Les nouveaux adversaires Elias Pettersson et Anders Nilsson se sont échangé quelques mots avant le match opposant les Canucks et les Sénateurs au CCT.

Un gardien, une défaite pour les Sénateurs

La journée a débuté avec une transaction. Puisque les Sénateurs d’Ottawa ont de sérieux problèmes devant le filet, leur directeur général Pierre Dorion a fait l’acquisition d’Anders Nilsson, un Suédois de 28 ans qui a déjà défendu le filet de cinq équipes différentes dans la Ligue nationale de hockey.

Ça ne peut pas nuire.

Nilsson n’a pas eu de mal à se rendre au Centre Canadian Tire. Il défendait la cage des Canucks de Vancouver depuis un an et demi. Le hasard a voulu que ces Canucks soient justement de passage en ville.

Il n’a eu qu’à déplacer son sac d’équipement et ses jambières dans le vestiaire du club local.

En soirée, il était au bout du banc, quand ses anciens coéquipiers ont vaincu ses nouveaux coéquipiers, 4-3, en prolongation.

Nilsson a surtout vu son compatriote Elias Pettersson se livrer en spectacle.

Le futur récipiendaire du trophée Calder, à titre de recrue de l’année, a complété son premier tour du chapeau en carrière dans la victoire.

«En prolongation, c’est une loterie. Une chance de marquer d’un côté, une chance de marquer de l’autre, et ainsi de suite... En fin de compte, nous avons été battus par Pettersson. Il a donné la victoire aux Canucks. C’est aussi simple que ça», a maugréé Guy Boucher après coup.

Pettersson est débarqué gonflé de confiance, avec le titre de recrue par excellence du mois de décembre dans la LNH.

Ça ne risque pas de changer.

Son premier but de la soirée fut son 20e de la saison. Il est ainsi devenu le 43e joueur de l’histoire de la LNH à marquer au moins 20 buts à ses 40 premières parties. Bref coup d’oeil sur la liste des derniers joueurs à avoir réussi l’exploit. On y trouve Alexander Ovechkin, Auston Matthews, Evgeni Malkin, Sidney Crosby, Patrik Laine...

Son troisième lui a permis d’inscrire son nom dans le livre des records des Canucks. Il est devenu la première recrue de l’histoire de cette équipe à marquer sept buts gagnants. Pavel Bure en avait marqué six, durant la saison 1991-92.

«Rien de cela ne me surprend. Pettersson était un grand joueur quand il était en Suède. Il est un grand joueur ici. Ça ne change pas», a indiqué Marcus Högberg.

Le jeune gardien des Sénateurs s’est un peu fait voler la vedette par Petersson.

À son troisième départ dans la LNH, il a réussi 41 arrêts. Il a surtout permis à son équipe de survivre à une première période catastrophique durant laquelle les visiteurs ont dominé 17-5 au chapitre des tirs au but.

Marcus Högberg a fait face à 17 lancers en première période.

«Il ressemble à un gardien de but de la LNH. Je suis convaincu qu’il donne confiance à ses coéquipiers quand il prend place devant le filet», dit Guy Boucher.

«Marcus m’impressionne vraiment, précise Mark Borowiecki. Il m’impressionne en tant que joueur, mais aussi en tant qu’individu. Il est si calme! Il ne perd jamais son sang-froid durant un match. Ce n’est vraiment pas facile, quand on pense à toute la pression qui vient à sa position.»

Högberg devrait obtenir au moins une soirée de répit, ce week-end. Boucher confirme que Nilsson obtiendra au moins un départ dans les deux prochaines parties.

Dorion n’a pas eu à payer très cher pour faire l’acquisition du vétéran. Les Canucks ont accepté le contrat de Mike McKenna et celui de Tom Pyatt. Ces deux vétérans seront appelés à compléter la saison dans la Ligue américaine.

Les Sénateurs ont aussi cédé un choix de sixième ronde au repêchage de 2019 à leurs rivaux de l’ouest canadien.

Ils ont mis la main sur Darren Archibald, un attaquant des ligues mineures.

Matt Duchene, Christian Wolanin et Mark Stone ont marqué les buts des Sénateurs, mercredi. Sven Baertschi a été le seul autre joueur à déjouer Högberg.

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ANDERS ET SA TRÈS GROSSE VALISE

Drôle de feeling pour Anders Nilsson, en début de soirée, d’être assis derrière le banc avec ses jambières aux couleurs des Canucks et son chandail des Sénateurs.

«Disons que je viens de vivre une journée que je n’oublierai pas de sitôt», a-t-il lâché.

«Je venais de compléter mon dîner, avec mes coéquipiers, quand j’ai reçu le coup de fil m’annonçant que j’étais échangé.»

Le gardien s’est empressé de ramasser ses effets personnels pour quitter l’hôtel de luxe du centre-ville où les Canucks logeaient. Une voiture l’attendait à l’extérieur, pour l’emmener dans un autre hôtel de luxe, plus près de Kanata.

La transaction a pris Nilsson par surprise. Elle survient cependant dans un contexte favorable.

Les Canucks sont sur la route depuis un bon bout de temps. Ils ont été chassés de leur domicile par le Championnat mondial junior.

«J’ai une grosse valise avec moi. J’ai apporté des vêtements chauds et j’ai quelques complets de rechange. Ça devrait me permettre de tenir le coup pendant un petit bout de temps.»

Nilsson n’était pas trop fâché d’entreprendre le match sur le banc. Il sait fort bien qu’il aura la chance de faire ses débuts avec les Sénateurs avant longtemps. L’équipe sera en action deux fois plutôt qu’une, ce week-end.

«Je me sens très bien, cette saison. Pour dire vrai, j’étais un peu frustré de ne pas réussir à gagner plus souvent à Vancouver», dit celui qui présente une fiche de 3-8-1 et une moyenne de buts alloués de 3,09.

«Tout ce qu’un gardien veut, c’est une chance de jouer. On verra bien ce qui va se produire si on m’offre la chance de jouer, ici», de dire celui qui s’estime capable de «jouer à un très haut niveau» dans la LNH.

«On verra si ça va se produire.»

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