On peut dire que Thomas Chabot fait du bon travail sur la patinoire même si, de façon générale, la brigade défensive des Sénateurs en arrache. Sur la photo, Jeff Skinner s’apprête à déjouer Mike Condon.

Trouver l’équilibre... dans le vestiaire

RALEIGH — Thomas Chabot a marqué un autre but, samedi. Son septième, à sa 55e partie. S’il avait joué une saison complète, il rivaliserait sans doute avec Mikhail Sergachev pour le titre de meilleur compteur chez les défenseurs de première année dans la LNH.

En cette fin de saison, Chabot gagne de plus en plus d’admirateurs.

Dans le vestiaire des Sénateurs, on admire son talent, mais aussi son attitude.

« Chabot ? Il fait une excellente job depuis qu’il avec nous autres. C’est un excellent jeune, aussi. Il pose beaucoup de questions », affirme Jean-Gabriel Pageau.

Le hockey est un sport conservateur.

Dans un monde où on encourage souvent les recrues à occuper le moins d’espace possible, certains ont parfois beaucoup de difficultés à trouver leur place.

« Exactement. On recommande souvent aux joueurs qui arrivent de rester silencieux. C’est un bon conseil. Par contre, les questions qui portent leur le hockey, il faut les poser. C’est important. J’ai appris ça quand j’étais plus jeune. Thomas, il fait bien ça », croit le Gatinois de 25 ans, qui vient de franchir le plateau des 300 parties jouées dans la LNH.

« Dans le vestiaire, Thomas est assis à côté d’Erik Karlsson. C’est bon, ça. C’est un gars qui peut l’aider. Il n’est clairement pas gêné de lui parler. Lors des jours d’entraînement, il est un des premiers à sauter sur la patinoire. Il est souvent parmi les derniers à quitter la glace. Il donne de l’extra. Un jeune joueur qui a un talent exceptionnel et qui travaille aussi fort que lui finit généralement par être récompensé », croit Pageau.

Les « exploits » de Chabot ne sont pas tous visibles, sur la feuille de pointage.

Il a récemment franchi le plateau des 20 minutes sur la patinoire dans trois parties consécutives. Pour un joueur qui évoluait dans les rangs juniors à pareille date, l’an dernier, ça constitue une très jolie marque de confiance.

Samedi, dans le premier match de la série aller-retour contre les Hurricanes, il a vu un peu moins d’action. C’est un peu normal. Guy Boucher a utilisé sept défenseurs et 11 attaquants dans cette rencontre. Le capitaine Erik Karlsson, qui effectuait un retour dans la formation après avoir passé quelques jours en famille, a pris une large part du gâteau.

Humilité
Chabot ne s’en formalise pas trop. « Je ne suis pas énormément habitué aux matches de plus de 20 minutes. Je l’ai fait ailleurs, lors de saisons précédentes. Ici, tout se passe à un niveau différent. Contre les meilleurs joueurs adverses, c’est difficile. C’est un gros défi pour moi », dit-il avec humilité.

« C’est certain que les circonstances me permettent d’avoir ce temps de glace là », ajoute-t-il, comme s’il voulait nous confirmer qu’il garde les deux pieds sur terre.

Chabot essaie donc de tirer le maximum d’une mauvaise situation. Si les Sénateurs n’avaient pas piqué du nez au classement, ils n’auraient sans doute pas échangé Dion Phaneuf à l’approche de la date limite des transactions.

Appartenir à une formation qui va rater les séries lui permet de profiter d’un rôle accru. Il tâche de ne pas l’oublier.

Il essaie de profiter de chaque journée, sur la route comme à la maison, pour s’intégrer davantage.

L’apprentissage, pour le jeune hockeyeur de Sainte-Marie-de-Beauce, ne s’effectue pas uniquement sur la patinoire. Il vit une saison d’immersion totale dans le monde du sport professionnel.

« Les gars, les attaquants comme les défenseurs, sont toujours très ouverts. Sur la route, les vétérans invitent toujours les recrues à manger. Pour moi, c’est un détail important. Ça m’aide vraiment à m’intégrer à l’équipe », explique-t-il.

LES SÉNATEURS EN BREF

La sympathie de Don Cherry

« Eugene Melnyk est fou de rester à Ottawa », s’est exclamé Don Cherry, samedi, au tout début de sa chronique Coach’s Corner. 

Le légendaire commentateur de Hockey Night in Canada ressent beaucoup de sympathie pour le propriétaire des Sénateurs. Il aime beaucoup moins les partisans qui souhaitent son départ. 

« Tout le monde à Ottawa déteste Melnyk et je ne peux vraiment pas comprendre. Ce pauvre type allonge des millions de dollars pour faire fonctionner la franchise et les partisans ne se déplacent même pas ! » 

Cherry n’a pas offert analyse trop poussée. Il s’est contenté de répéter, à trois reprises, que Melnyk « dépense des millions ». Il a cité le projet de patinoires communautaires parmi les projets réalisés par le proprio. Or, ces patinoires ont été aménagées avec des sommes amassées dans la communauté par la Fondation des Sénateurs. 

Cherry a conclu son intervention en proposant à l’homme d’affaires de déménager son équipe à Québec, où il ne manquerait pas de soutien. 

Le défenseur des Sénateurs Mark Borowiecki a eu vent de cette déclaration. Il a grimacé. « Chacun a droit à son opinion. M. Cherry ne vit pas ici. Certains détails de l’histoire lui échappent, forcément. »


Bobby crie bingo !

Ce n’était pas le but le plus spectaculaire, ni le plus important de sa carrière. Bobby Ryan n’a eu qu’à placer son bâton au bon endroit pour faire dévier un lancer de Ryan Dzingel, en première période du match de samedi. Ce but lui a quand même permis de clore un chapitre. Il n’avait encore jamais réussi à marquer contre les Hurricanes ! 

« Oui, j’en étais conscient. Impossible pour moi de l’ignorer. Je pouvais toujours compter sur un journaliste pour me le rappeler, avant chaque match où je devais les affronter », a-t-il réagi après coup. 

À 31 ans, l’attaquant a (presque) complété sa carte de bingo. Il a inscrit au moins un but contre 30 des 31 formations de la LNH. Il devra être impliqué dans une transaction avant de compléter le tableau. Les Sénateurs forment la 31e équipe. 

Les Blues de Saint-Louis demeurent, après toutes ces années, sa proie favorite. Il a marqué 19 buts en 28 parties, contre eux. 

Suivent, dans l’ordre, les Sharks de San Jose, les Coyotes de l’Arizona et les Red Wings de Détroit. 

Après le match de samedi, Ryan se préoccupait davantage de son ami Mike Condon que de ses statistiques personnelles. « Nous l’avons laissé à lui-même à plusieurs reprises. Nous devons mieux l’appuyer. »