Curtis Lazar en est à sa sixième année dans les rangs professionnels. Mardi, face aux Sénateurs, il a disputé son 20e match cette saison.

Un apprentissage difficile pour Curtis Lazar

BUFFALO — Curtis Lazar a bien encerclé la date sur son calendrier. Les Sabres seront les visiteurs, au Centre Canadian Tire, le 18 février. Ce sera une soirée spéciale. Les Sénateurs vont officiellement retirer le chandail de Chris Phillips.

« Ça fait un bout de temps que je le sais. C’est même une source de motivation. J’espère que je serai toujours avec le grand club, à ce moment-là. Je ne voudrais pas rater ça », a déclaré le joueur, mardi matin, quand on l’a croisé au KeyBank Center.

On a tendance à l’oublier, parce qu’on a l’impression que ça fait très longtemps.

Quand Lazar a réussi à se tailler un poste avec les Sénateurs, à 19 ans, Phillips et sa famille l’ont hébergé pendant une année complète.

« Chris, Erin et leurs enfants ont joué un grand rôle, dans ma vie. Je me suis un peu égaré, durant les premières années de ma carrière. Une chance qu’ils étaient là pour m’appuyer. »

Lazar s’est « un peu égaré » au début de la vingtaine. On pourrait penser qu’il n’a pas encore réussi à complètement se retrouver.

Quand il dit qu’il souhaite faire partie de l’alignement des Sabres, dans trois semaines, il reconnaît qu’il a encore des choses à prouver à leurs dirigeants.

Sa place n’est pas assurée.

Il a passé les derniers mois à faire la navette entre Buffalo et Rochester, la ville voisine dans laquelle évoluent les Americans de la Ligue américaine. Il fait donc, à l’envers, le parcours du jeune hockeyeur.

En 2014, un après l’avoir repêché, les Sénateurs se sont dépêchés de lui faire une place dans la LNH.

Le directeur général de l’époque, Bryan Murray, disait qu’il fallait bien traiter les espoirs de 19 ans. Il fallait tout faire pour leur plaire, pour leur donner le goût de s’engager à long terme.

Avec le recul, cette stratégie n’était peut-être pas la meilleure pour le développement de Lazar.

Il n’est jamais véritablement devenu un joueur dominant.

« J’y pense tout le temps ! Je me souviens d’avoir complété mes neuf premiers matches, à 19 ans, avec l’impression que j’étais à ma place. C’est sans doute pourquoi Bryan m’a demandé de rester. »

« À ce moment-là, j’avais le choix entre la LNH et le hockey junior. J’avais accompli tout ce que je pouvais accomplir dans le junior. Quand j’y repense aujourd’hui, je me dis qu’il aurait été préférable de commencer dans la Ligue américaine... »


« Beaucoup de gens pensent que je ne suis plus dans le coup. Ces gens-là s’imaginent que je suis en train de couler. En réalité, je suis en train d’atteindre mon apogée. »
Curtis Lazar

« Je ne veux pas critiquer les organisations auxquelles j’ai appartenu précédemment. Parfois, quand ces équipes me renvoyaient dans les mineures, je me sentais un peu abandonné. Je trouvais ça dur. Ici, quand on me renvoie dans les mineures, on me donne des objectifs précis. Chaque fois, je retourne dans les mineures et j’y travaille. Je me sens mieux préparé quand on m’offre une nouvelle opportunité. »

Lazar ne désespère pas. Il a disputé mardi son 20e match de la saison. Il remarque que son temps d’utilisation augmente. Il croit avoir gagné la confiance de l’entraîneur-chef Ralph Krueger.

Et il ne se trouve pas trop vieux pour réussir dans le hockey.

Il le dit lui-même : « C’est juste ma sixième année dans les rangs professionnels ! »

« Beaucoup de gens pensent que je ne suis plus dans le coup. Ces gens-là s’imaginent que je suis en train de couler. En réalité, je suis en train d’atteindre mon apogée, croit-il. Le jeu ralentit un peu, autour de moi. On me donne la chance d’évoluer au centre, ce qui est énorme ! Ça ne m’était pas arrivé depuis ma première année à Ottawa. »

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«C'ÉTAIT UNE SOIRÉE COMME ÇA...», DIT TKACHUK

BUFFALO — La rivalité Tkachuk/Subban pourrait bien être l’affaire d’un seul soir.

Lundi, dans un match étonnamment intense entre les Sénateurs et les Devils du New Jersey, P.K. Subban et Brady Tkachuk ont passé la soirée à se chamailler.

À force de se chercher, les deux ont fini par se trouver. Ils ont jeté les gants au beau milieu de la deuxième période. L’intervention de juges de ligne fut rapide, mais le plaisir ne faisait que commencer. Les deux rivaux ont continué à se crier des bêtises pendant de longues minutes, tandis qu’ils purgeaient leurs peines au banc des pénalités.

« C’était une soirée, comme ça... Le genre de soirée où personne ne veut se faire marcher sur les pieds. Nous sommes deux joueurs très impliqués. J’imagine que c’est le genre d’histoire qui amuse les fans. Moi, j’aurais juste voulu qu’on quitte la patinoire avec deux points de plus en banque. »

Tkachuk ne veut pas en faire tout un plat. Il ne faut donc pas s’attendre à ce que l’histoire se répète lors du prochain match entre les Sénateurs et les Devils, la saison prochaine.

Brady Tkachuk a jeté les gants devant P.K. Subban, des Devils, lundi soir.

Les rivalités légendaires impliquant d’autres membres de la famille Tkachuk font le bonheur des fans ailleurs dans la LNH.

Matthew, frère aîné de Brady, compte Drew Doughty et Zack Kassian parmi ses ennemis jurés.

« Matt, il se défonce chaque soir. Il a le don de se faire des ennemis, reconnaît le cadet du clan. Moi, j’essaie juste de faire mon travail, chaque soir. Je veux donner l’exemple en travaillant très fort. J’accorde très peu d’importance à tout le reste. »

Dans sa rencontre avec les médias, quelques heures avant le match de mardi soir, Tkachuk a salué le courage de son coéquipier Mark Borowiecki.

Le BoroCop a subi une blessure assez grave, contre les Devils, quand il a pris un bâton en plein visage. C’est à peine s’il a raté une présence sur la glace.

« Il est revenu rapidement, comme si de rien n’était. Ça vous en dit long sur son leadership, sur son courage. Ça vous en dit long sur ses qualités de joueur d’équipe. »