Craig Anderson bloque un lancer d’Auston Matthews au cours de la première période à Toronto, mercredi soir.

Quelques jours pour décrocher

TORONTO — Guy Boucher aimerait que ses joueurs oublient un peu le hockey dans les prochains jours.

Encore une fois, cette saison, la Ligue nationale de hockey oblige toutes ses formations à cesser leurs opérations pendant une semaine. Cette «relâche», qui a été inscrite dans la convention collective à la demande des joueurs, débute maintenant pour les Sénateurs. 

«Pour moi, c’est toujours la même chose. Je suggère à tous de faire le vide. Je leur conseille de vivre dans le moment présent. C’est dur, rester dans le moment présent. C’est très dur pour un humain normal. C’est encore plus dur pour un athlète. L’athlète est toujours ramené vers l’arrière ou projeté vers l’avant», a-t-il expliqué, mercredi.

«Ce n’est pas compliqué. Quand t’es en vacances, tu dois profiter de tes vacances. Quand tu reviendras au boulot, on reprendra le travail.»

Boucher ne le sait peut-être pas, mais l’entraîneur le plus en vue dans la LNH pense un peu comme lui.

Les Maple Leafs débutent leur relâche au même moment que les Sénateurs. Plusieurs joueurs qui étaient impliqués mercredi soir dans la Bataille de l’Ontario s’envoleront vers la Floride, vers le Mexique ou encore vers les Caraïbes dans les prochaines heures.

«Que voulez-vous qu’on y fasse? Nous n’avons aucun contrôle sur cette situation», a lâché un Babcock plutôt bougon.

«Dans les premières années de ma carrière, j’aurais vu les choses différemment. J’aurais peut-être tenté de convaincre certains joueurs d’emporter leurs patins aux Bahamas et de trouver une patinoire, quelque part, là-bas.»

«J’ai changé. Ma façon de voir les choses a évolué depuis le temps. Je me concentre uniquement sur les choses que je peux contrôler», a-t-il précisé.

On devine assez facilement que Babcock n’aime pas trop les congés prolongés.

«Un petit répit psychologique? Bof... Certaines personnes ont l’air de penser qu’elles ont constamment besoin de se reposer le ciboulot. Je ne sais pas trop combien de pauses sont nécessaires pour faire le vide, dans une année... J’imagine que chaque être humain est différent.»

«Je suis convaincu que tous nos spécialistes vont bombarder nos joueurs d’information. Ils vont envoyer des documents pour mieux aider nos joueurs à composer avec le décalage horaire, le sommeil, des trucs comme ça... J’espère que nos gars vont bien prendre le temps de tout lire. J’espère qu’ils vont s’amuser. C’est certainement ce que je compte faire. J’espère que tout le monde sera disposé à recommencer à travailler fort lorsque la récréation sera terminée.»

Un confrère torontois a pris une chance. Il a demandé à Babcock ce qu’il comptait faire, exactement, durant son congé.

«Je viens de vous le dire! Je vais m’amuser», a-t-il répondu sèchement.

Cette réponse a mis un terme à sa conférence de presse d’avant-match.

Les blessés

Guy Boucher n’a pas davantage dévoilé ses plans pour les prochains jours.

L’entraîneur-chef d’Ottawa souhaite que ses joueurs profitent du congé pour soigner les petits bobos qui traînent. Déjà, il semble acquis que deux éclopés, Mark Borowiecki et Nate Thompson, seront capables de reprendre leur place dans la formation lors de la reprise des activités.

Les Sénateurs joueront leur prochain match à la maison. Ils accueilleront les Blues de Saint-Louis, le 18 janvier prochain.

Bobby Ryan pourrait aussi recommencer à jouer à ce moment-là. On en saura plus long à son sujet d’ici quelques jours, quand son doigt blessé aura désenflé.

«Nous avons récemment réussi à trouver des combinaisons qui semblent fonctionner, souligne l’entraîneur. C’est gros, ça, pour nous autres. Si on peut simplement compter sur un club en santé, pendant plus de deux ou trois matches consécutif, on serait bien contents. J’espère que la semaine de relâche nous aidera en ce sens.»

Match des étoiles: la LNH préfère Karlsson à Stone

Erik Karlsson a rendez-vous avec les légendes de la LNH. Encore une fois.

Les dirigeants de la LNH n’ont pas fait preuve d’une grande créativité quand est venu le temps de choisir le joueur qui représentera Ottawa au prochain Match des étoiles.

Ils ont simplement désigné Erik Karlsson.

À la fin du mois, au Amalie Arena de Tampa. le défenseur suédois prendra part à cet événement pour la cinquième fois de sa carrière.

Cette décision ne fera pas l’unanimité.

Le capitaine vient de franchir le plateau des 30 points. Pour une rare fois, il n’est pas le meilleur marqueur de son équipe. Il accuse un retard considérable sur son coéquipier Mark Stone.

«Mark est incroyable, s’étonnait encore, mercredi, Derick Brassard. C’est dur à dire parce qu’en tant qu’équipe, nous n’avons pas obtenu tout le succès qu’on espérait. Je ne sais pas trop comment fonctionne le processus de sélection pour le Match des étoiles, mais il devrait être là.»

«C’est un bon coéquipier. Il a vraiment la bonne attitude. C’est le genre de gars que tu veux avoir dans ton équipe», a-t-il ajouté.

Brassard a été le deuxième attaquant le plus utilisé par l’entraîneur-chef Guy Boucher dans la première moitié de la saison. Il a passé, en moyenne, 18 minutes et 22 secondes par match sur la patinoire.

Stone joue, en moyenne, deux minutes et 30 secondes de plus que lui, chaque soir.

Boucher grimace quand on lui demande si Stone est devenu un joueur étoile, cette saison.

«Je n’aime pas donner des étiquettes aux joueurs. Ça, c’est votre job, répond-t-il aux journalistes. Moi, ce que je vois, c’est un joueur complet. Un leader. L’an dernier, il était bon, mais il était jeune. Il avait bien des choses à apprendre. Cette année, il est en mission. Ça paraît quand il saute sur la glace. Ça paraît aussi quand il est à l’extérieur de la glace. Il fait exactement ce qu’on lui demande, et il le fait tout le temps. Toute l’équipe a eu de la misère, autour de lui. Mark, lui, n’a pas eu de misère. Il est devenu un pilier atour de qui notre équipe peut se développer. Il est, définitivement, un des meilleurs joueurs de toute la ligue.»