Même si son doigt est fragile, Bobby Ryan n’a pas hésité à se dresser devant Zdeno Chara lors de la visite à Boston.

Ryan n’abandonnera pas la barque

La barque des Sénateurs prend l’eau depuis déjà un bon moment, mais Bobby Ryan n’a pas l’intention de l’abandonner pour régler sa blessure à l’index de la main gauche une fois pour toutes.

Le joueur le mieux rémunéré de l’équipe ne veut surtout pas être perçu comme un déserteur.

« J’en parlais avec “Smitty” (Zack Smith) quand il était à l’infirmerie avec moi. Tu ne joues pas à ton meilleur quand tu dois composer avec une blessure, mais tu veux quand même faire n’importe quoi pour jouer. Tu ne ressens pas que tu as le droit de prendre congé alors qu’on traverse ce qu’on vit présentement. Tu ne peux pas prendre le droit de retrouver la santé quand tous les autres essaient de passer à travers la tempête dans laquelle on se retrouve », a-t-il raconté après la pratique de jeudi.

« Je ne peux pas parler pour les autres joueurs, mais ils savent ce que je dois faire pour jouer. Je veux faire partie du processus et faire partie de la solution, au lieu de me retrouver sur les lignes de côté. Je vais laisser les autres décider si c’est bon ou pas bon pour moi de jouer. Moi, je suis ici jusqu’au bout », a-t-il ajouté.

Ce que Ryan doit faire après avoir encaissé un autre coup de bâton sur son index fracturé en bloquant un tir à la fin octobre, c’est subir une injection avant chaque partie pour geler celui-ci. Une pratique qu’il avait abandonnée il y a quelques parties, avant de recevoir un coup de bâton lors du match de la semaine dernière à Tampa Bay. Il n’y a pas eu de fracture cette fois, sauf que l’équipe a jugé bon de le reposer pour le match de samedi dernier en Floride, avant la pause de Noël de trois jours. Il a donc pu revenir au jeu mercredi soir à Boston.

« Les quelques jours de congé ont fait du bien, c’était pas mal enflé et irrité, c’est le meilleur mot que j’utiliserais. Ces quatre jours sans mettre de pression dessus ont aidé, mais j’ai recommencé à le geler (pour les matches) en attendant que ça se calme à nouveau. On dirait que je fais un pas en avant avec ça pour ensuite en faire trois vers l’arrière », a-t-il noté, se disant maintenant habitué aux injections dans son doigt amoché. 

L’attaquant américain avait connu d’excellentes séries éliminatoires le printemps dernier après une autre campagne décevante marquée par différentes blessures aux mains, et il a peine à se faire justice encore une fois cette saison alors qu’il n’a que 4 buts et 9 passes à sa fiche en 26 matches. Six de ses mentions d’assistance ont été obtenues en début de saison, quand il formait un dangereux trio avec Derick Brassard et Mark Stone, ligne démantelée quand il s’est blessé et a raté huit parties à la fin octobre et au début de novembre.

« Quand le doigt est gelé, parfois tu te sens comme si tu n’avais pas ta main du bas sur ton bâton, et c’est le doigt le plus important pour manier le bâton et faire différentes feintes. Là, tu sais que la rondelle est sur ta palette, mais tu n’as pas de sensation. Tu essaies juste d’avancer avec la rondelle et de faire quelque chose. Au moins, quand c’est gelé, ça ne fait pas mal. Si ça l’avait été, je n’aurais pas senti le cinglage (à Tampa Bay) avant le lendemain probablement », a-t-il relaté.

Il a essayé d’ajouter de la protection à l’intérieur de son gant, mais quand il y en a trop, il a encore plus de difficultés à avoir des sensations pour manier la rondelle. Il attend une nouvelle paire de gants d’un manufacturier différent d’ici quelques jours, mais vraiment, « je ne sais pas quoi faire d’autre », dit-il.

« C’est juste une malchance incroyable. Je suis rendu à six blessures au même doigt, trois étaient des tirs bloqués, trois étaient des coups de bâton. Il n’y a rien à faire contre ça », a-t-il ajouté.

