Les juges de lignes tentent de séparer Brady Tkachuk et Ben Chiarot au cours de la deuxième période du match présenté samedi à Ottawa.

Tkachuk va s’ennuyer du Canadien

Tout a commencé quand Thomas Chabot s’est blessé, en tout début de soirée, samedi.

«Je ne suis jamais content quand je vois un de mes coéquipiers tomber au combat. C’est encore pire quand c’est un de nos meilleurs joueurs, qui sera appelé à jouer un grand rôle dans notre futur. Je devais faire quelque chose», a expliqué Brady Tkachuk.

Le jeune attaquant en puissance des Sénateurs a rendu visite au joueur qui avait frappé Chabot, Brendan Gallagher. Il a jeté les gants.

Une autre grosse soirée de travail venait de débuter, pour lui.

Tkachuk a été blanchi, samedi, mais les officiels mineurs lui ont attribué neuf autres mises en échec.

Il a surtout passé le match au grand complet à se chamailler avec tout ce qui portait un chandail bleu, blanc et rouge sur la patinoire du Centre Canadian Tire.

Ça n’a pas donné grand-chose, au final. «C’est toujours plate quand nous ne parvenons pas à empocher les deux points au classement», a-t-il marmonné, en fin de soirée.

Ses coéquipiers ont quand même salué son courage.

«Il est notre bougie d’allumage, a rappelé Craig Anderson. Il nous transmet son énergie, soir après soir. Il nous prouve constamment qu’il a cette capacité de changer l’allure d’un match. Il continue de se familiariser avec son rôle. Il continue d’en apprendre davantage sur ses habiletés. Il n’y a pas de limites à ce qu’il peut accomplir pour nous.»

Ses entraîneurs, qui l’apprécient déjà, l’aiment encore davantage.

«Plus le temps passera, plus il y aura de l’espace, autour de lui, sur la patinoire», prédit D.J. Smith.

«Quand il aura 25 ans, il sera le joueur le plus gros, le joueur le plus fort sur la patinoire. Il sera très difficile de l’affronter, à ce moment-là. En attendant, il sait à quel point certains joueurs sont importants dans notre développement. Ce soir, il a vu son copain se faire bousculer. Il a senti le besoin d’intervenir. Il a fait son boulot», complète l’entraîneur-chef.

Grosse rivalité

La série de matches entre le Canadien et les Sénateurs a pris fin, samedi. Les Glorieux ont eu l’avantage, durant cette saison difficile pour les deux clubs. Ils ont remporté trois des quatre parties. Deux de leurs victoires ont été obtenues en prolongation.

Il faudra donc attendre au moins sept ou huit mois avant de revoir Tkachuk à son meilleur.

Parce que s’il se fait des ennemis presque chaque soir, il semble avoir une affection particulière pour les joueurs du Tricolore.

Quand on lui parle de tout ça, le joueur de 20 ans semble un peu mal à l’aise.

«Nous avons une rivalité avec Montréal. C’est samedi soir. L’aréna est bondé. L’ambiance est bonne», réagit-il, tout simplement.

Il trouve même le moyen de rendre hommage à ses rivaux.

«Je dois lever mon chapeau à Gallagher. Il s’est bien défendu.»

D.J. Smith explique un peu mieux cette réalité.

«Brady a grandi dans une famille de hockeyeurs. Son père est un homme extrêmement compétitif. Son grand frère est un grand compétiteur. Quand les Tkachuk se présentent dans un aréna qui est bondé, tout ça ressort.»

«Brady se défonce chaque soir, même sur la route, quand il n’y a pas tellement d’ambiance. Il trouve toujours une façon de nous entraîner avec lui.»

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Norris a fait bonne impression

Brady Tkachuk a commencé à foutre le trouble bien avant la mise en jeu initiale.

Josh Norris a été le premier joueur à sauter sur la glace, pour la période d’échauffement. Comme le veut la tradition, puisqu’il s’apprêtait à disputer son premier match dans la LNH, il a effectué un tour de glace en solo. Norris avait les cheveux au vent. Ce n’était pas son choix. Quand est venu le temps de quitter le vestiaire, il ne trouvait plus son casque.

Après la partie, les journalistes ont demandé à Tkachuk s’il était responsable du crime. Il n’a pas avoué. Il n’a pas nié, non plus. Norris et lui resteront de bons amis, malgré tout. « J’aurais aimé récupérer mon casque un peu plus tôt. Ma coiffure n’était pas parfaite », a-t-il blagué, après le match.

Sinon, le jeune homme était content de sa soirée.

« C’était bon de vivre une première expérience. En première période, je cherchais un peu à faire ma place. Je réfléchissais peut-être un peu trop. Plus le match progressait, plus je m’impliquais dans le jeu. J’ai obtenu quelques chances. Plus le temps passait, plus je m’améliorais. »

« Je ne pourrais pas demander mieux, au fond. J’ai joué mon premier match en carrière un samedi soir, contre le Canadien de Montréal. Je vais m’en souvenir. »

On ne sait pas trop quand aura lieu le deuxième match de Norris. Il a été renvoyé à Belleville en compagnie de Drake Batherson, dimanche matin.

D.J. Smith ne serait pas trop surpris de le revoir bientôt. « Il est capable de patiner, il est capable de lancer. On sait tous qu’il patine bien, maintenant. Il ne faut pas s’étonner de le voir dominer dans la Ligue américaine. » 

Les B-Sens joueront leur prochain match mercredi.