Les récentes performances d’Anthony Duclair font regretter aux Blue Jackets de Columbus de l’avoir échangé.

Retrouvailles en vue pour Duclair

Anthony Duclair va retrouver ses anciens coéquipiers et surtout son ancien coach John Tortorella, lundi soir, en griffant des patins la glace du Nationwide Arena.

Les Sénateurs seront à Columbus pour y affronter les Blue Jackets, qui ont échangé l’attaquant québécois à Ottawa à la date limite des transactions en février dernier. En fait, ils s’en sont carrément débarrassés, insistant que son nom se retrouve dans le troc en compagnie des deux choix de deuxième ronde (2020 et 2021) en retour de l’ailier Ryan Dzingel.

On connaît la suite. Dzingel s’est joint aux Hurricanes durant l’été. Pendant ce temps, les Sénateurs se frottent les mains depuis le début de la saison.

Duclair, 24 ans, a amassé 10 buts et cinq passes en 23 parties. Mieux, il se pointe dans l’Ohio avec six points à ses quatre dernières parties.

« Nous voulons reconstruire ici... bâtir quelque chose de spécial. D’avoir pu obtenir Anthony en plus des choix dans cet échange, c’était une bonne chose », a soutenu le défenseur Thomas Chabot.

« C’est un jeune joueur qui avait déjà quelques années d’expérience dans la ligue. Il avait peut-être un peu moins d’opportunités à Columbus. Ici, il a saisi sa chance. Il joue bien depuis son arrivée la saison dernière. Il joue avec confiance. »

Surtout, Duclair s’amuse. Il l’a répété durant le week-end à sa sortie d’un entraînement axé sur les habiletés techniques, samedi, au Sensplex.

Il fallait le voir sourire, puis taquiner son coéquipier Brady Tkachuk, après avoir effectué quelques feintes.

« C’est le fun ici. Je me sens à l’aise depuis mon arrivée. L’équipe roule bien. Elle est jeune », a-t-il rappelé.

« Puis D.J (Smith) me donne plein d’opportunités... en désavantage numérique, en avantage numérique et en fin de match. Je joue dans presque toutes les situations. Je suis content comme les choses se passent pour moi en ce moment. »

Tout le contraire de la fin de son séjour chez les Jackets où Tortorella l’avait varlopé durant une mêlée de presse à Montréal.

De son retour à Columbus, Duclair dit que ce sera « le fun ». Qu’il continue d’échanger avec plusieurs joueurs.

« L’été passé, j’ai joué dans un match de charité organisé par le capitaine Nick Foligno à Sudbury. Presque tous les joueurs étaient là. C’était un bon groupe. Mais ça, c’est maintenant dans le passé. Mon attention est sur cette équipe-ci. »

Pas un mot toutefois sur Tortorella !

Il sera intéressant de savoir lundi ce que pense le coach des Jackets au sujet de l’éclosion de Duclair à Ottawa.

Un petit deux qu’il aura un commentaire coloré ou deux sur le joueur qui commence à gagner le cœur des partisans des Sénateurs.

À preuve, son chandail numéro 10 trouve preneurs. On peut en apercevoir quelques-uns ici et là dans les gradins dégarnis du centre Canadian Tire durant les matches.

Et ça, Duclair l’a remarqué.

« J’en ai vu quelques-uns. Je pense que je vais devoir signer un nouveau contrat avant de voir plus de chandails avec le numéro 10 ! Mais c’est sûr que c’est le fun », a soutenu l’ailier qui peut devenir joueur autonome avec restriction en 2020.

« L’appui que j’ai reçu ici des amateurs a été incroyable. Honnêtement, il y a de bons partisans. »

Duclair l’avoue. Il n’a pas eu l’habitude de voir des amateurs adopter son numéro depuis son arrivée dans la LNH.

« J’en ai vu quelques-uns en Arizona parce que j’ai été là-bas pendant deux ans et demi. Mais les autres places, je n’ai pas été là-bas assez longtemps », lance-t-il, sourire aux lèvres, en parlant de ses séjours à New York, Chicago et Columbus.

« J’espère être ici très longtemps. »

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UN PREMIER BUT TOUT QUÉBÉCOIS DEPUIS 1995 CHEZ LES SÉNATEURS

L’exploit est passé sous silence, vendredi soir, quand l’annonceur maison a pris la parole après le quatrième et dernier but des Sénateurs.

Anthony Duclair venait de marquer sur des aides de Jean-Gabriel Pageau et Thomas Chabot. Ce n’était pas un filet comme les autres dans ce gain de 4-1 contre les Rangers de New York. Un but sur une combinaison toute québécoise, c’est quelque chose de rare dans l’histoire moderne de la franchise qui dispute sa 27e saison depuis son retour dans la LNH.

Jean-Gabriel Pageau et Thomas Chabot ont récolté des passes sur le but d'Anthony Duclair, vendredi soir.

Seulement à trois reprises auparavant trois joueurs de la Belle Province avaient uni leurs efforts pour un filet des Sénateurs. La dernière fois ? En mai 1995 lors de la saison écourtée par un conflit de travail.

Ça se passait alors à l’ancien Thunder Dome de Tampa Bay lorsque Steve Larouche avait secoué les cordages sur des passes d’Alexandre Daigle et Sylvain Turgeon dans un gain de 4-3 contre le Lightning.

Les trois attaquants avaient aussi fait le coup dans un revers de 5-1 au centre municipal d’Ottawa, le 24 avril de la même saison. Puis trois jours plus tard, Sylvain Turgeon avait marqué, profitant des aides de Daigle et Michel Picard.

Cette saison 1994-1995 avait vu les Sénateurs miser sur plusieurs autres joueurs québécois, dont Daniel Laperrière et Claude Boivin. Vingt-cinq ans plus tard, l’équipe compte aussi sur J.C. Beaudin, un attaquant de soutien qui a disputé un 11e match à Ottawa, vendredi, contre les Rangers.

« C’est le fun quand tu regardes ça », a commenté Chabot au sujet du but tout québécois.

« Jean-Gabriel est en feu depuis le début de la saison. Il fait tout de la bonne façon sur la glace. Même chose pour Duclair. Il a des habiletés individuelles incroyables. Il est dangereux avec la rondelle. Il a tellement un bon lancer. »

« Nous nous entendons bien eux et moi, autant sur la glace qu’à l’extérieur de la patinoire. J’espère bien que ça va se produire encore plusieurs fois des buts comme ça ! Nous sommes trois gars en compétition un contre l’autre. Nous voulons nous améliorer, avoir du succès tout en aidant l’équipe à gagner. »