Bobby Ryan a complété la stratégie d'Erik Karlsson et compté son troisième but de la série, son deuxième but gagnant.

Ryan tranche encore

BOSTON - Gord Downie a déjà écrit que la Nouvelle-Orléans coulait mais là, c'est son club favori de Boston dont la barque prend l'eau dangereusement.
Les Sénateurs d'Ottawa ont poussé les Bruins, club favori du chanteur des Tragically Hip qui était dans une loge avec Bobby Orr au TD Garden de Boston pour l'occasion, au bord du précipice de l'élimination grâce à une victoire de 1-0 mercredi soir, un troisième gain de suite pour eux.
Un but de Bobby Ryan à 5:49 du troisième tiers a fait la différence dans ce duel de gardiens entre Craig Anderson et Tuukka Rask, remporté par le premier alors qu'il a effectué 22 arrêts pour son quatrième blanchissage en carrière en séries éliminatoires.
Les Sénateurs mènent ce quatre de sept 3-1 alors que le duel se transportera à nouveau au Centre Canadian Tire vendredi soir pour le cinquième match, occasion où ils pourraient se qualifier pour la deuxième ronde des séries pour la première fois depuis qu'ils ont éliminé le Canadien au premier tour en 2013.
Ryan a complété la stratégie d'Erik Karlsson pour son troisième but de la série, son deuxième but gagnant de suite après celui en prolongation lundi. Karlsson a accepté une passe de Derick Brassard à la ligne bleue et lui a décoché un tir/passe que l'attaquant américain a d'abord capté avec son patin avant de l'envoyer à son bâton, avec lequel il a compté à sa deuxième tentative, au grand désespoir de Rask et du défenseur Zdeno Chara.
« J'ai failli abandonner sur ce jeu, j'ai attendu juste assez longtemps pour voir la rondelle arriver. Ensuite j'ai eu besoin d'une couple d'essais pour tout juste pousser la rondelle au-delà de la ligne des buts... J'essaie juste de faire oublier ma décevante saison régulière, rester dans le moment présent. À date, ça va bien », a commenté Ryan.
Les Bruins pensaient avoir ouvert le pointage à mi-chemin du deuxième tiers quand un tir de la pointe de Charlie McAvoy s'est frayé un chemin derrière Anderson, sauf qu'une vingtaine de secondes plus tôt, Noel Acciari était entré dans la zone des Sénateurs avant la rondelle. Guy Boucher a demandé que le jeu fasse l'objet d'une révision vidéo et il a remporté son pari, le but étant refusé assez rapidement.
« C'est la première fois qu'on gagne une telle révision vidéo. Notre entraîneur responsable du vidéo a fait du bon travail là-dessus, il criait fort pour que Martin Raymond l'entende malgré la foule qui était bruyante, on n'entendait rien. Les autres fois, peut-être que quelqu'un avait des meilleures lunettes que moi, a dit l'entraîneur-chef Guy Boucher. On avait bien averti les gars que les Bruins nous donneraient leur meilleur match, comme les autres clubs qui étaient en arrière dans leurs séries et qui avaient tous gagné en jouant du hockey de désespoir (mardi soir). »
Les deux gardiens ont été particulièrement solides lors du premier tiers, alors qu'Anderson a frustré Brad Marchand qui s'amenait seul devant lui au début et à la fin de l'engagement. À la deuxième occasion, il a plongé de tout son long pour le harponner, mais la peste des Bruins a pris un tir, qu'Anderson a arrêté de la jambière vu qu'il a été incapable de soulever le disque. « J'ai essayé de faire comme Johnny Bauer. Dans le junior, j'avais eu Johnny Bauer pour une journée. J'ai eu des tirs par bourrées, je pense que j'étais prêt et beaucoup de crédit doit aller à nos gars, qui ont fait du bon travail devant moi », a souligné Anderson.
Pour ne pas être en reste, Rask s'est illustré lui aussi alors que Karlsson s'est amené seul devant lui en demi-échappée, effectuant l'arrêt de la mitaine. Ottawa a décoché 27 tirs vers son filet.
Les Sénateurs ont perdu les services de l'attaquant Tom Pyatt tôt au premier tiers quand celui-ci a été frappé solidement par le défenseur des Bruins Kevan Miller. Il a semblé être atteint à la tête et le club a annoncé qu'il ne reviendrait pas en raison d'une blessure au haut du corps.
Autre jeu « surhumain » de Karlsson
BOSTON - Un autre match de séries, une autre passe savante d'Erik Karlsson.
Le capitaine des Sénateurs a préparé le seul but des siens en effectuant un tir/passe que Bobby Ryan a pu pousser dans le fond du filet pour l'unique but de la rencontre.
«Physiquement, nous n'étions pas à notre meilleur, mais mentalement, nous l'étions. Nous avons été sur les talons au début de la rencontre et 'Andy' (Craig Anderson) a été notre roc avec de gros arrêts et il a probablement volé ce match. Ensuite, on a trouvé un moyen de gagner. C'était le premier match où on ne l'avait pas au début», a commenté Karlsson.
Ses coéquipiers secouaient la tête en parlant de cet autre jeu clé réussi par l'ancien récipiendaire du trophée Norris à deux reprises. «C'était une passe de calibre mondiale», a commenté Ryan.
«On est habitué en jouant toute la saison avec lui de le voir faire des jeux de la sorte. Mais là, en séries, il est surhumain. Ce jeu qu'il a fait à la ligne bleue, il y a bien peu de défenseurs au monde qui aurait fait ça», a souligné le centre Zack Smith.
Karlsson, auteur de cinq passes en quatre parties, a ainsi rejoint Martin Havlat au sixième rang pour les passes en séries dans l'histoire des Sénateurs avec 20.
Les Bruins ne pouvaient que lever leur chapeau à lui et Anderson, auteur du jeu blanc. 
«Anderson a effectué les arrêts pour eux, donnez-lui le crédit. Il a arrêté Brad Marchand à plusieurs occasions (six tirs) et ça a fait la différence. Karlsson, lui, est une super-vedette, il est très difficile de l'empêcher de faire des jeux», a souligné l'entraîneur-chef par intérim Bruce Cassidy.