Le Gatinois Derrick Brassard estime qu'il n'y a pas de secret à revenir tout aussi affamé lors de la saison qui suit une telle élimination douloureuse.

Repartir à zéro

La mémoire est une faculté qui oublie.
Les preneurs aux livres de Las Vegas ne se souviennent apparemment pas que les Sénateurs d'Ottawa sont passés à un but en deuxième prolongation d'un septième match de vaincre les éventuels champions de la coupe Stanley, les Penguins de Pittsburgh, en finale de l'Est le printemps dernier.
Alors que le camp d'entraînement de la saison de leur 25e anniversaire dans la LNH s'amorce jeudi avec les tests physiques, ils ont appris au cours des derniers jours que leur cote de paris est de 40/1 pour mettre la main sur le précieux trophée en 2017-2018, à égalité au 19e rang avec les Panthers de la Floride, un club qui a raté les séries l'an passé. Leurs grands rivaux, les Maple Leafs de Toronto, sont à égalité au cinquième rang (14/1).
Un tel manque de respect pourrait être un élément de motivation pour les hommes de l'entraîneur-chef Guy Boucher, qui amorcera sa deuxième saison à la barre de l'équipe. Celui-ci devra cependant composer avec assez de complications au début de saison de son club, avec l'absence possible du capitaine Erik Karlsson pour le match inaugural du 5 octobre contre les Capitals de Washington, en plus de la perte du partenaire de ce dernier au cours de l'été, Marc Méthot, parti à Dallas via Vegas.
L'historique récent de cette équipe, qui a raté les séries éliminatoires la saison suivant ses deux plus récentes participations (en 2013 et 2015), peut aussi expliquer en partie les doutes qui persistent à son sujet.
Leur DG Pierre Dorion a répété sur toutes les tribunes au cours des dernières semaines qu'il est confiant d'avoir « un club capable de se qualifier pour les séries, et après, tout peut arriver », comme lors de l'épopée d'avril et mai dernier qui a vu son club éliminer successivement les Bruins de Boston et les Rangers de New York, avant de pousser les Penguins à la limite jusqu'au but décisif de Chris Kunitz.
Tout est cependant à recommencer à zéro maintenant.
« Il y a eu bien des soirs où tu es couché et tu restes éveillé en te demandant ce qui aurait pu se passer si les choses avaient été différentes. Mais tu mets cela de côté alors que l'été achève et tu te soucies du camp d'entraînement. La bonne chose avec moi est que je n'ai pas une bonne mémoire. J'ai hâte de créer de nouveaux souvenirs maintenant », a indiqué le gardien Craig Anderson plus tôt cette semaine.
Puis il a ajouté, au sujet de l'historique récent de hauts et de bas du club : « Là, vous essayez encore de faire fonctionner une mémoire que je n'ai pas ! »
Pour la plupart des membres de la formation, c'était une première incursion dans le top-4 de la LNH, et une première déception aussi vive dont il faut rebondir. Mais quelques vétérans ont vécu des situations similaires, notamment les Québécois Alexandre Burrows et Derick Brassard, qui ont perdu des finales de la coupe Stanley avec les Canucks de Vancouver et les Rangers de New York, respectivement.
Le Gatinois Brassard, qui ratera le début du camp alors qu'il récupère toujours d'une opération à l'épaule subie après l'élimination des siens, estime qu'il n'y a pas de secret à revenir tout aussi affamé lors de la saison qui suit une telle élimination douloureuse.
« À ce temps-ci de l'année, les gars sont excités de revenir. Avec les succès qu'on a connus l'an passé, ça va être un défi encore plus grand pour notre équipe. Tu regardes les équipes dans notre division, elles se sont pas mal toutes améliorées, c'est une des meilleures divisions dans le hockey. On a pas mal le même groupe qui revient encore, on a une bonne chimie et on a de beaux événements qui nous attendent cette année, comme le match à l'Île-du-Prince-Édouard en match présaison qui va nous permettre d'aller chez Dion (Phaneuf), ça va être bon pour l'esprit d'équipe. On va aller en Suède (en novembre, deux matches contre l'Avalanche), et il y a le match dehors (la Classique hivernale contre Montréal en décembre). Ça va être une année le fun. On rentre là avec confiance, on ne se met pas de pression, mais il faut réaliser aussi que les autres clubs vont nous attendre de pied ferme », affirme Brassard.
Une saison de rédemption pour Oduya
Acquis comme joueur autonome à la fin juillet pour compenser - un peu - la perte de Marc Méthot, Johnny Oduya est débarqué à Ottawa cette semaine rempli de bonnes intentions.
À 35 ans bien sonnés, ce défenseur qui a déjà gagné une coupe Stanley avec les Blackhawks de Chicago cherchera à faire oublier une campagne décevante partagée entre Dallas, où les Stars ont éprouvé toutes sortes de difficultés, et Chicago, balayé en première ronde par Nashville.
Johnny Oduya
Il n'a disputé que 52 parties en tout en raison de différentes blessures et parfois parce qu'il était laissé de côté, récoltant deux buts et sept passes en saison régulière au total.
«J'avais quelques options alors que j'attendais comme agent libre et je trouvais que cette équipe très compétitive représentait ma meilleure opportunité». C'est une situation attrayante pour un vétéran comme moi, qui veut faire partie de quelque chose de spécial... La saison dernière a été difficile avec les blessures, que je ne veux pas utiliser comme excuse, et là, c'est une saison de rédemption pour moi», a-t-il confié mercredi.
