Thomas Chabot attend avec impatience le début de la saison.

Un premier match pour Chabot

Après avoir regardé les deux premiers matches du calendrier préparatoire des gradins, Thomas Chabot va disputer un premier match vendredi soir lors de la visite des Blackhawks de Chicago au Centre Canadian Tire.

Le défenseur québécois se retrouve dans une situation diamétralement opposée à celle dans laquelle il se retrouvait il y a un an exactement : au lieu de se battre pour un poste, il est d’ores et déjà assuré non seulement de faire partie de l’édition 2018-2019 des Sénateurs d’Ottawa, mais même de commencer l’année sur la première paire aux côtés de Cody Ceci.

« On ne peut habiller que six défenseurs par match et lui, c’est pas mal acquis qu’il va faire partie de l’équipe », a indiqué l’entraîneur-chef Guy Boucher pour expliquer son absence lors des deux matches en deux soirs contre Toronto.


« Être assis toute la game le long de la bande à regarder les gars jouer, ce n’est jamais le fun. »
Thomas Chabot

« C’est certain que ça fait changement des autres années. C’est certain que c’est le fun, c’est rassurant un peu, mais en même temps, je veux toujours jouer, veux, veux pas. Je suis allé à Lucan (mardi) avec l’équipe (pour le match Hockeyville), et c’était une bonne expérience de jaser avec les jeunes et tout ça. Mais d’être assis toute la game le long de la bande à regarder les gars jouer, ce n’est jamais le fun. Tu veux toujours être sur la glace avec les gars et aider l’équipe. C’est sur que je suis très excité de jouer (vendredi) », a indiqué Chabot après l’entraînement des Sénateurs de jeudi.

Sur les traces de Karlsson
Considéré comme le dauphin d’Erik Karlsson, l’arrière originaire de Sainte-Marie de Beauce avait été retenu par Boucher à l’issue du camp d’entraînement d’il y a deux ans, mais il n’avait disputé qu’un match de saison régulière avant d’être renvoyé dans les rangs juniors. La saison dernière, il avait pu amorcer la campagne dans la LNH à nouveau alors que Karlsson se remettait de son opération à la cheville, mais il avait été cédé au club-école de Belleville à son retour.

Chabot avait finalement joué seulement 13 matches avec les petits Senators avant d’être rappelé pour de bon avec le grand club. Il s’est imposé en récoltant 9 buts et 25 points en 63 parties avec les Sénateurs, s’avérant un rare point positif dans une saison cauchemardesque. Sa récolte avait été meilleure que celle de Karlsson, échangé aux Sharks de San Jose il y a une semaine, à sa saison recrue, lui qui avait amassé 5 buts et 26 points en 60 parties après un passage dans la Ligue américaine également.

Pour sa première sortie de la pré-saison, Chabot n’aura pas l’occasion de s’habituer à travailler avec Ceci, qui n’est pas sur l’alignement pour cette rencontre. Il devrait cependant commencer à prendre ses aises comme quart-arrière d’une des unités d’attaque à cinq.

Boucher a consacré beaucoup de temps à cet aspect du jeu lors de l’entraînement de jeudi, alors que Chabot était le seul défenseur utilisé dans une unité avec Matt Duchene, Ryan Dzingel, Mikkel Boedker et Drake Batherson (Chris Wideman dirigeait l’autre unité comprenant Mark Stone, Brady Tkachuk, Chris Tierney et Bobby Ryan).

« On l’a pratiqué pendant une heure. Obtenir 100 répétitions, ce n’est jamais mauvais. Plus on en obtient, plus on s’habitue avec les gars, on crée une chimie et on sait où tel gars va aller. Ce n’est pas comme un match, mais on a fait un challenge, les gars en désavantage numérique voulaient nous arrêter. On a été capable d’aller chercher le meilleur de tout le monde, autant l’avantage que le désavantage numérique... C’était la première fois qu’on travaillait tous ensemble et on essayait de bouger la rondelle rapidement, c’est la clé. L’an passé, on prenait trop de temps avec (la rondelle). Notre avantage numérique n’a pas été le meilleur l’an passé, mettre le focus là-dessus, une heure de temps, ça ne peut qu’être bénéfique pour nous », estime-t-il.

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BOUCHER PREND CONTRÔLE DU JEU DE PUISSANCE

Quand son retour derrière le banc a été annoncé en mai dernier, Guy Boucher avait annoncé son intention de s’occuper lui-même du jeu de puissance de l’équipe pour la prochaine saison.

Jeudi, il a commencé à le modeler en vue de la campagne 2018-2019 en commandant un entraînement de près de deux heures (incluant une pause pour refaire la surface glacée), dont environ une heure consacrée aux unités spéciales.

C’était aussi la première journée où les joueurs au camp étaient séparés en deux groupes plus homogènes, ceux qui aspirent à un poste avec le club de la LNH et l’autre avec les joueurs qui sont destinés à commencer l’année avec le club-école de Belleville. Le premier groupe comptait pas moins de neuf défenseurs et 18 attaquants, ce qui lui a compliqué la vie.

« Ce n’était pas un groupe facile à gérer, il y avait trop de gars sur la glace. Avec du recul, j’aurais dû en mettre plus dans l’autre groupe, mais comme on a encore deux parties en deux soirs à jouer, on n’a encore retranché personne. Pour le jeu de puissance et le désavantage numérique, ce ne seront pas nécessairement les unités finales, mais on voulait mettre l’accent sur les concepts de base pour cette pratique... Ils ont eu bonne allure lors des deux premiers matches, mais on doit encore déterminer qui peut jouer avec qui. On a encore beaucoup de travail à faire, puisqu’on ne sait pas encore exactement qui va se tailler un poste dans le club », a indiqué Boucher après coup.

Le pilote des Sénateurs a confié qu’il avait passé deux mois à se préparer à prendre en main une attaque à cinq qui en a arraché la saison dernière malgré la présence d’un Erik Karlsson à la pointe, terminant au 27e rang dans la LNH avec un faible taux de réussite de 16,6 %.

« J’ai travaillé tous les jours (en mai et juin)... J’y ai consacré beaucoup de temps, j’adore ça, je l’ai fait pendant plusieurs années, c’est une des raisons qui m’ont permis de gravir les échelons. Avec Hockey Canada, j’ai toujours été choisi pour ça. Je reviens aux choses que j’aime le plus, alors que nous avons séparé le travail différemment (avec ses adjoints Marc Crawford, Martin Raymond et Rob Cookson). J’avais des plans A, B et C (selon que Karlsson soit là ou non), et ça va probablement être le plan B en fin de compte », dit-il, se disant prêt à s’ajuster aux joueurs qui seront sous sa direction cette saison.

Le centre Matt Duchene pense que c’est une bonne chose que Boucher prenne le contrôle du jeu de puissance. « Il était terrible pour nous l’an passé, et avec le talent qu’on avait, il n’y avait pas d’excuse pour ça... J’avais dit à Guy à la fin de la saison dernière qu’il a eu son départ dans la LNH grâce à son jeu de puissance. Dans le junior, il était un adjoint et il n’était pas encore devenu un entraîneur-chef, et je me souviens que chez les U-18 avec Équipe Canada en Russie, nous avions son attaque à cinq et on dominait les équipes adverses. Il est brillant, il a étudié cet aspect du jeu longtemps. C’est bien de regarder du vidéo avec lui là-dessus », a-t-il noté.