Tyler Ennis (au centre) se sent rajeunir chez les Sénateurs d’Ottawa.
Tyler Ennis (au centre) se sent rajeunir chez les Sénateurs d’Ottawa.

Tyler Ennis: une question d’opportunités

À peu près tout le monde peut nommer, sans se tromper, les trois meilleurs buteurs des Sénateurs. On dit souvent que l’équipe serait dans le pétrin si Anthony Duclair, Jean-Gabriel Pageau et Brady Tkachuk n’étaient pas là pour mettre la rondelle dans le filet.

Le quatrième meilleur buteur fait son boulot de manière un peu plus discrète.

Il a pourtant connu une très bonne première moitié de saison, au même titre que les trois autres.

Tyler Ennis a marqué deux buts et inscrit une mention d’aide, samedi soir. Ça lui fait, 10 buts et 21 points en 37 parties.

Après le match, dans le vestiaire, l’ailier de 30 ans était de bonne humeur. Aux journalistes qui ont pris le temps de s’attarder devant son casier, il a dit qu’il se sent rajeunir.

« J’ai l’impression de renouer avec le jeune Enzo », a-t-il affirmé.

Le « jeune Enzo » a effectivement connu trois saisons de plus de 20 buts, dans l’uniforme des Sabres de Buffalo, entre 2010 et 2015.

On croyait ce joueur mort et enterré.

Dans la LNH d’aujourd’hui, les marqueurs de 20 buts gagnent plusieurs millions $ US.

Chez les Sénateurs, Ennis est payé comme une roue de secours. Pierre Dorion a réussi à le mettre sous contrat pour 800 000 $ US, cette saison.

D.J. Smith se félicite d’avoir pu attirer, à Ottawa, un joueur qu’il a dirigé à Toronto.

« La production offensive, ça dépend souvent des opportunités, estime l’entraîneur-chef. Quand un vétéran a la chance d’appartenir à une formation en reconstruction, avec plein de jeunes coéquipiers, il obtient de meilleures chances. L’an dernier, à Toronto, Tyler faisait partie d’une équipe bien nantie. Il jouait derrière des tas de joueurs de talent qui sont là spécifiquement pour remplir le filet. »

« Tyler, vous savez, c’est le genre de gars qui profite des opportunités pour gagner en confiance. Quand il parvient à marquer un but, on sent tout de suite que les choses changent. Il gagne tout de suite la confiance nécessaire pour en marquer quelques autres. »

Confiance et fierté

Obtenir une opportunité, ce n’est pas tout. Encore faut-il pouvoir la saisir.

Au début du mois de novembre, Ennis n’en menait pas très large. Ce n’est pas tant le manque de production qui le chicotait. Il n’était pas trop fier de son différentiel de moins 11 après 15 parties.

« Ouais. On peut dire que c’était un solide début de saison de ma part », dit-il, avec ironie, quand on lui reparle de cette période de la saison.

On peut dire qu’il a pris les moyens de rectifier le tir. Il a complété le match de samedi avec un différentiel de plus trois.

Ça lui fait donc plus neuf à ses 22 dernières rencontres.

« J’ai déjà parlé de ça, dans le passé. Je ne sais pas trop pourquoi je négocie aussi mal mes débuts de saison. J’en ai fait une habitude. C’est quelque chose que je dois améliorer », dit le jeune vétéran.

Encore une fois, il revient à la charge en parlant d’opportunités. Il remercie son coach de ne pas l’avoir cloué au banc quand les choses n’allaient pas trop bien.

« D.J. a continué de miser sur moi tandis que j’essayais de relancer ma saison. Il m’a fait confiance, comme il fait confiance à tous les autres joueurs. C’est ainsi qu’on s’améliore. C’est ainsi que tout le monde progresse, ensemble. »

Tyler Ennis pourra prolonger sa séquence heureuse face à l’équipe qui lui a donné sa première chance. Depuis le début de sa carrière, il a marqué trois buts en cinq parties, contre les Sabres.

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Trop d’hommes sur la glace : Smith coupable

«Je suis bien prêt à porter le blâme dans ce dossier.» Après le match de samedi, D.J. Smith a répondu à quelques questions embarrassantes. Contre les Flyers, son équipe a écopé de deux pénalités pour avoir eu trop de joueurs sur la patinoire.

Déjà, c’est gênant. Le problème, c’est que les Sénateurs ont déjà subi ce problème, plus tôt, cette saison. En 37 matches, ils ont été pris en défaut une dizaine de fois. Pour des professionnels qui évoluent dans la meilleure ligue au monde, c’est extrêmement gênant.

«Parfois, quand on essaie d’opposer certains trios aux meilleurs éléments adverses, ça devient compliqué. Certains joueurs n’entendent pas toujours nos directives. Ils ne savent pas très bien qui doit sauter sur la glace», a fait valoir Smith, de façon bien peu convaincante. L’entraîneur-chef a ensuite tenté, sans succès, d’attirer l’attention des journalistes ailleurs. Je crois bien que la meilleure portion de match, ce soir, fut notre travail en infériorité numérique. Nous avons eu plus de chances de marquer en désavantage numérique qu’à forces égales, par moments.»

Les joueurs sont aussi gênés de parler de tout ça. «Au moins, les défenseurs ne se font pas prendre en défaut. Les défenseurs sont intelligents», blague Mark Borowiecki.

Borowiecki n’avait pas cinq minutes à perdre

Borowiecki ne refuse pas trop souvent une invitation à jeter les gants. C’est pourtant ce qui s’est produit, samedi. Durant la période d’échauffement, l’attaquant des Flyers Chris Stewart lui a lancé un défi.

Les deux colosses ont patiné ensemble, à la hauteur de la ligne rouge, pendant un moment. Leur conversation semblait animée. Et peu amicale.

On pensait qu’ils finiraient par se bagarrer durant la rencontre.

«Le timing n’était pas très bon, pour moi», a expliqué Borowiecki après la partie. Il ne s’est pas vraiment expliqué, mais on comprend qu’il parlait de la pénurie de défenseurs chez les Sénateurs. En l’absence de plusieurs vétérans, Borowiecki a été particulièrement sollicité. Il a passé 24 minutes et 21 secondes sur la glace. Puisque son équipe avait besoin de lui, il n’avait pas cinq minutes à perdre au banc des pénalités.

«Je comprends Stewart. Il a besoin de se faire remarquer. Je suis déjà passé par là, plus tôt, dans ma carrière. Il a voulu me lancer un message. Le message, je l’ai reçu. Mais je ne pouvais pas me permettre de me bagarrer dans cette partie.»

Contre les Flyers, Borowiecki a marqué son quatrième but de la saison. Il s’agit pour lui d’un nouveau sommet en carrière.