Son entraîneur Guy Boucher n’a rien à redire sur ses performances, notant qu’il a joué avec beaucoup d’énergie mercredi à Boston. Celui-ci pense qu’il n’y a pas de ses joueurs qui commencent à se balancer un peu des résultats et qui attendent juste un échange pour changer d’adresse. « Au contraire, tout le monde a le club tellement à cœur... Ils cherchent à en faire trop et parfois dans ce temps-là, tu gèles face à l’adversité au lieu de te battre ou de fuir, qui sont deux autres façons de l’affronter », a-t-il dit.

CLAESSON SUSPENDU POUR DEUX MATCHS

Le préfet de discipline de la LNH George Parros a tranché jeudi et le défenseur des Sénateurs Fredrik Claesson a été suspendu deux matches pour son coup à la tête de l’attaquant des Bruins Noel Acciari de mercredi qui lui avait valu une majeure et une inconduite de partie. 

Il ratera donc les parties de vendredi et samedi contre Columbus et Boston, en plus de voir son salaire pour ces deux parties (une somme de 6989,24 $ US) être versé au Fonds d’aide en cas d’urgence pour les joueurs. 

Avant de connaître le verdict rendu en fin d’après-midi. Guy Boucher n’avait pas trop voulu commenter la légalité du coup, jugé comme ayant été avec la tête comme point principal de contact selon le vidéo explicatif mis en ligne par la LNH. 

« C’est difficile à dire et d’abord et avant tout, ce que je pense ne compte pas, et puis s’il y a 10 personnes dans une salle pour évaluer (le coup), il pourrait y avoir six ou sept opinions différentes. On verra ce qui va arriver... Il (Claesson) ne cherchait à arracher la tête de personne, il n’est pas ce genre de joueur. On va espérer pour le mieux, mais la ligue va décider avec les précédents qu’elle a en main et on va vivre avec la décision », a indiqué le pilote des Sénateurs, qui insérera Ben Harpur dans son alignement pour remplacer l’arrière suédois, suspendu une première fois en carrière.

LES SÉNATEURS EN BREF

Blessure mineure pour Brassard

Le centre gatinois Derick Brassard était le seul absent lors de la pratique des Sénateurs de jeudi au CCT, mais son patron Guy Boucher a laissé entendre après celle-ci qu’il n’y a pas de danger qu’il rate le rendez-vous contre son club original, les Blue Jackets, vendredi soir. 

« Il va être là. Il lui est arrivé quelque chose de mineur pendant le match (à Boston mercredi) et il valait mieux être prudent, mais il va être de la pratique matinale de demain et du match », a assuré Boucher.

Papa Phaneuf

Le défenseur Dion Phaneuf a parlé pour la première fois de la naissance de sa fille Zaphire, arrivée dans le monde jeudi dernier quand sa conjointe Elisha Cuthbert a accouché. 

« Je n’aime pas rater des parties, mais c’était une expérience incroyable d’être présent pour ça. C’était le plus beau jour de ma vie. Tu ne peux pas l’expliquer tant que tu ne l’as pas vécu, il n’y a pas de mots pour décrire la sensation et je n’oublierai jamais ça... Je suis tellement heureux que notre fille soit en santé et que maman aille très bien », a dit Phaneuf, qui a manqué les deux matches en Floride pour être présent à cette occasion. 

Au sujet du nom original donné au poupon, Phaneuf a mentionné que « nous avons tous deux des noms différents et c’est un peu ce qu’on recherchait. On pensait que Zaphire était spécial, comme est l’est pour nous ».

Entre les lignes

Guy Boucher a été critiqué par certains parce qu’il n’a pas tenu de pratique matinale mercredi à Boston, mais il maintient que ça n’aurait rien changé. « Il aurait fallu se lever à 6 h du matin pour se rendre là-bas... On a joué des matches sans pratique matinale souvent, ça n’a pas d’impact, il faut juste être prêt mentalement », a-t-il dit. Nate Thompson était d’accord pour dire que son club n’a pas besoin de plus d’entraînements. « Pour nous, présentement, le problème est entre les deux oreilles », estime-t-il.

Boucher a désigné Mike Condon comme partant pour le match de vendredi soir contre Columbus.

L’entraînement matinal des Sénateurs de vendredi à 10 h 30 sera ouvert au public en marge de la Coupe de la capitale Bell.