Pierre Dorion

Trois importants dossiers à régler pour Pierre Dorion

« Le père Noël finira peut-être par passer. »

Juste avant le congé des Fêtes, Pierre Dorion a décidé de nous accorder un peu de son temps. Il a reçu Le Droit dans son bureau du Centre Canadian Tire, lundi soir, avant le match opposant les Sénateurs d’Ottawa aux Sabres de Buffalo.

Il savait qu’on voudrait lui parler des futurs joueurs autonomes sans compensation de son organisation.

On pense surtout à Mark Borowiecki, Dylan DeMelo et Jean-Gabriel Pageau, qui complètent l’année 2019 sans garanties contractuelles.

Si les Sénateurs ne parviennent pas à s’entendre avec eux, ils sont tous les trois susceptibles de quitter Ottawa d’ici la date limite des transactions.

Dorion ne voulait pas vraiment en parler.

Il ne veut jamais parler des négociations contractuelles.

« Nous avons appris, au cours des dernières années, qu’il ne sert à rien de discuter publiquement des négociations de contrat. Nous avons bien géré les dossiers de Colin White et de Thomas Chabot. Nous allons poursuivre sur cette lancée. Chaque mot qui sort de ma bouche peut être interprété de différentes façons. Pour le bénéfice des joueurs, il est préférable de ne pas discuter de contrats », dit-il.

Nous avons quand même essayé de le cuisiner. Au bout de quelques minutes, il a fini par dire que le « père Noël finira peut-être par passer. »

Les partisans seront libres d’interpréter cette réponse comme ils voudront.

En attendant, on vous présente quelques extraits de notre conversation.

Q: Sans parler de cas spécifiques… On peut parler de ce qui se passe, souvent, dans le monde du hockey. Généralement, les futurs joueurs autonomes sans compensation qui ne parviennent pas à s’entendre avec leur employeur avant le Nouvel An se font échanger. Vos partisans connaissent la game. Que doit-on leur répondre ?

R: Les Capitals de Washington ont remis sous contrat John Carlson et T.J. Oshie à la date limite, juste avant qu’ils accèdent à l’autonomie complète. Chaque négociation est différente. Personne ne gagne à négocier sur la place publique. Tout peut arriver.

Q: Sans parler des négos, on peut parler des performances des joueurs qui écoulent la dernière année de leurs contrats. Borowiecki et Pageau ont tous les deux décidé d’obtenir leurs meilleures statistiques cette année. Ça vous fait quoi ?

R: Je suis très content pour ces deux joueurs de notre région qui se sont impliqués à fond pour notre organisation. Je suis très content de les voir connaître de bonnes saisons, au niveau des statistiques.

Q: Vous nous avez déjà dit, dans le passé, qu’on ne faisait pas une reconstruction en misant uniquement sur des jeunes. Vous dites qu’il faut retenir de bons vétérans pour les encadrer…

R: Et nous avons conclu de bonnes transactions, cette année, pour aller chercher de bons vétérans. Je pense notamment à Connor Brown, un bon vétéran qui fait tout correctement. Il n’est pas trop vieux, non plus. Il peut garder de bons liens avec les jeunes, tout en travaillant de la bonne façon. Nous avons aussi mis sous contrat Ron Hainsey, et je crois qu’il a donné un bon coup de main à notre brigade défensive. Nous cherchons toujours des gars qui sont travaillants. Des gars qui pensent à l’équipe avant de penser à leurs statistiques personnelles. Dans notre reconstruction, nous aurons toujours besoin de bons vétérans.

Q: La dernière fois que nous avons parlé, vous aviez été peu bavard quant aux attentes envers la nouvelle saison. Vous aviez simplement dit qu’il était inacceptable de terminer en 30e ou en 31e position. À l’approche de la mi-saison, vous occupez le 27e rang. Êtes-vous satisfait ?

R: Je suis très satisfait du rendement, jusqu’à maintenant. Notre priorité numéro un, c’était de former une équipe plus compétitive. À l’exception de deux ou trois parties, sur la route, nous avons été compétitifs, chaque soir. Pour la suite des choses, je vois une certaine progression. Je vois que nous sommes en train d’établir la fondation qui nous permettra de connaître beaucoup de succès dans les années à venir. Et ce qui me rend le plus fier, c’est notre identité. Nous sommes en train de gagner une identité d’équipe travaillante qui ne lâche jamais. Je suis content.

Q: Vous avez joué quatre matches de plus sur la route qu’à domicile. Vous allez donc jouer plus souvent à la maison, à compter de maintenant. Dans les 10 dernières parties, vous avez subi seulement deux revers en temps réglementaire. Bryan Murray disait toujours que les jeunes joueurs passent à un niveau supérieur à partir de janvier. Tous ces éléments, réunis, donnent des munitions aux optimistes. Peut-on commencer à mettre un peu de pression sur votre équipe ?

R: Il faut faire attention ! Dans le développement des jeunes, il y aura des périodes creuses. Oui, les jeunes progressent au fil de la saison. La ligue devient plus difficile, aussi. Il faut être prudent envers les attentes.

Q: Dans ce cas, à quoi faut-il s’attendre, en deuxième moitié ?

R: La clé de notre succès, c’est de poursuivre sur notre lancée. Il n’est jamais facile pour les autres équipes de venir chercher deux points au Centre Canadian Tire. Sur la route, il nous faut démontrer plus de vigueur. Nous ne sommes pas l’équipe la plus talentueuse. Il faut vraiment faire la vie dure à nos adversaires.