La vie continue pour les Sénateurs après le départ d’Erik Karlsson. Chris Tierney et Dylan DeMelo s’adaptent bien à leur nouvel environnement.

Tierney et DeMelo s’intègrent

Quitter un club aspirant à la coupe Stanley sous le soleil de la Californie pour s’amener à Ottawa avec une formation en reconstruction n’est certes pas le scénario idéal pour tout joueur de hockey.

Ajoutez à cela qu’ils vont à tout jamais être reconnus dans la capitale comme ayant été obtenus contre Erik Karlsson, et le scénario est loin d’être idéal.

« Les gars ont rendu la transition assez facile. Tout le monde a été très gentil, ils répondent à toutes mes questions. Le personnel d’entraîneurs m’a bien expliqué le système et je tente de l’assimiler tranquillement tout en apprenant à connaître les gars, leurs tendances, afin de bâtir une chimie avec différents joueurs. Ce sont les deux premiers jours de camp pour moi aussi, j’essaie de mettre de l’ordre dans mon jeu pour être prêt pour les matches hors-concours », a raconté Chris Tierney dimanche, après sa deuxième journée au camp des Sénateurs.

Le centre de 24 ans qui a récolté 40 points, dont 17 buts, la saison dernière avec les Sharks a obtenu une passe lors du match simulé de dimanche, lorsqu’il a été jumelé avec les impressionnants jeunes Alex Formenton et Drake Batherson en deuxième moitié de rencontre. Il a refilé à Batherson en zone neutre et celui-ci a ensuite complété un bel échange avec Formenton, qui n’a eu qu’à pousser dans une cage béante.

En tant qu’ancien des Knights de London, Tierney était déjà au courant que Formenton représente un bon espoir des Sénateurs.

« Il y a beaucoup de joueurs habiles ici, surtout les jeunes joueurs. Ils ont du talent et c’est facile de jouer avec eux. Il en va de même pour les vétérans, a-t-il noté. La vitesse de Formenton est impressionnante... J’ai appris à le connaître parce que je me suis entraîné avec lui cet été (sous la direction de Gary Roberts à Toronto), ainsi qu’avec (Brady) Tkachuk. Ils m’ont impressionné cet été, et ils continuent à m’impressionner maintenant. Ils vont être de très bons joueurs de la LNH. »

Alors que Tierney est heureux de se rapprocher de sa famille, qui est établie dans le nord de Toronto mais qui est originaire de Deep River (près d’Arnprior), il en va de même pour Dylan DeMelo, l’arrière de 25 ans qui jouait sur une troisième paire de défenseurs à San Jose.

« Ça a été assez surprenant, surtout qu’on n’avait même pas encore commencé le camp sur la glace. Mes affaires venaient d’arriver à San Jose, et là ça a été tout un chambardement. Mais c’est la business du hockey, ça se passe comme ça. C’est triste de quitter San Jose, une bonne équipe et une organisation qui vous traite bien. Mais en même temps, c’est excitant de venir à Ottawa et aider à bâtir une fondation en allant vers l’avant », a dit le hockeyeur natif de London.

DeMelo espérait d’ailleurs avoir l’occasion de disputer le premier match hors-concours des Sénateurs mardi à Lucan, près de London, et son souhait a été exaucé par l’entraîneur-chef Guy Boucher. « Ça va être excitant si je peux jouer ce match, j’ai grandi en jouant parfois dans cet aréna, et je suis justement passé voir de quoi l’amphithéâtre avait l’air en vue du match Hockeyville avant de partir pour San Jose », a-t-il noté avant de savoir qu’il serait du voyage.

Concernant le fait d’être impliqué dans l’échange de Karlsson, qui va faire jaser dans les chaumières encore longtemps, DeMelo a mentionné que « c’est un joueur de classe mondiale, un des meilleurs de sa génération. J’aimerais bien dire que je serai le prochain Erik Karlsson, mais personne ne peut l’être, c’est un joueur très spécial. Défensivement, nous allons tous devoir contribuer, ça va être la somme de tous les morceaux, il n’y aura pas de one man show... C’est bien d’arriver avec Chris et Rudolfs (Balcers), et d’avoir une meilleure chance de jouer un grand rôle qu’à San Jose, où il y a des Burns et Vlasic à la défense pour moi, et Thornton et Couture pour Tierney », a-t-il noté.