L'arrière suédois accordait sa première entrevue depuis qu'il a signé un contrat d'un an pour 1 million $, assorti de primes reliées à la performance qui pourraient lui rapporter un autre 1,25 M $.
Il a notamment été convaincu de s'amener dans la capitale par son compatriote Erik Karlsson, le capitaine du club qui se cherchera un nouveau partenaire à la ligne bleue une fois qu'il sera remis de son opération à la cheville gauche.
«J'ai évidemment parlé à Erik et il n'avait que du positif à me dire, à part qu'il peut faire froid parfois l'hiver. Mais c'est correct, on joue au hockey. J'ai déjà joué à Winnipeg (en 2011-2012) et j'avais aimé jouer au Canada. Parler à l'entraîneur (Guy Boucher) m'a aussi convaincu que mon expérience pourrait servir cette équipe», a indiqué Oduya, qui disait ne pas avoir discuté de la possibilité d'être le partenaire de Karlsson.
«Personne ne refuserait ce rôle, de jouer avec le meilleur défenseur au monde probablement. Mais pour moi, ça pourrait aussi de jouer avec un des jeunes défenseurs de l'équipe, il y a plusieurs options qui s'offrent aux entraîneurs.»
En bref
Fête des partisans
Les Sénateurs ont annoncé les détails de leur Fête annuelle des partisans qui aura lieu dimanche dans le cadre de leur camp d'entraînement.
Les amateurs auront l'occasion d'assister à quatre conférences de presse organisées à leur intention, en plus de deux séances d'entraînement, un match intraéquipe, des séances d'autographes, une vente de vestiaire ainsi que des jeux interactifs et du divertissement partout dans le Centre Canadian Tire. L'événement débutera avec une conférence du président Tom Anselmi, du DG Pierre Dorion et de son adjoint Randy Lee pour discuter de l'état de la franchise à 9 h, alors que le match intraéquipe aura lieu à 11 h 15.
Le capitaine Erik Karlsson répondra pour sa part aux questions du public à 12 h 30. Les frais d'admission pour la fête ont été fixés à 10 $ par personne, les profits de la journée allant à la fondation Bon Départ de Canadian Tire.
Matches hors-concours
Le calendrier présaison des Sénateurs comporte six parties, à commencer par la visite des Maple Leafs de Toronto lundi à 19 h 30 au CCT.
Le lendemain, les deux clubs s'affronteront à nouveau, au Air Canada Centre cette fois. Les Canadiens de Montréal s'amèneront le samedi 23 septembre, puis les Sénateurs se rendront à Summerside, à l'Île-du-Prince-Édouard, contre les Devils du New Jersey le lundi 25.
Ils iront ensuite à Winnipeg le 27, avant de conclure l'avant-saison avec une visite au Centre Bell de Montréal le samedi 30 septembre.
Leur club-école de Belleville disputera également un match hors-concours contre les Gee Gees de l'Université d'Ottawa pour une deuxième année de suite, le vendredi 22 septembre.
Quatre victimes
Les Sénateurs ont invité 19 des 23 joueurs qui étaient à leur camp de recrues en fin de semaine dernière à leur camp principal.
Les quatre joueurs retranchés avaient tous des contrats d'essai amateur, soit le gardien Kevin Bailie (université Queen's) et les attaquants Bobby Dow (de Kemptville dans la Ligue centrale), Matteo Gennaro (Calgary, LHOuest) et Jordan Topping (Tri-City, LHOuest). 
L'attaquant suisse Pius Suter, qui était à l'essai avec les recrues alors qu'il a été prêté par son club (Zurich), sera du camp principal.
Les joueurs seront répartis en deux clubs et il est intéressant de noter que Clarke MacArthur se retrouve à nouveau dans un groupe différent que le défenseur Patrick Sieloff, celui qui lui avait servi une solide mise en échec lors du troisième jour du camp de l'an dernier pour lui infliger sa troisième commotion cérébrale en 18 mois.
Les 57 invités au camp des Sénateurs
Gardiens : Craig Anderson, Mike Condon, Chris Driedger, Andrew Hammond, Marcus Hogberg, Danny Taylor.
Défenseurs : Charles-David Beaudoin, Mark Borowiecki, Erik Burgdoerfer, Cody Ceci, Thomas Chabot, Fredrik Claesson, Cody Donaghey, Andreas Englund, Macoy Erkamps, Ben Harpur, Christian Jaros, Erik Karlsson*, Maxime Lajoie, Jordan Murray, Johnny Oduya, Dion Phaneuf, Patrick Sieloff, Chris Wideman.
Attaquants : Drake Batherson, Mike Blunden, Derick Brassard* , Logan Brown, Alex Burrows, Filip Chlapik, Chris DiDomenico, Vincent Dunn, Ryan Dzingel, Kyle Flanagan, Alex Formenton, Gabriel Gagné, Mike Hoffman, Parker Kelly, Clarke MacArthur, Max McCormick, Jean-Gabriel Pageau, Nick Paul, Francis Perron, Tom Pyatt, Tyler Randell, Max Reinhart, Jack Rodewald, Bobby Ryan, Ben Sexton, Zack Smith, Mark Stone, Pius Suter, Nate Thompson, Kyle Turris, Chris VandeVelde, Colin White, Brendan Woods.
*Blessés pour le début du camp