Mark Stone a célébré à sa façon après avoir marqué le but gagnant en prolongation, samedi soir.

Stone, le leader, se charge du Canadien

Le but, en tant que tel, fut spectaculaire. Mark Stone a mis tout son poids, toute sa force, toute son énergie dans le tir sur réception qui a permis aux Sénateurs d’Ottawa de battre le Canadien de Montréal, 4-3, en prolongation, samedi soir.

La célébration qui a suivi le but a fait autant, sinon plus plaisir à Guy Boucher.

«C’est Stone tout craché, ça. C’est un gars calme, mais quand nous avons besoin d’un gros but…»

«Ça fait trois ans qu’il en marque des gros. Quand on est dans le trouble, tu peux mettre ton argent sur lui. Ça ne m’a pas surpris», a commencé l’entraîneur-chef durant sa conférence de presse d’après-match.

Il s’agissait, en effet, du cinquième but marqué en prolongation, par Stone, en saison régulière. Ce but lui permet de grimper au quatrième rang dans l’histoire des Sénateurs.

Mike Hoffman et Erik Karlsson se partagent la deuxième position. Ils en ont marqué six, durant leurs années dans la capitale.

Mike Fisher trône au sommet, avec sept.

Ces trois joueurs n’ont cependant jamais réagi de la même façon que Stone, après avoir marqué un but gagnant.

Personne ne célèbre une victoire comme le numéro 61 des Sénateurs.

«C’est un gars qui veut diriger. Il veut être un leader. Il veut prendre les devants. Tu le vois depuis le début. Il ne se cache pas. C’est clair, il veut tirer le bateau. Il s’affirme quand il réagit comme ça. Tout le monde en bénéficie», complète Boucher.

Dans le vestiaire, quelques minutes plus tôt, Stone a reconnu qu’il s’agissait d’un match spécial.

Ce n’est jamais un match comme les autres, quand les voisins de Montréal sont en ville.

Il y avait un peu plus de monde dans les gradins que d’habitude. La foule est partagée.

Quand les visiteurs ont pris les devants 3-1 dans les 20 premières minutes de jeu, les fans vêtus de bleu, blanc et rouge criaient un peu plus fort que les autres.

«Je me souviens de mon tout premier match contre le Canadien. C’était impressionnant. Lors de ces soirées, tu ressens une ambiance particulière dès le début de la période d’échauffement», explique l’ailier de 26 ans.

«Je suis désormais habitué. J’ai participé à plusieurs matches comme celui-là. Je ressens donc l’importance de montrer l’exemple. Les jeunes joueurs de notre équipe sont impressionnants, jusqu’ici. Ils ont quand même besoin de bons leaders.»

Avec Tierney

Stone a inscrit trois points, en tout, lors de cette soirée. Il a terminé la rencontre avec une récolte de deux buts et une passe.

Généreux, il reconnaît qu’il a reçu de l’aide. Il n’aurait pas été capable de marquer son premier but, par exemple, s’il n’avait pas reçu une superbe passe de son joueur de centre, Chris Tierney.

«C’était une passe parfaite, souligne Guy Boucher. Dans cette situation, la plupart des joueurs auraient essayé de lancer. Tierney est un joueur très intelligent. Je me doute depuis un certain temps qu’il pouvait bien s’entendre avec Stone. Depuis deux matches, maintenant, ils nous démontrent que j’avais raison.»

«Chris a connu du succès avec tous les joueurs qui ont eu la chance de jouer avec lui», souligne pour sa part Stone, avec justesse et humilité.

«Chris est un joueur simple, mais efficace. Tout le monde veut jouer avec un gars comme lui. Il serait injuste de le comparer aux meilleurs, comme Nicklas Backstrom. Pourtant, il joue un peu comme lui. Il prend toujours de bonnes décisions avec la rondelle.»

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Craig Anderson

SUR UNE SEULE LAME, ANDERSON GAGNE UN AUTRE MATCH

La soirée avait pourtant mal débuté pour Craig Anderson.

Le gardien des Sénateurs avait alloué trois buts dans les 20 premières minutes de jeu. Il commençait à peine à s’en remettre, au début du second engagement, quand il a été victime d’un bris d’équipement. La lame de son patin gauche s’est tout bonnement décrochée.

Il faut lui rendre ce qui lui revient. Anderson a été capable de très bien se relever. À tous les niveaux.

Il est d’abord rentré au banc avec une certaine élégance. Il a glissé sur sa jambière gauche, en utilisant son seul patin fonctionnel pour se propulser. Le préposé à l’équipement Ian Cox lui a donné un fier coup de pouce, remplaçant la lame perdue à la vitesse de l’éclair. « Je devrai quand même regarder sa performance sur vidéo. Je suis convaincu qu’il y a moyen de sabrer encore une seconde ou deux lors de mon prochain arrêt aux puits », a déclaré avec humour l’athlète, après la partie. Anderson, on le sait, est un grand fan de course automobile. Le vétéran était heureux, samedi, parce qu’il a obtenu une troisième victoire d’affilée. Pour battre le Canadien, il a également reçu un coup de pouce. Pour la première fois de la saison, il a fait face à moins de 30 lancers.

« Dans les premiers matches, nous avons parfois commis l’erreur de laisser Andy à lui-même. Il avait beaucoup trop d’arrêts de qualité à effectuer, croit Mark Stone. Récemment, nos défenseurs font du meilleur travail. Ils parviennent souvent à repousser nos adversaires en dehors de l’enclave. »