Erik Karlsson fait partie des favoris, à mi-parcours, pour remporter le trophée Conn-Smythe remis au joueur par excellence des séries. Le défenseur des Sénateurs mène les siens avec 13 points en 12 matchs.

Tous les yeux sur Karlsson

Les yeux de la planète hockey sont tournés vers Erik Karlsson ce printemps. Ce sera encore plus le cas maintenant qu'il ne reste que quatre équipes dans la course à la Coupe Stanley et qu'il devra vaincre Sidney Crosby et compagnie pour y arriver.
Il ne fallait donc pas se surprendre que le capitaine des Sénateurs d'Ottawa cause une petite commotion lors du dernier entraînement des siens avant leur départ pour Pittsburgh, vendredi. Il a quitté la patinoire après une dizaine de minutes, sans rester pour travailler avec une unité d'avantage numérique qui a fait chou blanc à ses 14 dernières occasions contre les Rangers de New York.
«J'essayais des nouveaux patins et c'était le plan de toute façon. Je change à chaque ronde des séries. C'est une petite superstition. Je ne suis pas comme Alfie», lance-t-il. Daniel Alfredsson était très capricieux envers son équipement.
Karlsson a beau avoir des problèmes avec son pied gauche, il sera à son poste samedi (19h) lorsque la finale de l'Est contre les Penguins va s'amorcer au PPG Paints Arena. Jusqu'ici, ça ne l'a pas empêché de mener les Sénateurs avec deux buts et 11 passes en 12 parties. Il fait partie des favoris, à mi-chemin de parcours, pour remporter le trophée Conn-Smythe. Ce dont il se balance pas mal, en passant.
«Je n'écoute pas ce qui se dit. Je ne pense pas que c'est important, d'ailleurs. C'est juste une autre chose dont les gens qui regardent les matchs peuvent parler.»
Karlsson en est à sa plus profonde incursion dans les séries de la LNH. Son club a été éliminé au deuxième tour par ces mêmes Penguins, en 2013, quand il avait fait un retour expéditif de son tendon d'Achille lacéré par un coup de patin de Matt Cooke quelques mois plus tôt.
«C'est un aréna comme un autre maintenant. Je n'y pense plus. Encore une fois, j'ai eu des dommages permanents en raison de ce qui est arrivé, mais il n'y a rien à y faire. Ce n'est pas comme si je pouvais renverser ça. Je suis passé à autre chose il y a longtemps. On a joué contre eux cette même année en séries et je ne m'en faisais plus, ça ne sera pas un problème cette fois.»
Du hockey amusant
Karlsson a dit qu'il avait hâte de se frotter aux champions en titre de la Coupe Stanley. «Ils ont une bonne équipe, c'est évident. Ils sont dans cette position parce qu'ils sont forts. Ils savent quoi faire pour avoir du succès. C'est à nous de faire ce qu'on doit faire pour avoir du succès et les arrêter.
«Ils ont des joueurs qui ont déjà gagné, pas juste une fois, mais plusieurs fois. Ça va être une expérience enrichissante si on peut gagner contre eux. Ça va être le fun, ils jouent du hockey amusant.»
Karlsson est fier de voir que «toute l'équipe a acheté» le système que Guy Boucher a implanté cette année. «On s'est tous ajustés.»
Il ne retire cependant pas de fierté particulière d'avoir contribué à mettre le dernier clou dans le cercueil des Rangers lors du sixième match en passant six des huit dernières minutes sur la glace, parlant surtout du travail de l'équipe. «C'était bien de prendre l'avance et de la garder, même si on a été passifs un peu par moments, puis de finir une série comme ça... On a été meilleurs lors de trois de nos victoires, et lors de la quatrième, Pageau a compté quatre buts», a-t-il rappelé.
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L'enthousiasme de Trudeau peu partagé
Le premier ministre Justin Trudeau a annoncé vendredi qu'il mettait de côté son allégeance naturelle pour le Canadien afin d'appuyer les Sénateurs. Du même souffle, il a encouragé les amateurs de hockey à se rallier derrière la seule équipe canadienne toujours présente en séries. Selon lui, même les partisans du Canadien et des Maple Leafs de Toronto seront d'accord pour appuyer les Sénateurs. Si l'on se fie toutefois aux réactions dans les médias sociaux, les Montréalais et les Torontois ne partagent pas tous cet enthousiasme nationaliste. Et ils ne sont pas les seuls. Plusieurs amateurs ont répondu sur Twitter que cet appel «absurde» constituait un affront à leur dignité collective. «J'applaudirai quand les Sénateurs joueront sur les terrains de golf», a écrit un amateur.
Cet appui a été jugé «fantastique» par l'entraîneur-chef Guy Boucher. «Le Canada est un pays de hockey, ça veut dire tellement pour tout le monde ici qu'il y ait une équipe canadienne encore dans la course. Nos partisans sont fantastiques toute l'année et ils ont été incroyables en séries. Plus il y a de gens qui embarquent avec nous, mieux c'est.»  La Presse canadienne et Le Droit