Bobby Ryan était partagé entre son désir de voir ses anciens coéquipiers vaincre le Canada aux Jeux de Sotchi et celui de voir les dirigeants de l'équipe américaine mal paraître.

Ryan mis au défi de lancer plus souvent

Puisque les Sénateurs d'Ottawa ont subi seulement un revers en temps réglementaire à leurs huit derniers matches, tous les membres de l'organisation ont pu savourer comme il se doit une soirée de congé à Nashville, une des villes les plus charmantes et vibrantes de toute la Ligue nationale de hockey.
Mais ça, c'était jeudi. Vendredi après-midi, Paul MacLean a dirigé une séance d'entraînement assez intense au Bridgestone Arena.
Plus tard, en discutant avec les journalistes, il a lancé un petit défi personnel à Bobby Ryan.
«Si je ne m'abuse, Jason Spezza est présentement notre meneur dans la catégorie des tirs au but. Il en a décoché 130. Bobby en totalise 117. J'aimerais voir Bobby rattraper Jason...»
MacLean aurait intérêt à consulter avec plus de diligence les documents de statistiques qui lui sont fournis. À l'heure actuelle, Erik Karlsson domine avec 139 tirs au but. Kyle Turris le suit. Spezza arrive au troisième rang - sans doute parce qu'il a raté cinq parties. Il a obtenu 120 tirs.
On comprend quand même son message. Ryan est quatrième avec 116 tirs. On le paie pour marquer des buts. Il n'en a pas inscrit un seul à ses quatre dernières rencontres.
Souvent, les joueurs à qui l'entraîneur demande de lancer plus souvent rouspètent. Ce n'est pas le cas du numéro 6. Il est parfaitement d'accord avec MacLean. Pas question pour lui de s'obstiner. «Paul me dit que je devrais terminer chaque match avec six ou sept lancers. Dernièrement, il m'est arrivé trop souvent de me contenter d'un ou deux tirs vers le filet adverse», reconnaît-il.
À la recherche de solutions, Ryan a passé beaucoup de temps à regarder des vidéos dernièrement. Ses constats sont sévères. «Je joue un peu trop en périphérie. Je fais trop de passes. Je devrais être un peu plus égoïste.»
Il estime qu'il aurait intérêt à se montrer plus précis, aussi. Quand est venu le temps de revenir sur sa performance de mercredi soir, à Denver, il s'est comparé à un mauvais botteur de la NFL. «Tous mes lancers manquaient de précision. C'était soit trop haut, trop à gauche ou trop à droite», dit-il avec une petite pointe d'humour.
Les excuses de Poile
En plus de s'amuser avec ses coéquipiers, Bobby Ryan a profité de sa seule visite de l'hiver 2014 à Nashville pour discuter avec le directeur général des Predators et de l'équipe olympique américaine, David Poile.
En fait, Poile a personnellement demandé à le rencontrer pour s'excuser. Les propos tenus par certains membres du personnel de USA Hockey à son égard l'ont visiblement plongé dans l'embarras.
«Il n'avait rien de nouveau à me dire, vraiment. Il avait déjà offert ses excuses dans les médias. Il voulait les répéter devant moi. C'était gentil de sa part.»
Poile ne veut visiblement pas brûler les ponts avec un des meilleurs marqueurs américains de la LNH. Ryan, comme plusieurs autres joueurs exclus, pourrait toujours obtenir un billet pour Sotchi si jamais un autre joueur se blesse.
Le principal intéressé n'y pense pas.
«Je ne sais pas comment je réagirai si jamais USA Hockey me lance une autre invitation. Je vois mal comment je pourrais tourner le dos à mon pays. On verra.»