Des jeunes joueurs des Sénateurs pourraient bien aller faire un tour dans la Ligue américaine pour prêter main-forte à Belleville durant les séries éliminatoires. En 2011, Zack Smith et Erik Condra avaient contribué à la conquête de la coupe Calder par Binghamton.

Smith conserve de bons souvenirs de Binghamton

Quand la saison régulière de la Ligue nationale prendra fin, dans une dizaine de jours, la direction des Sénateurs devrait renvoyer quelques jeunes joueurs à Belleville. Là-bas, ils donneront un coup de pouce à leurs petits frères, dans leur poussée vers les séries de la Ligue Américaine.

Zack Smith envie, un peu, ses coéquipiers qui auront cette chance.

En 2011, Smith est passé par là.

En 2011, il a été cédé à Binghamton au terme d’une saison où les Sénateurs ont raté les séries éliminatoires.

Il conserve un excellent souvenir des semaines qui ont suivi. « Nous avons remporté la coupe Calder ! Il faut que ce soit un des meilleurs souvenirs de ma carrière », confiait-il au Droit, mardi matin.

« J’ai rarement eu autant de plaisir à jouer au hockey. »

Smith a raté le match de mardi parce qu’il ressent des spasmes au dos. Rien de majeur. Il s’est même senti capable de prendre part à l’entraînement matinal avec ses coéquipiers.

C’est la fin d’une longue saison où il aura néanmoins atteint un sommet personnel en récoltant 19 mentions d’aide.

Il avait le temps — et le goût — de fouiller dans son sac à souvenirs.

« Je me souviens très bien du jour où j’ai appris que je devais retourner à Binghamton. C’était le jour du dernier match de la saison régulière. J’ai été convié à une rencontre avec six ou sept coéquipiers. Les dirigeants de l’équipe nous ont annoncé, en même temps, que notre saison allait se poursuivre, dans les mineures. Nous avions été... un peu surpris », raconte-t-il.

Certaines surprises sont agréables. D’autres, moins.

« Je vais vous dire, franchement, que je ne m’attendais pas à ça. À cette époque, je croyais que j’avais fini de me promener dans les mineures. J’ai donc eu l’impression que c’était une rétrogradation », explique Smith.

« J’ai compris assez rapidement qu’on avait pris cette décision en pensant à mes meilleurs intérêts. On voulait me permettre d’acquérir de l’expérience en séries. Le hockey, en séries, c’est toujours amusant. Au départ, c’était une expérience dont je ne voulais pas. C’est vite devenu une expérience enrichissante. »

Smith a quand même eu besoin de quelques jours pour comprendre tout ça. Dans une deuxième rencontre d’équipe, un de ses mentors a un peu insisté pour lui donner une perspective différente de la situation.

« Dans les premiers matches des séries, ça n’allait pas du tout. L’équipe perdait. Pour être franc, je ne pensais pas que j’aurais autant de mal à m’habituer au rythme de jeu de la Ligue américaine. Tous les dirigeants de l’équipe étaient à Binghamton. On a convié quelques joueurs à une nouvelle réunion. Bryan Murray était là. Il nous a essentiellement dit qu’on avait intérêt à se grouiller le derrière. »

Dans leur série de première ronde contre les Monarchs de Manchester, les Senators faisaient face à l’élimination après trois parties. L’affectueux « pep talk » de M. Murray a donné le résultat escompté. Les Senators ont conservé une fiche de 16-4 par la suite.

Smith aurait quand même un conseil à donner aux jeunes, comme Rudolfs Balcers et Christian Wolanin, qui pourraient bientôt s’en retourner à Belleville.

« N’attendez pas aussi longtemps avant de vous mettre en marche. La coupe Calder est un trophée très dur à gagner. »