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Le défenseur Chris Wideman entend bien profiter du départ d’Erik Karlsson pour prendre sa place à la ligne bleue des Sénateurs.

WIDEMAN ESPÈRE AVOIR SA CHANCE

Le départ d’Erik Karlsson ne fait pas que des malheureux dans le vestiaire des Sénateurs.

Le défenseur Chris Wideman ne le criera pas à tue-tête, mais dans le remodelage de la brigade défensive nécessaire maintenant que l’ancien double récipiendaire du trophée Norris a pris le chemin de San Jose, il pourrait être un des grands gagnants, avec Thomas Chabot évidemment.

Après avoir raté presque toute la dernière saison en raison d’une déchirure d’un muscle ischiojambier, l’arrière américain originaire de St. Louis estime être de retour à 100 % de sa forme et il ne demanderait pas mieux que d’avoir une chance de montrer qu’il peut être le quart-arrière du jeu de puissance, comme il l’avait fait dans la Ligue américaine quand il avait été choisi le défenseur par excellence alors qu’il était à Binghamton, amassant 19 buts et 61 points en 75 matches en 2014-1015.

« L’opportunité qui se présentait a été le facteur déterminant pour moi. Si tu ne fais que pourchasser l’argent, tu peux arriver au bout de ta corde rapidement. J’ai eu une année difficile l’an dernier, mais je suis tout simplement excité d’être de retour et d’obtenir ma chance », a raconté Wideman au début du camp d’entraînement, lui qui a marqué un but lors du match simulé de dimanche disputé devant environ un millier d’amateurs au Centre Canadian Tire.

Alors qu’il allait devenir joueur autonome sans compensation le 1er juillet dernier, Wideman a accepté un contrat d’un an pour 1 million $ le 25 juin pour revenir avec les Sénateurs, qui ont grandement contribué à sa remise en forme non seulement avec leur propre équipe de physiothérapeutes, mais en payant également pour un entraînement estival spécialisé.

« J’ai passé deux mois à Los Angeles immédiatement après la fin de la saison, je n’ai pris qu’une semaine et demie de congé, j’avais un ami qui m’a hébergé à sa maison à Manhattan Beach et je me suis entraîné très fort afin de revenir encore meilleur que j’étais. Le fait saillant de l’été a été un entraînement avec Laird Hamilton (un surfeur professionnel) où tu passes d’un sauna à 175 degrés Fahrenheit, pour aller dans un bain de glace, après quoi tu fais des longueurs de piscine. C’était très “cool” comme entraînement », a-t-il relaté, lui qui était accompagné de son bon ami, le Gatinois Derick Brassard, à cette occasion.

Concernant le départ de Karlsson, l’ancien partenaire régulier de Mark Borowiecki sur la troisième paire de défenseurs a noté que « perdre un gars de cette trempe va laisser un vide, c’est certain, mais on ne peut pas penser à ça. Moi, je dois juste arriver au camp et montrer que je suis en santé, que je suis aussi bon sinon meilleur qu’avant, et tenter de m’améliorer chaque jour ».

Wideman avait récolté huit points, dont trois buts, lors des 16 matches auxquels il avait participé au début de la saison dernière avant d’être blessé lors d’un match contre Pittsburgh. L’entraîneur-chef Guy Boucher estime qu’il a manqué à son équipe lors de sa descente aux enfers. « Il a une bombe comme lancer, et je pense que c’est quelque chose qui nous a manqué quand il s’est blessé. Il trouve le moyen d’atteindre la cible avec son tir, chose qu’on doit améliorer sur le jeu de puissance. Il a cet outil dans sa boîte à outils et je pense qu’il pourra certainement contribuer sur l’attaque à cinq. On sait qu’il est capable de le faire, il l’a fait dans la LAH », a-t-il souligné. 

Wideman entend aussi jouer un rôle de grand frère auprès des jeunes Brady Tkachuk et Logan Brown, originaires de St. Louis comme lui. Leurs pères l’ont dirigé au hockey mineur en grandissant, et il a déjà commencé à les prendre sous son aile en les invitant à souper vendredi soir dernier.