Drake Batherson commence à peine à s’établir dans la LNH, mais il sait faire des feintes dignes de Nathan MacKinnon et Sidney Crosby.

Un premier duel Batherson-MacKinnon

Lorsqu’il était adolescent à Antigonish, Drake Batherson se rendait souvent à Halifax lors des deux saisons de Nathan MacKinnon avec les Mooseheads, la seconde étant couronnée par une conquête de la coupe Memorial en 2013.

«L’année de la coupe, j’ai bien dû assister à plus de 20 de leurs matches. Il y avait un buzz à travers toute la Nouvelle-Écosse pour les Mooseheads avec MacKinnon, (Jonathan) Drouin, (Martin) Frk et (Zach) Fucale. Ils avaient toute une équipe et je demandais souvent à mon père de faire l’heure de route vers Halifax pour aller les voir jouer», a raconté l’attaquant des Sénateurs jeudi matin, quelques heures avant de disputer un premier match dans la LNH contre MacKinnon et l’Avalanche du Colorado.

Depuis ces moments où il était un simple partisan du club local, Batherson a développé une relation d’amitié avec la vedette de l’Avalanche, avec qui il s’entraîne au cours de la saison estival au sein d’un groupe d’élite comprenant également Sidney Crosby, des Penguins de Pittsburgh, et Brad Marchand, des Bruins de Boston.

«On se tient ensemble à l’occasion, on va jouer au golf de temps en temps avec Sid, et il m’a envoyé un texto cette semaine pour avoir des recommandations de restaurant ici, des choses comme ça. J’ai joué une couple de matches contre Sid et là, ça va être amusant de l’affronter à son tour», a indiqué Batherson.

Le jeune homme commence à peine à s’établir dans la LNH, alors que depuis son dernier rappel, il affiche nettement plus de confiance en ses moyens. Il fait des feintes dignes de MacKinnon et Crosby, comme il le faisait dans la Ligue américaine, dont il était le meilleur compteur avant de revenir à Ottawa au début de janvier.

Ses sessions sur glace avec trois vedettes de la LNH l’ont évidemment bien préparé pour saisir cette chance – tout comme les conseils de son père Norm, un ancien hockeyeur professionnel, et de son oncle Dennis Vial, un ancien Sénateur.

«La première chose qui m’a frappée il y a trois ans quand j’ai commencé à patiner avec eux, c’est à quel point ces gars-là travaillent avec ardeur. Sid produit des saisons de 100 points depuis 14 ans, et Nathan est rendu à ce niveau-là lui aussi, et ils travaillent fort malgré tout à la fin de juin. Tu ne penserais pas que ce serait le cas, mais ils sont ceux qui travaillent le plus fort à ce moment-là et c’est pour ça qu’ils sont si bons», a souligné Batherson.

La vitesse d’exécution et le coup de patin avec la rondelle de MacKinnon impressionnent Batherson. «Ses mains et ses pieds vont à un million de milles à l’heure en même temps, ce qui fait qu’il est difficile pour les défenseurs de le contenir, dit-il. Les gardiens ne savent pas quand il va utiliser son excellent tir également. Tout ce qu’il fait est à 100 % et à un million de milles à l’heure, c’est probablement pourquoi il est un des joueurs les plus dangereux de la ligue actuellement.»

L’ailier droit de 21 ans n’est pas à ce niveau, mais avec un but et quatre passes à ses cinq derniers matches avant celui de jeudi, il était sur la bonne voie pour se tailler un poste permanent à Ottawa, même s’il risque de retourner à Belleville pour les séries de la Ligue américaine ce printemps.

«Je pense que je suis revenu des mineures avec plus de confiance en ayant joué beaucoup et j’ai rapporté ça à ce niveau-ci. Au début, je n’essayais pas les mêmes jeux que je faisais "en bas", mais en devenant plus à l’aise, tu réalises que tu peux faire plus de choses», dit-il.

Son entraîneur D.J. Smith aime l’idée que Batherson s’entraîne avec MacKinnon et compagnie pendant la saison morte. «Quand tu côtoies des joueurs de niveau élite qui sont plus âgés et plus forts que toi, éventuellement, tu vas réduire l’écart et si tu es un compétiteur comme Drake l’est, ton objectif va être de compétitionner avec ces gars-là, être à leur niveau. Tu ne peux pas payer assez d’argent pour t’entraîner avec ces gars-là. Il ne va que continuer à s’améliorer, lui qui l’a déjà fait beaucoup depuis octobre dernier», estime-t-il.

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LES SÉNATEURS EN BREF

Une solution en fusillade ?

Les Sénateurs ont perdu leurs cinq fusillades cette saison, incluant les quatre dernières alors qu’ils n’ont même pas compté un but.

D.J. Smith a relaté jeudi qu’il a utilisé Anthony Duclair mardi contre Anaheim dans l’espoir qu’un but dans cette situation l’aide à mettre un terme à sa léthargie de 15 matches sans but.

«Normalement, on y va avec le pourcentage d’efficacité en carrière pour les gars qui sont bons (en tirs de barrage), notre meilleur étant Bobby Ryan à plus de 40 %, mais il n’est pas disponible. Nos autres qui sont efficaces n’ont pas compté récemment... On va regarder à utiliser différents gars, j’ai dit à Ronny (Hainsey) de se préparer, il pourrait être la solution», a-t-il blagué.

Et Mark Borowiecki lui, qui a sept buts à sa fiche ? «Peut-être que Boro pourrait lancer de la ligne bleue, il déjoue tout le monde de là», a-t-il ajouté en riant.

Makar en visite

Thomas Chabot était intéressé d’affronter pour la première fois la sensationnelle recrue de l’Avalanche Cale Makar, qui semblait bien parti pour mettre la main sur le trophée Calder de recrue de l’année (38 points en 43 matches), jusqu’à ce que Quinn Hugues, des Canucks, le dépasse récemment.

«C’est un gars qui a établi une belle chimie avec MacKinnon et tous ces gars-là à sa première saison dans la Ligue nationale. Il est très talentueux, il a un bon lancer et il bouge bien ses pieds. Il va avoir une belle et longue carrière, il joue déjà contre les meilleurs gars de l’autre équipe en plus de produire comme ça, ce n’est pas tout le monde qui peut faire ça», a souligné Chabot.

Entre les lignes

L’attaquant Vladislav Namestnikov a bel et bien cédé sa place à Nick Paul, de retour d’une entorse à une cheville après une absence de 10 matches, lors du match contre l’Avalanche. «Il (Namestnikov) a le pied trop endolori pour patiner, il est au jour le jour et on espère qu’il pourra jouer à Winnipeg (samedi)», a commenté D.J. Smith... 

Chabot s’est fait demander jeudi s’il aimerait obtenir sa chance sur les tirs de barrage. «Je ne le refuserais pas, mais ce sont des décisions d’entraîneurs. Je suis zéro en deux (en carrière), donc je ne peux certainement pas l’exiger», a-t-il blagué....

Avec ses récents succès (9 buts en 22 chances lors des sept matches avant jeudi), le jeu de puissance des Sénateurs est passé du 31e et dernier rang au 28e dans la LNH, avec un taux d’efficacité de 15,2 %.