Mike Condon a «sauvé les fesses» aux Sénateurs, affirme Guy Boucher.

Un ménage à trois qui se corse

Pour la première fois depuis belle lurette, Guy Boucher a refusé de dévoiler l'identité de son gardien partant la veille d'un match lundi.
L'entraîneur-chef des Sénateurs d'Ottawa n'a pas voulu confirmer que Mike Condon obtiendrait un 19e départ consécutif et participerait à un 28e match de suite lors de la visite des Blues de St. Louis au Centre Canadian Tire mardi, et ce même si le gardien numéro un Craig Anderson brillait par son absence lors de l'entraînement des siens tenu exceptionnellement au Richcraft Sensplex du secteur Gloucester d'Ottawa.
« Nous allons reconsidérer ça maintenant, je dois m'informer concernant 'Andy'. Il s'est absenté pour aider sa famille à revenir à Ottawa, ce qui est très positif. Mais je ne sais pas quand il pourra agir comme substitut et je dois en parler avec l'entraîneur des gardiens (Pierre Groulx)... Il (Anderson) est à 100 %, il n'a pas été blessé et il pourrait jouer un match, c'est juste qu'on essaie de le ramener aussi proche possible de son niveau avant de le lancer dans la mêlée. Si on jouait le septième match d'une série, il jouerait », a raconté Boucher après la pratique tenue devant environ 400 bruyants écoliers des quartiers avoisinants.
Un rappel qu'Anderson n'a pas joué depuis le 5 décembre dernier alors qu'il a passé les deux derniers mois au chevet de son épouse Nicholle alors qu'elle subissait des traitements pour un rare cancer de la gorge. Il a rejoint l'équipe lundi dernier en Floride et s'entraîne depuis, ayant dit à son retour qu'il pensait avoir besoin « d'un camp d'entraînement de deux ou trois semaines » avant d'être prêt à disputer un match.
« C'est lui qui va me dire quand il est prêt, c'est certain. Il doit me dire: "Je me sens bien." Et l'entraîneur des gardiens doit me dire: "Il est prêt." C'est ce que ça prend », a ajouté Boucher.
Avec un calendrier régulier marqué de plusieurs journées de congé depuis les Fêtes, Boucher pense que Condon n'est pas nécessairement essoufflé, même s'il a accordé 12 buts lors des trois matches du voyage de la semaine dernière en Floride et à Buffalo, étant retiré de ce dernier match avec une dizaine de minutes à jouer à la faveur d'Andrew Hammond.
« Il nous a sauvé les fesses »
C'est juste qu'en raison des circonstances, il a été obligé d'en demander beaucoup à un gardien qui, jusqu'à preuve du contraire, demeure un gardien substitut.
« Il a fait le travail, si ce n'était pas de lui, on serait dans la cave. Il nous a sauvé les fesses. On n'avait personne pour remplacer Anderson et Hammond (quand il a été blessé)... Ce qu'il a réussi à faire est exceptionnel, mais là, oui, sa moyenne a baissé, j'aurais pu le dire il y a un mois (que ça arriverait). Tu ne peux pas demander à quelqu'un de jouer en-dehors de sa chaise pendant si longtemps et t'attendre à ce qu'il te donne ce que ton numéro un aguerri a appris pendant toutes ces années-là », souligne Boucher, rappelant que lorsque Carey Price avait 21 ou 22 ans, certains à Montréal souhaitaient qu'il soit échangé pour y aller plutôt avec Jaroslav Halak devant le filet.
Celui-ci a même ouvert la porte à l'utilisation du grand oublié de ce ménage à trois, Hammond, qui revient d'une blessure à une cheville, sa deuxième blessure majeure de la campagne (il s'était blessé à l'aine en octobre à Calgary, avant l'acquisition de Condon).
Peu importe qui sera devant le filet, les Sénateurs voudront resserrer leur jeu défensif devant lui après des sorties plus difficiles dans leur zone à Buffalo et Sunrise. « Le succès qu'on a depuis le début de l'année est le résultat de l'attention qu'on a portée aux petits détails dans notre zone et pendant le voyage, on a affronté des équipes assez offensives avec des gars assez talentueux. Mais lors des deux semaines avant ça, on avait affronté les Crosby, Ovechkin et compagnie et on avait joué assez serré contre eux... Il faut jouer mieux défensivement et revenir aux petits détails. Je ne suis pas inquiet qu'on va le faire », a noté le centre gatinois Derick Brassard.
Dzingel de retour avec Ryan et Turris
Ryan Dzingel
Après avoir tenté quelques expériences samedi dans le revers de 4-0 à Buffalo, Guy Boucher est revenu à ses trios habituels à l'entraînement de lundi et il entend amorcer le match contre St. Louis avec ceux-ci. C'est donc dire que le jeune Ryan Dzingel, rétrogradé au quatrième trio samedi, était de retour avec Kyle Turris et Bobby Ryan.
«C'est frustrant quand je n'aide pas Kyle et Bobby à produire offensivement autant qu'ils le souhaiteraient. Ça ne m'a pas réveillé d'être séparé d'eux, j'essaie de jouer de la même façon chaque soir, apporter ma vitesse et mon effort. Si le coach veut que je joue plus bas dans l'alignement, c'est correct avec moi», a noté l'auteur de 11 buts et 15 passes cette saison.
«On parle d'un gars qui n'est pas dans sa chaise lui non plus depuis le début de la saison. C'est beaucoup de matches, beaucoup de pression. Il faut que d'autres l'aident à travers tout ça et des fois, je suis obligé de l'enlever de là. Il faut lui rappeler aussi comment il a fait l'équipe. S'il veut jouer une game de skills comme une vedette, il a oublié pourquoi il est ici. Il doit utiliser sa vitesse et être premier sur la rondelle», estime Boucher pour sa part.