Le jeu du puissance des Sénateurs connaît des ratés cette saison. L’équipe n’a toujours pas été en mesure de trouver le fond du filet avec l’avantage d’un homme en cinq parties jusqu’à présent.

Un jeu d’impuissance pour les Sénateurs

Les Sénateurs d’Ottawa sont à Las Vegas présentement, ayant profité d’une journée de congé mardi dans la «ville du Péché» avant de se préparer aux retrouvailles avec leur ancien pilier Mark Stone jeudi quand ils vont affronter les Golden Knights.

Ensuite, ils vont passer par l’Arizona et à l’approche de l’anniversaire du fameux «Ubergate» de l’an dernier, le 29 octobre, il faut se demander si les joueurs qui font partie du jeu de puissance auraient des critiques à formuler envers l’entraîneur responsable de cette phase du jeu cette saison, Travis Payne, dans l’anonymat de l’arrière d’une camionnette commandée à travers le nouveau partenaire de l’équipe, la compagnie Lyft.

Lors du fameux incident qui a marqué la saison dernière, rappelons que lors d’un passage à Glendale, sept joueurs de l’équipe avaient été filmés à leur insu à l’arrière d’un véhicule où ils avaient critiqué rondement l’entraîneur-adjoint Martin Raymond pour son travail avec l’unité de désavantage numérique.

«Marty Raymond, le seul entraîneur de l’histoire de la LNH à avoir le pire jeu de puissance et le pire désavantage numérique en l’espace d’un an», avait notamment lancé Matt Duchene, le centre vedette échangé depuis à Columbus, puis mis sous contrat par Nashville l’été dernier quand il est devenu joueur autonome.

En ce début de saison, l’attaque à cinq éprouve toute autant de difficultés à se mettre en marche que sous la direction de Guy Boucher et de ses adjoints au cours des dernières campagnes. Elle a été blanchie lors des 17 occasions où elle a pu se déployer lors des cinq premiers matches de l’équipe.

Sa torpeur a été particulièrement flagrante lundi lors du revers de 2-0 contre le Wild du Minnesota, alors que dans un match serré, cette unité aurait pu faire la différence et briser une égalité de 0-0, ou revenir de l’arrière quand les visiteurs ont écopé d’une mineure peu après avoir rompu celle-ci. Mais il ne s’est pas passé grand-chose lors des cinq jeux de puissance des locaux.

«On ne fait pas les jeux, c’est aussi simple que ça. On peut parler de la structure ou quoi que ce soit, mais il y a des gars qui sont ouverts et d’autres gars ne leur passent pas la rondelle. Il y a des gars ouverts et on jongle avec la rondelle, il y a de la nervosité... On va certes devoir penser à donner la chance à d’autres gars, ça fait assez longtemps que ça dure», a déclaré Smith avant de prendre le chemin du Nevada.

Quand il s’est fait demander par le Droit quels joueurs qui ne sont pas déjà sur cette unité spéciale -- Thomas Chabot avec Colin White, Brady Tkachuk, Tyler Ennis et Anthony Duclair sur la première, Erik Brännström, Bobby Ryan, Connor Brown, Vladislav Namestnikov et Chris Tierney sur la seconde -- pourraient venir lui prêter main-forte, Smith s’est fait évasif avant de mentionner qu’il devrait «trouver un moyen de donner plus de glace à Jean-Gabriel Pageau», qu’il jugeait comme le meilleur joueur des siens lundi.

En attendant de voir quelles combinaisons Smith et Payne vont utiliser contre les puissants Golden Knights, le vétéran Bobby Ryan pense que c’est une question de temps avant que le nouveau système préconisé avec un homme en plus rapporte des fruits.

«L’exécution fait défaut. Présentement, on joue beaucoup plus au milieu de la glace que par le passé. Ceux qui ont vu notre jeu de puissance par le passé ont noté qu’il était stagnant, il était beaucoup plus méthodique, il fallait rester à notre place. Maintenant, on a plus de liberté pour aller chercher des rondelles, ça nous est un peu étranger et on commence à s’y habituer, a-t-il souligné. On va espérer qu’on compte un but et que ça débloque ensuite. On serre trop nos bâtons au lieu de juste jouer présentement.»

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Un esprit d’équipe à forger

Les voyages forment la jeunesse, et dans le cas de Sénateurs qui ne sont finalement pas si jeunes que ça, ils forment aussi l’esprit d’équipe.

Le club en reconstruction qui a remporté une victoire en cinq parties en ce début de campagne a amorcé son premier long périple de la saison régulière, débarquant à Las Vegas tard lundi soir afin de mieux s’adapter au décalage horaire en vue de son match de jeudi contre les Golden Knights, qui sera suivi de visites aux Coyotes de l’Arizona samedi et aux Stars de Dallas lundi.

D.J. Smith a expliqué sa décision de quitter la capitale lundi soir plutôt que mardi après le match contre le Wild : « Si on pratique (mardi), puis qu’on voyage après, ça fait qu’on arrive très tard (à Vegas). Nous sommes dans l’Ouest pour un bon sept jours, on va arriver et on va pratiquer mercredi. Je ne sais pas quel est la fiche des équipes qui arrivent la veille à Vegas. On va essayer ça de cette façon et on verra », a-t-il dit.

Pour l’assistant-capitaine Mark Borowiecki, ce voyage sera une occasion d’apprendre à mieux connaître la dizaine de nouveaux joueurs qui se sont greffés au noyau du club au cours des derniers mois.

« Les gens disent que c’est bon pour les gars d’aller sur la route en début de saison et il y a de la vérité là-dedans, a-t-il souligné. Vous avez une équipe qui compte plusieurs nouveaux visages, il y a eu un changement de garde. Le temps que vous passez pour tisser des liens ne peut qu’être bon, surtout quand vous avez une journée de congé dans une bonne ville, ça en vaut la peine. C’est une bonne chance pour les gars de se connaître un peu mieux et je l’ai dit souvent, si tu es à l’aise dans ta peau en te retrouvant dans le vestiaire, ça va paraître éventuellement par du bon jeu sur la glace. »

Un autre assistant-capitaine, Ron Hainsey, réalise que son nouveau club aura du pain sur la planche au cours de cette semaine : « Nous allons avoir trois jours de pratique et trois matches contre trois bonnes équipes, qui peuvent vraiment patiner rapidement. Ça va être un gros test pour nous. On a du travail à faire au cours de ces sept ou huit jours », a-t-il noté.