Bobby Ryan a inscrit un tour du chapeau à son retour au Centre Canadian Tire, jeudi soir.

Tour du chapeau pour Bobby Ryan et victoire des Sens

«Je connais bien les gens d’Ottawa. Je m’attendais à ce que la réception soit très bonne, ce soir. J’ai quand même été surpris. Je dois même vous avouer que j’ai eu du mal à contenir mes émotions, au fur et à mesure que la soirée avançait. Je n’aurais pu écrire un meilleur scénario, pour mon retour. J’ai passé une soirée exceptionnelle. Je veux remercier tous ceux qui étaient là.»

Bobby Ryan tremblait, dans le vestiaire des Sénateurs d’Ottawa, après le match de jeudi soir.

Il a reçu une ovation en quittant la patinoire. Pour un premier match devant ses partisans, au Centre Canadian Tire, après une absence de 104 jours, c’était inespéré.

Il faut dire que Ryan ne l’a pas volée, cette ovation. Il a marqué trois buts dans une victoire de 5-2 contre les Canucks de Vancouver.

«Un tour du chapeau! Ça faisait longtemps que ça ne m’était pas arrivé», a-t-il soufflé.

Ça faisait un peu plus de cinq ans, en fait. Le 29 décembre 2014, il avait marqué trois buts contre Jhonas Enroth et les Sabres de Buffalo.

«Je ne savais vraiment pas à quoi m’attendre pour cette première partie à la maison. Honnêtement, j’espérais simplement voir une amélioration dans mon jeu. J’ai été chanceux. On m’a donné deux excellents partenaires de trio qui travaillent fort. J’ai reçu de très belles passes, tout au long de la soirée.»

L’histoire de Ryan est bien connue, maintenant. Tout le monde sait qu’il a passé trois mois loin de la patinoire, pour essayer de surmonter son problème de dépendance à l’alcool.

Il a probablement franchi l’étape la plus difficile, vendredi dernier, quand il s’est présenté devant la presse pour parler de son cheminement.

Il a ensuite joué son premier match de l’hiver 20202, mardi soir, à Nashville, ça lui a sans doute fait du bien.

Il ne lui restait qu’à marquer son premier but. Il devait se croiser les doigts pour ne pas attendre trop longtemps.

Il n’a pas attendu trop longtemps.

Son premier but a été marqué une douzaine de minutes après la mise en jeu initiale.

Ce n’était pas un vilain but, non plus. Ryan a choisi le bon moment pour se présenter devant le filet. Il a bien placé son bâton pour faire dévier le tir-passe de Nikita Zaitsev.

Le but a donné le ton à une soirée passablement occupée pour Ryan. Après 104 jours d’absence, il avait envie d’en faire beaucoup. Il avait peut-être envie de trop en faire.

Il a conclu la première période en appliquant un échec avant très agressif. Il a commencé par frapper le défenseur recrue Quinn Hughes, dans un coin de la patinoire. Comme si ce n’était pas suffisant, il s’est rendu dans l’autre coin pour faire la même chose à son partenaire, Christopher Tanev.

Ryan a été contraint de jeter les gants pour livrer son troisième combat de la saison.

Il est passé bien près d’inscrire un tour du chapeau à la manière de Gordie Howe, au deuxième tiers. Il a servi une superbe passe à son joueur de centre fraîchement rappelé de Belleville, Josh Norris. Un peu plus et ce dernier marquait son premier but en carrière dans la Ligue nationale.

Ryan n’a pas eu le choix, après ce jeu, de commencer à croire aux Dieux du hockey.

«En fait, j’ai toujours cru en eux, mais je n’ai jamais pensé qu’ils pouvaient être de mon côté!»

Connor Brown et Rudolfs Balcers ont marqué les autres buts des Sénateurs, dans la victoire. Avec le centre Chris Tierney, ces deux ailiers ont formé un très bon trio, tout au long de la soirée.

Ils n’ont quand même pas volé la vedette à Ryan, Norris et Brady Tkachuk. Les trois Américains jouaient ensemble pour la toute première fois.

«Le seul problème, c’est que j’ai l’impression d’avoir placé la barre un peu trop haute», a blagué Ryan après la partie.

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«LES GARS L'AIMENT BEAUCOUP»

Quand Bobby Ryan a marqué son premier but, la foule du Centre Canadian Tire s’est mise à scander son nom.

Bobby! Bobby! Bobby!

L’entraîneur-chef des Sénateurs, D.J. Smith, nous a fait une petite confidence, durant sa conférence de presse d’après-match.

Les joueurs, sur le banc, scandaient le nom de leur coéquipier, aussi.

«Les gars l’aiment vraiment beaucoup. Bobby, c’est un type plutôt discret. C’est surtout un gars qui joue au hockey depuis très longtemps. Nous avons bien vu, ce soir, qu’il sait comment on doit s’y prendre pour marquer des buts. Quand on lui donne une opportunité, il sait en profiter. Il sait où se trouve le fond du filet.»

Dans le vestiaire, tout ce qui s’était passé sur la glace avait bien peu d’importance. Tous les joueurs croisés ne voulaient parler que des trois buts marqués par le vétéran numéro 9.

«Je pense que je parle au nom de tous nos coéquipiers quand je dis que nous étions tous très heureux de le voir filer sur la patinoire, ce soir. Nous sommes tous très heureux pour lui», a dit Marcus Högberg.

Le gardien a pourtant bossé très fort, dans son demi-cercle, pou aller chercher sa quatrième victoire de la saison.

S’il n’avait pas multiplié les arrêts spectaculaires, dans les 40 premières minutes de jeu, Ryan n’aurait peut-être pas eu la chance de compléter son tour du chapeau.

«J’étais à l’aise. Les gars ont bien joué devant moi. C’était une belle soirée pour moi, également.»

«Nous avons vécu une soirée spéciale», a conclu Connor Brown.

«C’était une soirée spéciale pour lui, mais pour nous aussi. Bobby s’est battu pour revenir. Il est en grande forme physiquement et mentalement. Tout le monde, ici, est content pour lui.»