Nicholle et Craig Anderson

Un autre moment spécial pour les Anderson

(Las Vegas) Craig et Nicholle Anderson ont partagé un moment spécial mercredi soir, un autre, quand le gardien des Sénateurs d'Ottawa a été nommé récipiendaire du trophée Bill-Masterton en tant que joueur qui a affiché les plus belles qualités de persévérance et d'esprit d'équipe.
« Par où commencer », a lancé un Anderson émotif quand il est monté sur l'estrade du T-Mobile Arena pour accepter le trophée dans le cadre de la soirée de remise des trophées de la LNH, ayant peur d'oublier quelqu'un dans son boniment où il a remercié l'organisation, ses coéquipiers, la communauté du hockey et les membres de leurs deux familles.
« Il y a tant de gens à remercier... Mes coéquipiers ont été énormes à travers tout ça, je vous aime énormément. Mon épouse Nicholle, je t'aime tellement. Notre famille a été tellement puissante à travers tout ça. Sans eux et la force de Nicholle... c'est elle qui voulait que je revienne au jeu, grâce à tous les appuis que nous avons obtenus. Nos amis, nos familles, mon agent, j'espère n'avoir oublié personne. Restez dans le moment, vivez pour le présent ». a-t-il lancé pendant que sa conjointe, en rémission de son cancer depuis quelques semaines à peine, essuyait quelques larmes.
« Elle est la meilleure. Elle a refusé de m'accompagner sur l'estrade (pour accepter le trophée) parce qu'elle n'aime pas les feux des projecteurs. Elle s'est retrouvée sous ceux-ci bien malgré elle et maintenant, elle essaie d'en profiter pour faire du bien », a-t-il dit plus tard dans la salle d'entrevues.
Craig Anderson
Sa conjointe, qui lui avait annoncé sa rémission d'une forme rare de cancer de la gorge, était évidemment très heureuse de pouvoir l'appuyer à nouveau, comme son mari l'avait fait en prenant deux mois de congé pour être à son chevet au milieu de la saison, en novembre et décembre.
« C'est très spécial pour moi d'être ici, de pouvoir l'appuyer et être là pour lui maintenant, a-t-elle confié en arrivant à l'aréna. Quand je traversais des moments difficiles, je l'appelais et il me disait de ne pas lâcher, que la ligne d'arrivée était toute proche. Chaque match qu'il jouait nous rapprochait de cette ligne d'arrivée. »
Nicholle Anderson a raconté qu'elle avait dit à son mari que son club atteindrait au moins la troisième ronde des séries avant que celles-ci commencent. Sa confiance en faisant cette prédiction provenait de l'esprit d'équipe que les Sénateurs avaient forgé en se rassemblant pour faire face à leurs différentes épreuves, son cancer ainsi que la commotion cérébrale de Clarke MacArthur en début de campagne.
Le moment fort de la campagne est survenu à la fin octobre, quand les Sénateurs ont annoncé que Craig Anderson était parti au chevet de Nicholle une fois que le diagnostic est tombé. Il était cependant revenu en catastrophe quand son adjoint Andrew Hammond s'est blessé lors d'un match à Calgary. Il était revenu pour blanchir les Oilers d'Edmonton 2-0 le 30 octobre dernier.
« Quand on a vu qu'Andrew s'était blessé et que je lui ai dit que son club avait besoin de lui, nous étions en état de choc. On se disait que c'était faisable, qu'il serait capable de gérer les émotions. Après ce match, j'avais le coeur très serré, ça m'a touché énormément de le voir faire ça », a-t-elle relaté.
Anderson avait été très émotif à la fin de cette rencontre, après laquelle il était retourné à ses côtés avec l'acquisition de Mike Condon par les Sénateurs.
C'est le DG Pierre Dorion qui a orchestré cette transaction avec Pittsburgh pour obtenir ce remplaçant de qualité, et c'est aussi Dorion qui avait eu la lourde tâche d'annoncer à la planète hockey que Nicholle Anderson faisait face à son important défi.
« C'est spécial pour nous qu'il soit ici avec nous (comme candidat au titre de DG de l'année). Nous étions très secoués quand on l'a appris et on s'est dit que Pierre était la bonne personne pour l'annoncer. Son appui au cours de cette épreuve a été quelque chose. Il est le DG et tout le monde a été gentil avec nous, mais il est un homme spécial, très dévoué à la famille. Et toutes les femmes et copines des autres joueurs ont été fantastiques avec moi également pour former un comité d'appui », a-t-elle mentionné.
Anderson, qui a présenté une fiche de 25-11-4 avec une moyenne de 2,28 et un taux d'efficacité de ,926 en saison régulière, a été préféré à Andrew Cogliano, des Ducks, et Derek Ryan, des Hurricanes, pour le titre.
Burns et Poile devant Karlsson et Dorion
Les Sénateurs ont dû se contenter d'un trophée sur trois mercredi soir à Las Vegas.
Pour une deuxième année de suite, le capitaine Erik Karlsson a terminé au deuxième rang au scrutin pour le trophée Norris de défenseur par excellence, remporté par Brent Burns, des Sharks de San Jose, qui a connu une grosse saison régulière de 29 buts. Pour sa part, le DG Pierre Dorion a pris le troisième rang du vote pour le directeur général de l'année, finissant derrière le récipiendaire David Poile, des Predators de Nashville, et Peter Chiarelli, des Oilers d'Edmonton.
Erik Karlsson
Karlsson a obtenu 1292 points (63 votes de première place) au scrutin mené auprès de l'Association des journalistes de hockey professionnel, contre 1437 (96) pour Burns. Bizarrement, il a obtenu quatre votes de quatrième position et trois de cinquième, alors qu'il y en a même certains qui ne l'ont pas inscrit sur leur bulletin de vote. 
« J'aimerais féliciter Erik et Viktor, ils ont eu de brillantes saisons. Erik, ce que tu as fait en séries a été incroyable. Cette passe soulevée (contre Boston au premier tour) était incroyable, je ne pense pas que nos entraîneurs vont vouloir qu'on tente ça », a blagué Burns en acceptant son premier trophée Norris.
Karlsson, qui s'est présenté en béquilles et avec un pantalon d'habit coupé pour faire place à son plâtre, n'a pas commenté après coup. Il visait un troisième Norris, lui qui a fini deuxième derrière Drew Doughty, des Kings, l'an dernier. « Je pense avoir connu une bonne saison du point de vue individuel et collectif cette saison et ça me suffit », avait-il déclaré la veille.
Dorion a connu une excellente première saison comme DG après avoir succédé à Bryan Murray, son embauche de Guy Boucher comme entraîneur-chef et ses échanges pour Derick Brassard, Mike Condon et Alexandre Burrows, notamment, rapportant d'énormes dividendes.
Boucher a terminé septième au scrutin pour le trophée Jack-Adams d'entraîneur de l'année remporté par John Tortorella, de Columbus.