L’entraîneur-chef Guy Boucher a demandé « un gros effort de 60 minutes » à ses joueurs, lors d’un dernier entraînement avant de partir pour Pittsburgh.

Un entraînement «intensif»

PITTSBURGH — Dimanche soir, Pierre Dorion a laissé savoir que Guy Boucher ne risque pas de perdre son poste dans les prochains mois.

Fort de ce vote de confiance, l’entraîneur-chef des Sénateurs d’Ottawa s’est pointé au bureau, lundi matin, pour diriger une de ses plus intenses séances d’entraînement de la saison.

Boucher aime que les choses soient claires et précises. Il ne s’agissait pas d’une séance d’entraînement «punitive».

«Ça, c’était ce qu’on faisait dans l’ancien temps. De nos jours, on peut obtenir d’aussi bons résultats en travaillant de façon intensive sur des aspects bien précis de notre jeu», a-t-il expliqué.

Boucher a donc dirigé un entraînement «intensif» axé vers les confrontations à un contre un.

C’était sa façon de répondre à la mauvaise performance livrée par ses joueurs, samedi soir, à Toronto.

Il n’a toujours pas réussi à digérer la difficile première période durant laquelle ses joueurs ont été piétinés par les Maple Leafs.

«Nous avons perdu presque toutes les courses pour récupérer les rondelles libres. Nous avons perdu beaucoup de bagarres, point. Nous n’étions pas assez vifs et affamés quand il fallait récupérer des retours de lancers.»

«J’ai dressé une liste de toutes ces choses que nous devions améliorer. Sur la patinoire, j’ai exigé de l’intensité parce que je voulais un gros effort de 60 minutes avant de retourner sur la route.»

Boucher et les Sénateurs ont effectivement quitté Ottawa immédiatement après cette séance d’entraînement. Ils ont dormi à Pittsburgh, lundi, afin de mieux se préparer à rendre visite aux champions en titre de la coupe Stanley.

Rumeurs

Normalement, on ferait grand cas de ce grand retour des Sénateurs au PPG Paints Arena. C’est dans cet amphithéâtre que leur incroyable poussée vers la coupe Stanley a pris fin abruptement, le printemps dernier.

Ce match revanche a perdu un peu de saveur.

Les Penguins peuvent toujours rêver de remporter la coupe Stanley pour une troisième année consécutive.

Les Sénateurs, on le sait, passent l’hiver dans la cave du classement.

Il y a bien un endroit où les deux équipes se rejoignent. Des rumeurs de transaction, tenaces, lient les deux formations.

Les journalistes se sont d’ailleurs agglutinés devant le casier de Derick Brassard, lundi midi. Le centre hullois, selon les cancans, fait partie des joueurs qui intéresseraient le grand patron des Penguins, James Rutherford.

«J’ai été impliqué dans deux transactions depuis le début de ma carrière. J’ai compris qu’elles font partie de la game», a répondu le joueur de 30 ans.


Nous n’étions pas assez vifs et affamés quand il fallait récupérer des retours.
Guy Boucher

«La même chose se produit chaque année. Des rumeurs circulent dans toutes les villes de la ligue. C’est juste que nous sommes du mauvais côté de la track en ce moment. On sait que notre directeur général prendra des décisions qui modifieront le visage de notre équipe.»

Brassard et Zack Smith, qui sont tous les deux au cœur des rumeurs, patineront avec Mark Stone contre les Penguins.

Boucher ne veut pas que ses joueurs pensent trop à ce qui pourrait arriver d’ici la date limite des transactions. «Ceux qui passent trop de temps à se soucier de ce qui pourrait arriver dans le futur négligent forcément le moment présent», croit-il.

Dans le «présent», les Sénateurs visitent un amphithéâtre où ils présentent une fiche de 2-8-1 en saison régulière. Leur dernier gain au PPG Paints Arena remonte au mois d’avril 2014. Jason Spezza avait alors fait la différence dans les tirs de barrage.

Il y a cinq ans, Karlsson se blessait

Le 13 février 2013, les Sénateurs étaient à Pittsburgh. Ce match a marqué la petite histoire de l’équipe. Ce soir-là, Erik Karlsson a quitté la patinoire sur une jambe. Un de ses tendons d’Achille avait été sectionné par le patin de l’attaquant des Penguins, Matt Cooke.

Cinq ans plus tard, jour pour jour, Karlsson sera de retour à Steel City.

La majorité de ses coéquipiers de 2013 ont depuis quitté Ottawa. Ceux qui restent conservent des souvenirs très forts de cet incident.

«J’étais devant mon filet. Je regardais ce qui se passait, au loin. Je voyais le sang qui tachait son bas de hockey», raconte le gardien Craig Anderson.

«C’est quand même remarquable. D’habitude, les joueurs qui subissent des blessures aussi sérieuses doivent quitter sur une civière. Erik a trouvé un moyen de sortir en se laissant glisser sur une seule jambe. En prime, il a crié des bêtises aux arbitres durant toute la durée du trajet», ajoute-t-il avec une pointe d’humour.

Anderson ne devrait pas être devant le filet, ce mardi. Techniquement, le départ revient à Mike Condon. Le gardien de buts numéro deux d’Ottawa doit prouver aux thérapeutes de l’équipe qu’il s’est complètement débarrassé du virus qu’il a combattu la semaine dernière.