Les 32 arrêts de Craig Anderson ont permis aux Sénateurs de récolter une victoire de 4 à 2 face aux Sabres à Buffalo, mercredi soir.

Qui gagne perd

BUFFALO — C’est une mince, très mince consolation à la fin de cette saison d’enfer. Quoique certains partisans seront déçus parce que les chances de repêcher au premier rang en juin prochain à Dallas seront réduites.

Les Sénateurs d’Ottawa ne termineront pas au dernier rang du classement général de la LNH grâce à une victoire de 4-2 aux dépens des Sabres de Buffalo mercredi soir devant 18 919 amateurs au KeyBank Center, ces derniers s’assurant d’avoir les meilleures chances à la loterie du repêchage pour la deuxième fois en quatre ans.

Les hommes de Guy Boucher ont été moins pire que les pauvres Sabres même sans leurs deux meilleurs joueurs, Erik Karlsson — resté à Ottawa avec sa conjointe pour les raisons que l’on sait — et Mark Stone — toujours blessé — alors qu’ils ont aussi dû se débrouiller sans leur plus haut salarié, Bobby Ryan, après une première période où il s’est blessé au bas du corps.

Ottawa, troisième pire club à l’étranger dans la LNH cette saison (fiche de 12-22-5), a mis fin à sa série de trois défaites de suite sur la route contre l’équipe qui a le pire dossier à domicile (11-25-5), ayant perdu ses cinq dernières sorties devant ses partisans.

Les Sénateurs se sont éloignés à cinq points de Buffalo avec deux matches à jouer, mais ils demeurent à l’avant-dernier rang, deux points derrière le Canadien de Montréal et les Coyotes de l’Arizona.

«Nous sommes tous des professionnels et nous avons notre fierté. Nous sommes des compétiteurs et on ne voulait pas finir derniers. Je tire beaucoup de fierté d’être un joueur de la LNH et je ne veux pas m’en aller pour l’été avec le titre de pire club de la LNH. C’est évident que ce n’est qu’une petite victoire, mais tu dois te battre pour chaque pouce dans cette ligue et des choses comme ça comptent à nos yeux», a commenté le vétéran Mark Borowiecki, qui a obtenu une passe en plus de jouer plus de 20 minutes aux côtés de Thomas Chabot sur la première paire de défenseurs.

Les choses avaient bien mal commencé pour les visiteurs alors que Ryan O’Reilly s’est échappé pour ouvrir le pointage après 30 secondes de jeu, la 51e fois cette saison que les Sénateurs voyaient leurs adversaires marquer en premier. Max McCormick, en faisant dévier un tir de la pointe de Borowiecki, et Matt Duchene, avec un puissant tir frappé de l’enclave, ont cependant répliqué rapidement.

Ryan Dzingel a augmenté cette avance au cours de la période médiane, tout juste après la fin d’un jeu de puissance. Le défenseur Christian Wolanin a obtenu sa première passe en carrière sur le jeu, alors qu’il avait compté son premier but lors du match précédent contre Winnipeg.

«Notre unité de jeu de puissance a trouvé ses repères, ‘Wolly’ (Wolanin) y a été pour quelque chose, il est un bon quart-arrière, c’est énorme pour nous. De mon côté, ça faisait du bien de marquer, ça faisait un bout de temps», a dit Dzingel, qui avait compté son 20e but neuf matches plus tôt, le 13 mars dernier. Il a raté une chance de simplifier la vie aux siens en troisième en s’échappant en désavantage numérique, mais le gardien Chad Johnson l’a frustré.

Kyle Okposo a réduit l’écart à un seul but en fin de période, mais Ottawa a protégé son avance jusqu’à ce qu’Alexandre Burrows scelle l’issue du match dans un filet désert, lui qui a aussi obtenu une passe dans le match.

Ryan s’est blessé apparemment quand Jack Eichel a servi une percutante mise en échec au Gatinois Jean-Gabriel Pageau, qui a chuté dans les jambes de son coéquipier. Il a terminé la période, mais il n’est pas revenu après l’intermission. Son cas sera réévalué quotidiennement, a indiqué Guy Boucher après le match.

Craig Anderson a fait face à 34 tirs devant le filet des visiteurs, contre 32 pour Johnson.

Les Sénateurs ont pris le chemin de Pittsburgh après le match et ils affronteront les Penguins, sans le Gatinois Derick Brassard, blessé, vendredi soir, avant de conclure la campagne samedi à Boston.

MAUVAIS DÉPART, BONNE FIN

C’était la soirée de reconnaissance aux partisans des Sabres mercredi, et comme cadeaux, ils ont remis une statuette à tête branlante du « Dominator », Dominik Hasek, faisant une glissade à deux jambières.

« Est-ce que vous m’en avez obtenu une ? », a demandé Craig Anderson aux reporters locaux après sa performance de 32 arrêts dans le gain des siens.

Il a été déçu de la réponse, mais il était heureux de sa soirée, pourtant mal amorcée avec un but en échappée à la première minute.

« Donner un surnombre dès le départ n’était pas une bonne façon de commencer le match, mais on a réglé ça par la suite. Les gars ont bien fait en défensive pour m’aider, ils ont bloqué des lancers et récupéré les retours. On a des jeunes défenseurs présentement, il va y avoir des erreurs à l’occasion, mais ils apprennent rapidement de celles-ci. Plus le match progressait, mieux on jouait », estimait le vétéran cerbère, qui disait respecter Hasek « parce qu’il n’était pas un gardien conformiste et il a joué jusqu’à 45 ans », incluant une saison mémorable avec Ottawa.

Anderson aime l’idée de ne pas finir au dernier rang, évidemment, tout comme son patron Guy Boucher. 

« On ne veut pas finir derniers, nous sommes des ‘compétiteurs’. On veut gagner chaque match. On voulait gagner ce match autant que les précédents et qu’on veut gagner le prochain, et le suivant. Nos gars se présentent. Quand on joue mal, personne n’est content. Quand on gagne, c’est parce qu’on s’est bien tenus ensemble... Nos jeunes apprennent de bonnes leçons présentement et ça augure bien pour notre avenir », a-t-il analysé.

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