«Il n’est pas possible d’habiller sept défenseurs dans toutes les occasions. Il faut d’abord miser sur les bons soldats», a déclaré Guy Boucher.

Un coach, sept défenseurs

En préparant sa formation pour le match de mardi soir, Guy Boucher a encore choisi d’habiller sept défenseurs et 11 attaquants.

C’était la quatrième fois, déjà, qu’il optait pour cette formule anticonformiste cette saison.

L’entraîneur-chef des Sénateurs a paru légèrement surpris, durant son point de presse d’avant-match en matinée, lorsque des journalistes lui ont demandé d’expliquer le bien-fondé de cette façon de procéder.

«D’abord, sachez que je ne suis pas en train de faire des expériences, a-t-il réagi. C’est une formule que j’applique depuis des années.»

«J’ai commencé ça quand je dirigeais une équipe de calibre midget. Je l’ai fait dans les rangs juniors. Je l’ai fait dans la Ligue américaine. Je l’ai même fait durant ma première saison à la barre du Lightning de Tampa Bay.»

«Il n’est pas possible d’habiller sept défenseurs dans toutes les occasions. Il faut d’abord miser sur les bons soldats. Plusieurs équipes n’ont pas suffisamment de profondeur en défensive pour le faire. Nous n’avons pas ce problème», explique celui qui a pu compter sur Erik Karlsson, Dion Phaneuf, Cody Ceci, Johnny Oduya, Mark Borowiecki, Fredrik Claesson et Chris Wideman contre les Canucks.

Cette façon de procéder ne plaît pas complètement à tout le monde.

Ceci, par exemple, expliquait mardi matin que les défenseurs ont des habitudes bien ancrées. Dans un système à sept défenseurs, ils n’ont pas le choix de changer fréquemment de partenaires. Ça bouscule un peu les choses.

«C’est un peu difficile, reconnaît le joueur. Quand on joue toujours avec le même partenaire, on s’habitue à lui. On devine facilement où il se déplace. On sait quand le temps est venu de lui passer la rondelle, on sait à peu près où diriger nos passes... Le retour au jeu d’Erik ne changera pas grand-chose pour moi puisque nous sommes tous les deux droitiers. La saison est encore jeune et j’ai déjà effectué des présences avec tous les défenseurs gauchers de notre organisation. Je peux vous garantir qu’ils sont tous très doués.»

«Nous allons trouver une façon de fonctionner là-dedans», dit-il.

Nombreux arguments

Bon vendeur, comme toujours, Guy Boucher ne manque pas d’arguments pour convaincre les sceptiques.

• À une époque où l’accrochage n’existe presque plus, les défenseurs sont appelés à patiner davantage pour soutenir l’attaque. La présence du septième défenseur permet de mieux répartir les minutes de jeu. Cela permet de ménager les forces de chacun.

• Le septième défenseur devient, automatiquement, une police d’assurance. Les entraîneurs peuvent continuer de fonctionner de façon normale, même dans les matches où ils perdent un joueur à la suite d’une suspension ou d’une blessure.

• La présence de sept défenseurs pourrait aussi permettre d’insérer des «spécialistes des unités spéciales» dans la formation. On peut facilement deviner que, dans un système à sept, Thomas Chabot ne serait pas toujours très utilisé à cinq contre cinq.

Attaquants heureux

L’entraîneur, enfin, fait valoir que le schéma «11-7» plaît davantage aux attaquants.

«Les centres et les ailiers de grand talent n’aiment pas trop les entraîneurs qui font rouler leurs quatre trios», souligne-t-il.

Dans une formation à 11 attaquants, Boucher et ses adjoints peuvent récompenser ceux qui jouent le mieux en leur offrant quelques présences de plus sur la patinoire.

«Quand nous allons sur la route, certaines équipes souhaitent prendre avantage de notre quatrième trio. Quand j’envoie Mark Stone ou Kyle Turris sur la glace dans le quatrième trio, ça change un peu la donne. Un quatrième trio qui mise sur un Mark Stone n’est pas vraiment un quatrième trio.»

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La Merveille, «Wayne» Dzingel

La plaquette de plastique sur laquelle est inscrite le nom de Ryan Dzingel, devant son casier au Centre Canadian Tire, a été vandalisée. Un plaisantin l’a modifiée, dans les dernières heures. On peut maintenant y lire « Wayne Dzingel, #99 ». Le jeune attaquant est un peu gêné. « Tu connais une mauvaise journée, on se moque de toi. Tu connais une bonne journée, on se moque de toi de la même manière », constate-t-il. Dzingel a hérité de ce nouveau surnom au terme de la séance d’entraînement de lundi. « Ça se passait bien pour moi. Je travaillais sur le long de la rampe, en zone d’attaque, et je multipliais les passes précises. Les gars me narguaient constamment. Zack Smith, mon propre partenaire de trio, était parmi les pires ! J’ai été obligé de lui dire que s’il continue, je ne lui passerai plus la rondelle du tout », raconte-t-il en riant.

Michaël Chaput déjà de retour

L’attaquant québécois Michaël Chaput était un peu déçu quand il a été retranché par les Canucks, à la fin du camp d’entraînement. Après avoir joué 68 matches à Vancouver l’an dernier, il croyait bien qu’il avait trouvé sa place. Au moins, il n’a pas traîné trop longtemps dans les mineures. Il a été rappelé par le grand club mardi. « Il ne sert à rien de s’appitoyer sur son sort. Dans les mineures, les gars qui boudent sont généralement ceux qui en arrachent le plus. » Chaput n’était pas le seul « vétéran » à jouer pour le club école des Canucks. À Utica, il a côtoyé l’ancien défenseur des Sénateurs Patrick Wiercioch. « Patty joue bien. Il a marqué un gros but », dit Chaput.