Les joueurs des Sénateurs gardent la tête froide face aux commentaires parfois négatifs les concernant qui sont partagés sur les réseaux sociaux.

Sénateurs: jouer avec les réseaux sociaux

La présente saison des Sénateurs a été mouvementée, c’est le moins qu’on puisse dire.

Mais il y a près d’un an, un événement très triste a mis la table au démantèlement de la formation qui avait atteint la finale de l’Est au printemps 2017 : le 20 mars, le capitaine Erik Karlsson et son épouse Melinda ont partagé la nouvelle que leur fils, qui devait s’appeler Axel, était mort-né.

Quelques mois plus tard, une procédure judiciaire intentée par cette dernière contre Monika Caryk, la fiancée d’un coéquipier de Karlsson, Mike Hoffman, alléguait – ça n’a pas été prouvé depuis – qu’une campagne d’intimidation sur les réseaux sociaux avait été menée par Caryk. Un commentaire dérogatoire avait notamment été laissé sous une photo du petit pied du bébé affichée par Karlsson sur son compte Instagram, auquel Karlsson avait répliqué en écrivant : « Comment peux-tu oser ? Tu as créé des faux comptes et acheté des comptes piratés pendant des mois pour nous harceler, moi et ma femme, mais ça c’est très bas même pour toi. Tu es une personne dégueulasse. »

Ça, c’est évidemment le mauvais côté des réseaux sociaux pour les athlètes de nos jours, alors que n’importe qui peut leur envoyer des messages négatifs sur les différentes plateformes où ils sont présents, comme Twitter, Instagram, Snapchat et, dans une moindre mesure, Facebook, vu qu’il est plus difficile de conserver l’anonymat sur ce dernier réseau.

Après ce triste épisode qui a mené à l’échange de Hoffman, passé aux Panthers de la Floride via San Jose pour tenter de réparer un « vestiaire brisé » selon le DG Pierre Dorion, suivi de l’échange de Karlsson aux Sharks et de l’épisode des critiques de joueurs envers l’entraîneur-adjoint Martin Raymond qui se sont retrouvées sur YouTube, les Sénateurs semblent passablement prudents avec ce qu’ils partagent sur les différents réseaux maintenant. Les joueurs assurent qu’il n’y a pas eu de mot d’ordre de la direction à ce sujet.

« Je pense que j’ai gardé pas mal la même façon de faire. Je n’ai jamais été un gars qui était ultra-actif et qui met plein d’affaires sur les réseaux sociaux. J’aime bien Instagram alors que tu peux voir les photos des gars que tu connais, avec qui tu as joué au hockey, confiait récemment le défenseur étoile Thomas Chabot. J’ai quand même toujours fait attention à ce que je mettais là-dessus et j’ai gardé la même vision. »

Alors que les critiques dirigées vers le capitaine d’Équipe Canada junior Maxime Comtois après son tir de punition raté en prolongation d’un match de quart de finale du dernier Championnat mondial junior ont été virulentes, Chabot mentionne qu’il a rarement été inondé de tels messages négatifs.

« Je n’ai jamais vraiment eu personne qui a dépassé les bornes. C’est certain que des fois, tu vas avoir un mauvais match et tu vas voir des affaires passer, mais ça fait partie de la business. Je n’y porte pas trop attention, je ne regarde pas trop souvent [les notifications] alors que c’est souvent négatif. [Twitter]c’est un réseau comme ça. Je ne cherche pas à la loupe pour voir ce que le monde dit à mon sujet », ajoute celui qui a été surnommé « Hotsam Batcho » par un populaire « influenceur » embauché par les Sénateurs sur ces réseaux, un dénommé Ben Milks (@bRian5or6).

Tête de turc d’une faction de partisans qui détestent sa façon de jouer, le défenseur Cody Ceci est présent sur Twitter avec plus de 30 000 abonnés, même s’il n’a jamais rien partagé là-dessus. « Je ne suis que sur Instagram maintenant, j’avais Twitter, mais je ne l’utilisais pas. Je n’avais rien à dire là-dessus. Je préfère Instagram pour tuer du temps sur la route, tu peux voir ce que tes amis font. Et entre joueurs, on se taquine un peu là-dessus... On l’a vu l’an passé, il faut faire attention là-dessus, mais il y a moyen de bloquer les commentaires, ou de garder ton compte privé. Moi, je ne laisse que mes amis commenter mes photos », a-t-il expliqué.

Les plus jeunes joueurs du club sont aussi sur le réseau plus privé qu’est Snapchat, « dont je me sers juste pour parler à mes chums », mentionne l’attaquant Anthony Duclair.

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PLUS DE « CHROCHET BLEU » POUR BOBBY RYAN

Bobby Ryan était « arrivé hot » à Ottawa en juillet 2013, son gazouillis sur Twitter devenu viral venant confirmer l’échange qui l’amenait d’Anaheim dans la foulée du départ de Daniel Alfredsson pour Détroit.

Près de six ans plus tard, le vétéran des Sénateurs a effacé son compte officiel sur ce réseau social il y a deux ans, délaissant ses 256 000 abonnés et son petit crochet bleu confirmant son identité.

« Il n’y a pas eu un incident en particulier pour moi. J’étais dans une léthargie et nous vivons dans un monde où tout le monde est un expert maintenant. C’est devenu pesant alors qu’il y a des gens qui cherchent à te rabaisser. Je répondais aux gens parfois et j’ai un caractère bouillant parfois, et ma femme m’a dit, ‘Qu’est-ce que tu retires de ça ? Tu ne sais pas qui sont ces gens, ils savent qui tu es, tu ne gagneras pas la bataille’. Après y avoir pensé, je ne suis dit qu’il valait mieux débarquer, ça ne faisait que mettre des pensées négatives dans ma tête. J’ai lâché Instagram et Facebook aussi, c’est rafraîchissant. Je surveille un peu les gars là-dessus cependant », a-t-il confié au Droit cette semaine.

Ryan n’est pas présent « officiellement » sur ces réseaux, mais dans le cas de Twitter et Instagram, il a un compte où il demeure incognito et observe ce qui se passe. « Honnêtement, de la façon dont le monde fonctionne maintenant, c’est là (Twitter) que l’on obtient la plupart de nos nouvelles. Donc j’y vais à l’occasion, j’essaie de limiter mon temps, surtout quand je suis à la maison avec mes enfants. Je vérifie les résultats de matches de hockey et j’obtiens mes nouvelles du monde là-dessus. C’est tout. Je ne passe plus autant de temps qu’avant, et je n’ai plus mon check mark », ajoute-t-il.

Ryan et Mark Borowiecki sont les seuls Sénateurs à ne plus être sur ces réseaux, ce dernier ayant abonné son compte (@borocop) il y a quelques années. Son épouse Tara y est présente cependant. 

Le DG Pierre Dorion est aussi incognito sur Twitter alors qu’au moins cinq comptes parodient l’homme de hockey d’Orléans.