La troupe de Guy Boucher a défait le Canadien de Montréal 3-0 devant une foule de 33 959 amateurs, samedi soir, à la Place TD.

Soirée de rêve sur la rue Bank

Peut-être que les Sénateurs d’Ottawa devraient déménager leurs pénates au parc Lansdowne.

Leur retour sur la rue Bank – dans le stade de la Place TD voisin de l’ancien Centre municipal où ils avaient connu des débuts difficiles il y a 25 ans en tant que club d’expansion – s’est avéré mémorable samedi soir alors qu’ils ont défait le Canadien de Montréal 3-0 devant une foule de 33 959 amateurs. Ces braves ont dû composer avec une température de moins 10,8 degrés Celsius lorsque la rondelle a été mise au jeu pour la Classique 100 de la LNH, un mercure qui n’a que baissé par la suite.

L'immense talent de Carey Price n'a pas suffi pour changer l'allure du match.
Le rockeur canadien, Bryan Adams, a fait sa part pour réchauffer la foule.

Cette autre victoire dans un match « spécial » de cette saison pas comme les autres, après le balayage d’un programme double en Suède au début de novembre, a fait oublier un peu le cauchemar de relations publiques que le propriétaire Eugene Melnyk a causé vendredi soir en déclarant, en marge du match des anciens à la patinoire Canada 150 du parlement, quand il a évoqué la possibilité de déménager la franchise dans une autre ville si les assistances deviennent « un désastre ». Il a ensuite ajouté qu’il n’était plus certain que les plaines LeBreton soient le meilleur endroit pour construire un nouvel amphithéâtre pour son club.

En choisissant aussi mal son moment pour faire une telle sortie, à la veille d’une grande célébration du hockey dans la capitale nationale, Melnyk s’est attiré les foudres de nombreux amateurs, qui ont conspué son nom pendant le match alors que le mot-clic « #melnykout » est devenu tendance sur les réseaux sociaux.

Le commissaire de la LNH Gary Bettman a ressenti le besoin de calmer le jeu en faisant une tournée des médias nationaux pour affirmer que « les Sénateurs ne s’en vont nulle part ». « Je n’ai pas parlé à Eugene. J’ai lu les citations et la couverture (de celles-ci). Il n’a pas dit que le club va déménager, et ça ne se fait pas sans passer par une procédure et sans l’approbation du Bureau des gouverneurs de la Ligue. Je pense qu’on fait tout un plat avec pas grand-chose », a déclaré Bettman en entrevue avec TSN.

« La force de la franchise sera plus grande si elle a un aréna au centre-ville qui sera plus facile d’accès. Si Eugene a dit ça (vendredi), c’est différent de ce qu’il m’a dit par le passé. Peut-être que dans l’excitation de cet événement, il a dit des choses hors contexte et ce n’est pas ce qu’il voulait dire. À ce que je sache, il est toujours engagé envers les plaines LeBreton et obtenir un nouvel aréna plus accessible », a-t-il ajouté.

Cette distraction est venue s’ajouter aux nombreuses autres qui avaient miné l’atmosphère au sein de l’organisation au cours d’un dernier mois difficile sur la patinoire, entre les rumeurs de congédiement de l’entraîneur-chef Guy Boucher et les tractations concernant l’avenir du capitaine Erik Karlsson, dont le contrat arrivera à échéance en 2019 alors qu’il s’est fait demander récemment de dresser la liste des 10 équipes auxquelles il refuserait d’être échangé.

Les joueurs avaient serré la main du premier ministre Justin Trudeau en allant du vestiaire à la glace, en plus d’être salués par des hockeyeurs en équipement d’époque pour rappeler le premier match de l’histoire de la LNH, un centenaire plus tôt.