L’annonce d’une interruption des activités de la LNH a forcé un changement de destination pour le vol nolisé des Sénateurs d’Ottawa, qui sont rentrés dans la capitale nationale après leur match à Los Angeles.

Saison suspendue dans la LNH: les Sénateurs dans le néant

LOS ANGELES — Comme le reste de la LNH, les Sénateurs d’Ottawa doivent faire une pause forcée pendant que l’Amérique du Nord compose avec la menace posée par le coronavirus COVID-19.

Alors que l’équipe devait quitter la Californie jeudi matin en direction de Chicago pour son match de vendredi contre les Blackhawks, l’annonce par le commissaire de la LNH d’une interruption des activités de son circuit a forcé un changement de destination pour le vol nolisé du club, qui est rentré dans la capitale nationale.

L’incertitude règne maintenant quant à savoir quand — ou si — les 12 derniers matches de son calendrier régulier seront disputés. Les Sénateurs, qui devaient recevoir les Oilers d’Edmonton mercredi prochain pour leur prochain match local au Centre Canadian Tire, sont désormais en mode attente. Ils ne pourront pas tenir d’entraînement et doivent en théorie s’imposer une quarantaine personnelle.

« Nous appuyons totalement les mesures prises par la LNH de suspendre les opérations pendant cette épidémie de coronavirus (COVID-19), a écrit l’équipe dans un communiqué jeudi. La santé et la sécurité de notre communauté, de nos partisans, des joueurs et du personnel de l’équipe demeurent notre priorité alors que cette situation continue de se développer. »

Cette interruption de la saison 2019-2020 alors que les Sénateurs occupent le 30e rang du classement général (fiche de 25-34-12) pourrait mener à une annulation sans précédent de celle-ci.

Ça voudrait dire que le revers de 3-2 aux mains des Kings de Los Angeles pourrait avoir été la dernière occasion pour le gardien Craig Anderson de défendre les couleurs de l’équipe, lui dont le contrat vient à échéance cet été. S’il est acquis qu’il ne sera pas de retour avec l’émergence de Marcus Högberg et le fait qu’Anders Nilsson est déjà sous contrat, il reste à voir si le cerbère de 38 ans accrochera ses patins et jambières pour de bon.

« Je me sens bien, je pourrais jouer un autre 10 ans », a-t-il blagué quand le Droit lui a demandé si ça lui avait traversé l’esprit après le match.

« Tu ne peux pas t’inquiéter en pensant aux ‘si’ et à la spéculation. Nous, les joueurs, ne sommes pas bons avec ça. Nous allons rester dans notre bulle et déterminer ce qu’on doit faire pour rester en sécurité et s’assurer que cette chose-là (le virus) reste en-dehors de nos maisons », a-t-il ensuite ajouté sur un ton plus sérieux.

Séparé de sa famille qui réside en Floride, Anderson s’inquiétait surtout pour son épouse et ses enfants.

« C’est le ‘spring break’ pour eux. Mon épouse a eu un cancer (en 2016-2017), donc son système immunitaire qui a été compromis, donc c’est définitivement dans mon esprit qu’il y a des choses à faire pour se protéger. On va espérer que tout le monde va rester en sécurité et qu’on pourra nettoyer ça assez rapidement », a-t-il noté à ce sujet.

Son coéquipier Bobby Ryan, qui a compté un but dans ce match, a indiqué qu’il n’avait pas été trop difficile de se concentrer à jouer, malgré la nouvelle de l’annulation des matches dans la NBA annoncée pendant la séance de réchauffement.

« Je n’ai pas eu de difficulté à bloquer ça de mon esprit vu qu’on n’avait que des bribes de nouvelles, et je me suis dit que les nouvelles seraient les mêmes deux heures plus tard (après le match). Nous y allons y aller au jour le jour maintenant, ça a de l’air », a-t-il mentionné après le match.

« Il y a un peu d’anxiété, mais ça donne rien de trop s’en faire avec ça, ça ne fera pas de bien. On va attendre de voir ce qui va se passer et on révisera notre situation plus tard, j’imagine », a-t-il ajouté.

« Tout ce qu’on peut faire, c’est être des professionnels et être prêts à jouer. On va écouter ce que la ligue va nous dire de faire », a pour sa part souligné l’entraîneur-chef D.J. Smith.

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UNE PAUSE QUI TOMBE MAL

LOS ANGELES — Pour un joueur comme Jayce Hawryluk, la pause obligatoire décrétée par la LNH jeudi ne pouvait survenir à un pire moment.

L’attaquant acquis au ballottage par les Sénateurs le mois dernier montrait de belles choses depuis son arrivée, étant utilisé régulièrement par D.J. Smith. L’ancien des Panthers de la Floride a compté son deuxième but avec eux mercredi soir contre les Kings, faisant dévier habilement un tir d’Andreas Englund.

Il totalise ces deux buts ainsi que cinq passes en seulement 11 matches avec Ottawa.

« J’aime évident produire pour cette équipe. J’essaie de faire les petites choses de la bonne façon, soir après soir. Je donne tout ce que j’ai et quand je compte, c’est un bonus. Mais je ne me concentre pas là-dessus d’abord », a indiqué Hawryluk tard mercredi soir.

Peu habitué d’être invité à tenir un point de presse d’après-match, il a trouvé bien drôle de se retrouver derrière un lutrin placé à bonne distances des représentants des médias dans une petite salle du Staples Center.

Mais quand il s’est fait demander de commenter la situation dans laquelle la LNH se retrouvait à ce moment-là, avant de savoir que la saison était interrompue jeudi, il a été assez éloquent.

« C’est évidemment très malheureux. On laisse ça entre les mains de la LNH et de l’AJLNH (Association des joueurs de la LNH), ils vont faire ce qui est le mieux pour nous protéger ainsi que les partisans, évidemment. On ne veut pas voir les gens venir aux matches et contracter le virus, puis le répandre. Il faut faire ce qui doit être fait », a-t-il affirmé.