Les Sénateurs n'ont pas eu de cadeau des Maple Leafs samedi alors qu'ils complétaient leur première moitié de saison. Ces derniers en ont plutôt profité pour les relayer au 10e rang du classement.

Un bilan de mi-saison positif

Une défaite contre leurs rivaux de la Bataille de l'Ontario samedi soir n'était certainement pas la meilleure façon pour les Sénateurs d'Ottawa d'arriver au cap de la mi-saison.
D'autant plus qu'en l'emportant 4-2 dans un Centre Canadian Tire majoritairement rempli de leurs partisans, les Maple Leafs de Toronto ont rattrapé la troupe de Guy Boucher au troisième rang de la division Atlantique. Comme ils ont l'avantage au niveau des bris d'égalité, les hommes de Mike Babcock (20-13-8) en ont pris officiellement possession au classement, repoussant les Sénateurs (22-15-4) au 10e rang dans l'association Est. 
Si les séries éliminatoires avaient débuté dimanche matin, Ottawa en aurait donc été écarté, mais il faut prendre en considération que les Bruins de Boston, détenteurs du deuxième rang avec trois points d'avance, ont disputé cinq parties de plus qu'eux.
Il reste que leur première moitié du calendrier régulier de la LNH aura été fort satisfaisante, considérant toutes les embûches placées devant eux depuis l'ouverture du camp d'entraînement à la mi-septembre.
« Avec tout ce qui nous est arrivé, avec (Clarke) MacArthur et (Craig) Anderson qui ont été des désastres pour nous... En commençant l'année, tu te demandes où tu vas être rendu au mois de janvier et là, nous sommes dans une position pour batailler avec tout le monde. C'est ce qu'on voulait, c'est la position qu'on recherchait. Toutes les équipes sont dans le même paquet et on est une de ces équipes-là. Il faut pousser jusqu'à la fin », a commenté l'entraîneur-chef Guy Boucher après le revers de samedi soir.
Les cas de MacArthur et Anderson ont été bien documentés, mais rappelons que le premier a subi une sévère commotion cérébrale au troisième jour du camp alors que le second a passé le dernier mois au chevet de son épouse Nicholle qui subit des traitements pour un rare cancer de la gorge. Le club espère que les deux joueurs pourront revenir au jeu d'ici la fin janvier, mais aucune date précise n'a été arrêtée. 
En l'absence d'Anderson et de son substitut Andrew Hammond, blessé à une cheville, le gardien Mike Condon a fait du travail aussi magistral qu'inattendu, participant aux 18 derniers matches des siens (16 départs). Il a encore une semaine chargée devant lui alors que les Sénateurs seront à St. Louis mardi, Columbus jeudi et Toronto samedi, avant de revenir affronter les Blue Jackets à domicile dimanche prochain. Il aura un adjoint différent pour ces parties alors que les Sénateurs ont rétrogradé Matt O'Connor dimanche pour lui permettre de jouer quelques parties à Binghamton, tandis que Chris Driedger a été rappelé pour le remplacer sur le banc.
« On connaissait l'importance des points qui étaient à l'enjeu (contre Toronto), a souligné le défenseur Dion Phaneuf, l'ancien Leaf qui a marqué son sixième but de la saison dans la défaite. On sait où nous sommes et où ils sont... et on va les revoir samedi prochain. Mais on doit se regrouper pour le prochain voyage, qui doit être solide. On doit continuer à pousser pour s'améliorer. Nous avons eu une bonne première moitié de saison, mais il faut bâtir là-dessus. Il reste beaucoup de hockey à jouer et il faut aller de l'avant. »
En plus d'Anderson et Condon, les joueurs les plus utiles de cette première moitié de saison sont le capitaine Erik Karlsson, avec ses 35 points et ses 105 tirs bloqués, ainsi que Kyle Turris, avec ses 15 buts et 29 points, et Mark Stone (13 buts, 32 points). Karlsson aurait pu parler de la deuxième moitié de saison, et pas seulement de la troisième période contre les Leafs, quand il a dit tard samedi que « nous en avons besoin d'un peu plus de certains gars ».
Bobby Ryan, qui a commis un revirement coûteux sur le deuxième but de Toronto, aurait certes pu se sentir visé par ce commentaire, le plus haut salarié du club n'ayant que 8 buts et 15 points à sa fiche. Il a cependant obtenu quelques bonnes chances contre les Leafs, mais le gardien substitut Curtis McElhinney s'est dressé contre lui et son ancien club, effectuant 35 arrêts.
Deux mises au jeu coûteuses
Deux erreurs de couverture après des mises au jeu perdues dans leur zone ont mené à la défaite des Sénateurs samedi soir.
Pourtant, tout au long de la soirée, ils avaient dominé à ce chapitre, en particulier les deux centres perdants sur ces séquences cruciales, Kyle Turris (14 mises au jeu gagnées sur 20) et Jean-Gabriel Pageau (12 en 19).
« Toutes les statistiques de ce match sont en notre faveur, on a 77 tentatives de lancers contre 54, on a 37 lancers à 27, 38 mises en échec contre 30 et on est 61 % dans les mises au jeu et 19 contre 12 aux chances de compter. Je pense qu'on a joué un super match, mais on a fait des erreurs coûteuses et ils ont été très opportunistes, et nous, ça a été le contraire. Leur gardien de but (Curtis McElhinney) a été phénoménal », analysait l'entraîneur Guy Boucher après coup.
Turris, auteur du but qui créait l'égalité 2-2 en fin de deuxième période, s'en voulait pour la mise au jeu perdue contre un ailier, Leo Komarov, en début de troisième, ce qui a mené au but vainqueur de Nazem Kadri, le centre qu'il avait dominé dans les cercles jusque là.
« C'est frustrant de perdre cette mise au jeu, je pensais que je faisais assez bien dans les cercles pourtant... C'est un match où nous avons raté plusieurs opportunités. Il y a eu ce poteau qui aurait pu faire 3-3 au lieu de 4-2. On a commis quelques erreurs qu'il faut corriger », a noté Turris.
Pageau, qui disputait un 150e match de suite dans l'uniforme des Sénateurs, devait être tout aussi frustré puisque sur le quatrième but, oeuvre de Connor Brown, il a vraiment gagné sa mise au jeu, sauf qu'Auston Matthews a récupéré le disque rapidement pour le refiler du revers à Brown. Mike Condon, mis à l'épreuve 27 fois samedi, n'y a vu que du feu.