre Canadian Tire.

Ces filets ont permis au club ottavien de hausser son pourcentage d’efficacité avec l’avantage d’un homme ou plus à 8,8 %, ce qui les laisse toujours bon derniers dans la LNH mais est quand même mieux que le 4 % du début de la semaine dernière.

« Je pense qu’on apprend et qu’on grandit, a dit Ennis après le match de samedi. On tente d’établir une éthique de travail. Il y a certaines choses qu’on peut améliorer, je pense qu’on écope de trop de punitions en général, moi inclus. On cherche à établir une identité où on travaille plus fort que l’adversaire. Ça s’en vient, on y arrive  lentement. On n’a joué que 20 matches ici, mais on a un brillant avenir devant nous. Il faut juste s’assurer que tout le monde fasse les bonnes choses, qu’on soit sur la même page tout le temps. »

Pour que le jeu de puissance fonctionne mieux, ça passe probablement par une amélioration du jeu du quart-arrière Thomas Chabot, qui a un but et 10 passes avec un différentiel de moins-10. Peut-être qu’utiliser le meilleur compteur du club, Jean-Gabriel Pageau (11 buts) ne nuirait pas non plus ?

Ce dernier est le pilier d’une unité de désavantage numérique améliorée, qui est 15e dans la LNH avec un taux d’efficacité de 82 %. Il a deux de leurs quatre buts en infériorité numérique, Ottawa étant à égalité au deuxième rang dans la ligue à ce chapitre.

Par ailleurs, l’entraîneur-chef D.J. Smith a laissé entendre samedi que l’attaquant Scott Sabourin, victime d’une commotion cérébrale il y a deux semaines à Boston, a recommencé l’entraînement en gymnase. « Il prend du mieux. Il s’est entraîné un peu pour repartir la machine. On ne lui poussera pas dans le dos et on ne lui demandera pas chaque jour comment il va. On va le laisser prendre son temps », a-t-il dit.