P.K. Subban s'est retrouvé au coeur de la rivalité Sénateurs-Canadien.
P.K. Subban s'est retrouvé au coeur de la rivalité Sénateurs-Canadien.

Rivalité Sénateurs-Canadien: MacLean a fait son possible

Pour survivre, les bonnes rivalités sportives ont besoin de protagonistes de grande qualité. Michel Bergeron et Dale Hunter, par exemple, sont devenus de formidables ennemis pour le Tricolore, dans les années 1980.

En 2013, Paul MacLean a fait tout ce qu’il a pu.

On s’en souvient. Les Sénateurs et le Canadien s’affrontaient, en séries, pour la toute première fois. Le match numéro un venait de débuter, au Centre Bell, quand un premier joueur est tombé au combat.

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L’attaquant Lars Eller avait la tête basse. Le défenseur ottavien Eric Gryba ne lui a pas fait de cadeau.

Les partisans du Canadien étaient déjà outrés, en fin de soirée, quand MacLean s’est présenté au podium. Et l’entraîneur-chef des Sénateurs a soufflé sur les braises. Selon lui, le défenseur Raphael Diaz avait placé Eller dans une position délicate, en lui servant une passe dans les patins. Et il n’avait même pas eu la décence de nommer Diaz.

Il a parlé du «défenseur au numéro 61».

Dans la semaine qui a suivi, MacLean a poursuivi les déclarations habiles. Il a provoqué un peu tout le monde, à Montréal. Il avait surtout l’air d’embêter son vis-à-vis Michel Therrien.

«Paul a joué dans les années 1980 et 1990. Il a vu les grosses années de la rivalité opposant les Oilers aux Flames. Il a vu une ficelle sur laquelle il pouvait tirer. Il voulait déstabiliser Michel Therrien. On peut dire qu’il avait bien fait ses devoirs», estime Martin McGuire.

Sept ans plus tard, le principal intéressé se défend bien d’avoir voulu en faire une guerre personnelle.

Dans un récent entretien téléphonique, MacLean nous a dit qu’il cherchait simplement à protéger ses propres joueurs.

«Je comprends que j’ai fini par jouer un grand rôle dans cette série, dit-il. Dans une série, mon rôle premier consiste à protéger mon équipe, de façon à ce que mes joueurs puissent se concentrer sur le hockey.»

«Chaque jour, c’est ce que j’avais en tête durant mes conférences de presse.»

À Ottawa, dans un marché médiatique de petite taille, on trouve rarement plus de 10 journalistes dans le vestiaire des Sénateurs.

L'ancien entraîneur-chef des Sénateurs, Paul MacLean

Au Centre Bell, en séries, le vestiaire du club visiteur devient parfois trop petit. Une cinquantaine de représentants des médias peuvent jouer du coude, avec leurs caméras, leurs micros et leurs dictaphones.

«Ça pouvait devenir intimidant, croit MacLean. Ce véritable assaut médiatique pouvait jouer contre nous. Je ne voulais pas que les joueurs en prennent trop sur leurs épaules. J’ai agi en conséquence.»

MacLean conserve de bons souvenirs de cette série. Il a bien aimé les affrontements entre les Sénateurs et le Canadien en saison régulière, également.

«J’ai toujours trouvé que la réputation de la Bataille de l’Ontario était un peu surfaite. En ce qui me concerne, les plus grands rivaux des Sénateurs sont à Montréal, pas à Toronto.»

Le tour de Subban

En 2015, quand Ottawa et Montréal se sont retrouvés au premier tour des séries, le portrait avait changé. Le personnage qui s’est retrouvé sous les projecteurs, cette année-là, portait un gilet bleu, blanc et rouge.

P.K. Subban a très vite ciblé le meilleur attaquant adverse. Un petit coup de bâton bien placé, dans le match numéro un a pratiquement sorti Mark Stone de la série.

«P.K. savait, instinctivement, ce qui nourrissait le public. Ses performances sur la glace ont diminué, depuis, mais il est toujours un crowd pleaser. Moi, j’ai fait tout ses matches avec le CH. Je peux vous dire qu’il était toujours à son meilleur contre Boston et Ottawa», dit McGuire.

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L'attaquant Brady Tkachuk est reconnu pour son jeu physique. Pourra-t-il relancer la rivalité opposant son équipe aux Canadien.

TKACHUK PEUT-IL RALLUMER LA FLAMME ?

Les plus belles années de la rivalité opposant Ottawa et Montréal sont peut-être devant nous.

Deux intervenants que nous avons interviewés, dans la préparation de ce reportage, ont affirmé que Brady Tkachuk avait toutes les qualités requises pour devenir un des principaux ennemis du public montréalais.

«Tkachuk est déjà un joueur formidable pour cultiver la haine chez ses adversaires», estime Martin McGuire.

Le jeune leader des Sénateurs a joué deux matches au Centre Bell, cet automne. Chaque fois, il a marqué.

Il a ensuite écopé de 19 minutes de pénalité, le 22 février dernier, lorsque le Canadien a effectué sa dernière visite au Centre Canadian Tire.

«Tkachuk peut raviver tout ça parce qu’il se fera un plaisir de brasser les joueurs du CH», croit Alexandre Picard. 

«On va toujours le comparer avec Jesperi Kotkaniemi, qui a été repêché juste avant lui. En ce moment, les gens estiment que Tkachuk est en avance. Est-ce que ça va rester comme ça?»