Le choix de 2e tour des Sénateurs, Mads Sogaard, avait le talent pour être un choix de première ronde, selon les recruteurs de l’équipe.

Sogaard, un autre « gardien de l’avenir » pour les Sénateurs

La sélection la plus intrigante du repêchage de Vancouver pour les Sénateurs est certes celle du gardien danois Mads Sogaard.

Pour obtenir ce cerbère format géant de 6’ 7’’ (il a même laissé entendre qu’il est rendu à 6’ 8’’), le DG Pierre Dorion a conclu son seul échange de la fin de semaine, cédant le choix de deuxième ronde (44e au total) obtenu de San Jose (via la Floride) dans l’échange d’Erik Karlsson et celui de troisième tour (83e) acquis dans la transaction envoyant Derick Brassard à Pittsburgh aux Hurricanes de la Caroline pour le 37e choix au total.

Dorion avait pourtant laissé entendre avant l’encan qu’il ne repêcherait probablement pas un gardien, certainement pas en première ronde.

Ses recruteurs estimaient cependant que Sogaard avait le talent pour être un choix de première ronde, et ils n’ont pas voulu laisser passer la chance de le sélectionner samedi matin.

Ça fait qu’il s’ajoute à une liste de « gardiens de l’avenir » qui comprend déjà Marcus Högberg, Filip Gustavsson, Joey Daccord et, dans une moindre mesure, le Montréalais Kevin Mandolese, choix de sixième ronde de l’an dernier.

« C’était peut-être un choc de nous voir faire ça, a commenté le dépisteur-chef Trent Mann à la fin de la journée samedi. Il y avait une couple de gardiens que nous aimions beaucoup. On en a parlé et si à un certain point, un de ces gardiens est le meilleur espoir, il serait difficile de le laisser passer. Je sais qu’on a de la profondeur chez les gardiens, mais vous n’en avez jamais assez. “Andy” (Craig Anderson) a 38 ans, (Anders) Nilsson a un contrat de deux ans et (Mike) Condon, ce n’est pas ma responsabilité présentement, mais tous ces gars-là ne seront plus avec les Sénateurs d’Ottawa d’ici cinq ans, c’est la nature de cette business. »

Les Sénateurs ne veulent pas se retrouver dans la même situation qu’il y a quelques années, quand ils étaient mal pris avec des blessures et un manque de profondeur, ce qui avait mené le DG du temps, feu Bryan Murray, à céder un choix de deuxième ronde (utilisé pour choisir Tommy Vannelli) aux Blues de Saint-Louis pour obtenir Bishop. Ce dernier, candidat au trophée Vézina cette saison, a plus tard été échangé à Tampa Bay (contre Cory Conacher et un quatrième choix, Tobias Lindberg) quand Ottawa a misé sur Anderson et Robin Lehner (autre candidat au Vézina après son excellente saison avec les Islanders de New York).

« Il y a un repêchage d’expansion (pour Seattle) qui s’en vient aussi. Personnellement, je ne veux pas qu’on se retrouve dans une situation où on doit mendier pour un gardien, où on n’a pas d’options. Là, on a plusieurs options, on va laisser la direction et les entraîneurs décider qui méritent d’être les gardiens des Sénateurs d’Ottawa », a ajouté Mann.

L’avantage des grands

La taille de Sogaard, qui ne pèse que 190 livres, est évidemment attrayante. « C’est évident que sa taille a été un facteur, a indiqué le dépisteur Don Boyd. Aujourd’hui, dans la LNH, les gardiens sont de plus en plus gros. Dans bien des cas, ce sont les joueurs les plus imposants d’une équipe. C’est en raison de la vitesse du jeu et de la façon dont le jeu est joué devant le filet. Les clubs cherchent à lancer la rondelle au filet et les rondelles ont tendance à frapper les gros gardiens... Il est aussi assez athlétique pour faire les déplacements latéraux rapidement. »

Sogaard est un compatriote du gardien des Maple Leafs de Toronto Frederik Andersen.

 « Son père Ernst a été mon entraîneur des gardiens avec l’équipe nationale junior, c’est comme ça que j’ai connu la famille. Je n’ai pas pensé à la possibilité de l’affronter un jour, mais maintenant que vous m’en parlez, ce serait fantastique », a dit le jeune homme. 

Au dernier championnat mondial junior, ce dernier avait été lancé dans la fosse aux lions dans un revers de 14-0 contre le Canada, allouant 11 buts sur 41 lancers avant d’être remplacé.

Concernant la lutte qui s’annonce féroce avec les Hogberg, Gustavsson et Daccord, il a mentionné qu’il « n’y a pas pensé vu que j’ai fait un blackout en entendant mon nom, je vais penser à ça plus tard ».

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LES SÉNATEURS EN BREF

Alfredsson au Temple ?

Le comité de sélection du Temple de la renommée du hockey tient sa réunion annuelle pour déterminer les prochains intronisés mardi matin à Toronto et il faut se demander si la troisième année d’éligibilité sera la bonne pour l’ancien capitaine des Sénateurs Daniel Alfredsson. 

Sa candidature est appuyée par ses 1157 points en 1246 matches en 18 saisons dans la LNH, dont les 17 premières avec Ottawa. 

Il a remporté le trophée Calder de recrue de l’année en 1995-1996, et a mené son club à la finale de la coupe Stanley en 2007, en plus de remporter une médaille d’or aux Jeux olympiques de Turin en 2006 et une d’argent à ceux de Sotchi en 2014. 

Les autres principaux candidats issus de la LNH sont probablement Rob Brind’Amour, Patrick Elias, Theo Fleury et Alexander Mogilny. 

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Horaire du camp

Les Sénateurs ont fait connaître lundi l’horaire de leur camp de développement, pour lequel les joueurs ont commencé à se rapporter au cours de cette même journée. 

Après les examens médicaux en matinée, ils sauteront sur la patinoire du Sensplex mardi à 13 h 45 pour environ 75 minutes. 

Il y aura ensuite une autre séance d’entraînement mercredi de 9 h à 11 h 30, puis jeudi les 44 joueurs seront séparés en deux groupes qui tiendront un entraînement matinal de 10 h 30 à 11 h 45 avant le traditionnel match intra-équipe présenté à 19 h au Complexe récréatif de Kanata. 

Le camp prendra ensuite fin samedi avec le tournoi à trois contre trois à 15 h 10, de retour au Sensplex.

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Entre les lignes

Huit des joueurs qui seront au camp de développement ont joué des matches dans la LNH au cours des deux dernières saisons, soit Alex Formenton, Logan Brown, Vitalii Abramov, Rudolfs Balcers, Drake Batherson, Erik Brännström, Joey Daccord et Max Véronneau... 

Le choix de cinquième ronde des Sénateurs samedi à Vancouver, l’attaquant Mark Kastelic, est issu d’une famille de joueurs de la LNH : son père Ed a été choisi au 110e rang au total par les Capitals de Washington en 1982 et il a joué pour eux et les Whalers de Hartford, alors que son grand-père Pat Stapleton a joué 635 parties avec Boston et Chicago entre 1961 et 1973. 

En plus, son oncle Mike a joué 697 parties pour huit clubs différents, dont les Blackhawks, qui l’ont repêché 132e en 1984.