L'ancien directeur général des Sénateurs d'Ottawa, Bryan Murray, est décédé samedi matin à l'âge de 74 ans.

Un grand s'est éteint

Au printemps 2014, lorsque Bryan Murray a reçu son terrible diagnostic de cancer, les médecins n'étaient pas particulièrement optimistes. La maladie avait tellement progressé, sans pour autant lui donner de symptômes, qu'on lui donnait, au mieux, quelques mois à vivre.
L'ancien directeur général des Sénateurs d'Ottawa s'est battu pendant trois longues années. Le combat a pris fin ce week-end. 
Il a rendu l'âme samedi matin, entouré de membres de sa famille et d'amis.
Il avait 74 ans.
« Bryan est un homme de qualité. Il aura laissé sa marque dans le monde du hockey. Il fut également un père d'exception, un mentor d'exception et un enseignant d'exception. Nous offrons nos sincères condoléances à son épouse Geri, à ses filles Heide et Brittany, ainsi qu'à tous les membres de la grande famille Murray », a déclaré le propriétaire Eugene Melnyk dans un communiqué émis par l'équipe.
La famille Murray, qui est enracinée à Shawville, dans la Vallée-de-l'Outaouais, est effectivement très nombreuse. Murray avait neuf frères et soeurs, des neveux, des nièces, trois petits-enfants et de nombreux cousins.
La Ligue nationale de hockey se trouve également en deuil, alors que débute une nouvelle semaine. Durant sa carrière qui a duré 35 ans, il aura côtoyé et influencé des centaines de personnes.
Une saison
Dans les années 1970, Bryan Murray faisait carrière dans le monde de l'enseignement. Il continuait cependant de s'impliquer à titre bénévole dans le monde du sport. Il avait été un excellent athlète à l'adolescence.
Lorsqu'un club de la LHOuest, les Pats de Régina, lui ont offert le boulot d'entraîneur-chef, il a été confronté à un dilemme. L'appel du hockey était fort. Il a supplié sa femme, Geri, de le laisser tenter sa chance dans le coaching pour une seule saison.
Quelques mois plus tard, les Pats ont remporté le Championnat de leur ligue avant de prendre la troisième place au tournoi de la coupe Memorial.
Murray avait trouvé une nouvelle vocation.
L'automne suivant, il est officiellement passé chez les pros. Il s'est installé à Hershey, en Pennsylvanie, pour accepter un poste chez les Bears de la Ligue américaine.
Ce fut un autre stage de courte durée.
Au beau milieu de la saison 1981-82, il accède à la LNH. Il relève le défi de diriger les faibles Capitals de Washington.
En tant que recrue, il gagne 25 matches sur 66. L'année suivante, il fait encore mieux. Les Caps atteignent les séries pour la première fois de leur histoire. 
Le talent du jeune Murray est confirmé quand il remporte le trophée Jack-Adams à titre d'entraîneur-chef de l'année en 1984.
Il est demeuré profondément attaché au club qui lui a donné sa première chance. Il a d'ailleurs comparé son combat avec le cancer à un match mémorable des séries éliminatoires du printemps 1987.
Le 19 avril de cette année, après avoir disputé quatre périodes de prolongation, les Caps se sont inclinés devant les Islanders de New York.
« Je vais essayer d'aborder les prochaines années de ma vie de la même façon que nous avons abordé ce match. Je vais essayer d'en profiter le plus longtemps possible », a-t-il déclaré.
Murray a travaillé durant quatre ans chez les Red Wings de Détroit. Là-bas, il a dirigé quelques futurs membres du Temple de la renommée, dont Sergeï Fedorov et Steve Yzerman.
Au milieu des années 1990, il s'est installé en Floride, pour accepter le poste de directeur général des Panthers. Mener un club d'expansion à la grande finale de la coupe Stanley de 1996 fut une de ses plus grandes fiertés.
L'équipe Cendrillon a été balayée en quatre matches par l'Avalanche du Colorado.
Il est retourné en finale sept ans plus tard. Il dirigeait alors la direction des opérations hockey des Mighty Ducks d'Anaheim.
Cette fois, avec un entraîneur recrue nommé Mike Babcock, son équipe a perdu au septième match.
Retour à la maison
Il ne se voyait pas quitter la Californie, mais une offre qu'il n'attendait pas l'a poussé à boucler ses valises une fois de plus.
Les Sénateurs lui offraient la chance de rentrer chez lui.
« Si l'offre était venue d'une autre équipe, je n'aurais probablement pas quitté mon emploi. Mais quand les Sénateurs sont arrivés dans la LNH, j'ai tout de suite pensé que je finirais par travailler pour cette organisation. J'ignorais cependant que cela se produirait dans pareilles circonstances », a-t-il déclaré lors de la conférence de presse où il est officiellement devenu le cinquième entraîneur-chef de la jeune organisation, le 8 juin 2004.
Les Sénateurs lui ont permis de retourner en finale pour la troisième fois en 11 ans. Au printemps 2007, ils se sont inclinés en cinq parties devant les Ducks.
« Il faut lever notre chapeau aux Ducks, on savait qu'ils avaient une excellente équipe, qu'ils étaient gros et qu'ils étaient robustes. Et ils ont joué mieux que nous en défensive, a dit Murray après l'ultime revers. Mais de notre côté, ce qui est décevant, c'est que nous avons des gars qui n'ont pas aussi bien joué que lors des trois premières rondes. Je ne sais pas pourquoi, mais il va falloir vivre avec ça tout l'été. »
À titre personnel, Murray a vite trouvé de quoi se changer les idées à l'été 2007. Quelques jours après la conclusion de la finale, on lui a offert le poste de directeur général à Ottawa.
« Le mandat de l'entraîneur-chef est amusant. C'est un défi quotidien. J'ai toujours apprécié le contact avec les joueurs. Je crois toutefois que le directeur général peut avoir un grand impact sur toute l'organisation avec les transactions et le repêchage. L'évaluation des joueurs a toujours constitué une de mes plus grandes forces. J'ai très hâte de jouer un rôle sur l'avenir de toute l'organisation », a-t-il déclaré à l'époque.
Il a occupé ce poste jusqu'à sa retraite, neuf ans plus tard.
En 2012, Bryan Murray est devenu un des premiers membres intronisés au Mur de la renommée du hockey de Shawville. Son frère Terry et son neveu Tim ont été honorés en même temps que lui.
En 2015, deux Temples de la renommée lui ont ouvert leurs portes, dans deux capitales différentes. Il fait désormais partie des immortels à Washington, comme à Ottawa.
En janvier 2017, il a effectué une de ses dernières sorties publiques, quand il est devenu le premier membre du nouvel anneau d'honneur des Sénateurs.