Après la défaite face aux Blackhawks, les Sénateurs ont repris seuls le dernier rang de la LNH pour la moyenne de buts alloués par match (3,71).

Un pas en arrière pour la défensive

CHICAGO — Guy Boucher pensait que ses Sénateurs d’Ottawa étaient sur la bonne voie quand ils n’ont alloué que 26 lancers aux puissants Jets de Winnipeg samedi sur leur propre patinoire.

Ça, c’était avant le match de fous de lundi à Chicago, dans un United Center qui portait bien son surnom de « Madhouse on Madison » lors de ce revers de 8-7 contre les Blackhawks.

Les erreurs se sont multipliées dans ce match qui aurait très bien pu être joué sur une patinoire extérieure. Évidemment que les deux gardiens partants, Anders Nilsson pour Ottawa et Collin Delia pour Chicago, auraient pu effectuer quelques arrêts en début de rencontre pour changer l’allure de ce match opposant les deux pires défensives du circuit Bettman.

« En 22 ans, j’ai vu plusieurs matches bizarres et c’en était un, a raconté Boucher après coup. On le savait dès le départ, les deux équipes ont été autant responsables l’une que l’autre de ce qui arrivait. C’était un pile ou face à savoir qui ferait la dernière erreur... Ce n’est définitivement pas un de ces matches qu’on va regarder longtemps sur vidéo. Tu le mets de côté parce que ce n’est pas caractéristique de notre groupe, ça n’a pas été comme ça depuis longtemps. On vient de passer par Winnipeg et on leur a alloué seulement 26 lancers, chez eux. Dans ce sens, on sait qu’on n’a pas fait un bon travail défensivement. »

Les huit buts concédés aux Blackhawks, menés par le quatrième tour du chapeau en carrière d’Alex DeBrincat, ne sont pas un sommet cette saison pour les Sénateurs, qui avaient encaissé un revers de 9-2 le 3 novembre dernier.

Reprenant seuls le dernier rang de la LNH pour la moyenne de buts alloués par match (3,71), les Sénateurs ont accordé 219 buts cette saison et à ce rythme, ils vont en allouer 304. Ils en avaient accordé 291 la saison dernière quand ils ont pris le 30e rang du classement général, ce qui était leur pire performance défensive depuis 1995-1996, la saison qui avait mené à l’embauche de Jacques Martin pour mettre de l’ordre dans leur cabane. Ils avaient évidemment fait pire lors de leurs deux premières saisons après l’expansion de 1992 (395 et 397 buts accordés lors de leurs deux premières saisons).

« C’était un match [lundi] où les deux clubs s’échangeaient des chances. Ce n’est pas comme ça qu’on veut jouer, c’est certain, a souligné le défenseur Thomas Chabot. Ces parties arrivent et on doit passer à autre chose. Nous avons commis trop d’erreurs et on va tenter de mieux jouer lors de notre prochaine sortie [jeudi au New Jersey]. Ce n’était certainement pas plaisant pour aucun gardien. C’était un choc de voir ça aller en première période [neuf buts échangés par les deux clubs, un record pour Ottawa]. »

Le jeune défenseur Maxime Lajoie montre des signes d’essoufflement, alors que son temps de glace a été réduit à 12:03 minutes lundi contre les Blackhawks alors qu’il a présenté un différentiel de moins-3. Son partenaire habituel Cody Ceci a joué deux fois plus et il s’en est tiré avec plus-1.

« Tous nos jeunes joueurs se sont développés drastiquement. Certaines personnes disent que notre brigade défensive est une maternelle, et en fait, j’aime ça comme ça. Je pensais que ça nous prendrait au moins jusqu’à Noël pour que ces gars-là soient fiables. Je pense que c’est pourquoi nous sommes dans tous les matches depuis deux mois, ils sont tous serrés, on en a perdu plusieurs par un but si vous enlevez les buts dans un filet désert. Je crois que c’est parce que nos jeunes défenseurs ont été formés afin d’être capables d’aller sur la glace contre les meilleurs joueurs adverses. Ils sont plus réguliers, ils sont moins surpris. Ils sont plus capables de composer avec les meilleurs joueurs. Avec les défenseurs, tu ne peux pas les cacher », analysait Boucher avant le match contre les Hawks, après lequel il notait à quel point l’absence du vétéran Mark Borowiecki, blessé à un pied, s’était fait sentir.

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LES SÉNATEURS EN BREF

Duchene investit à... Nashville

Toutes les décisions de joueurs de la LNH sont interprétées de différentes façons à l’approche de la date limite des échanges. Des amateurs qui aiment les théories de conspiration ont remarqué récemment que Matt Duchene aurait acheté une résidence à Nashville. Des rumeurs prêtent aux Predators l’intention de tenter d’obtenir le centre afin de l’insérer sur leur deuxième trio... à la place de Kyle Turris, joueur contre qui il a été acquis dans l’échange à trois clubs avec le Colorado et qui est moins productif cette saison. Un plus un n’égale pas deux dans ce cas-ci : Duchene, un grand amateur de musique country, a confié au collègue Dean Brown, de TSN 1200, qu’il a tout simplement investi un petit montant dans un appartement devant être loué sur Airbnb, et non pour une résidence qu’il pourrait occuper lui-même. Selon TSN, les Sénateurs auraient déterminé que le risque n’en vaut plus la chandelle et qu’il vaut mieux protéger Duchene contre le danger d’une blessure qui pourrait affecter sa valeur, ce qui fait qu’il ne jouera probablement pas jeudi au New Jersey. « Il pourrait avoir joué son dernier match pour les Sénateurs », selon l’informateur Darren Dreger.

Anderson en relève

Le gardien Craig Anderson ne devait pas jouer son 600e match dans son patelin de Chicago lundi, ayant estimé que son oeil blessé la semaine dernière n’était pas suffisamment rétabli. S’il n’avait pas l’air content d’avoir finalement dû venir en relève à Anders Nilsson, allouant quatre buts sur 30 lancers et écopant de la défaite, le cerbère américain a assuré après coup qu’il ne se plaignait pas d’avoir été lancé dans la mêlée. « Les circonstances n’étaient pas idéales, mais on a tenté de gérer ça du mieux qu’on le pouvait, a-t-il dit après coup. C’était une de ces soirées folles... Je ne serai jamais frustré d’avoir été appelé à jouer. Ma vision allait un peu mieux que la veille, le flou, etc. On gère ça avec des gouttes et ça aide quand je le garde au sec. Ce n’était pas idéal, mais nous sommes chanceux de pouvoir jouer au hockey et il faut chérir chaque moment passé sur la glace. »