Mike Condon se méfie des joueurs comme Johnny Gaudreau (à droite) qui ont le potentiel de réaliser « des jeux incroyables ».

Premier départ difficile pour Condon

CALGARY — Pour son premier départ de la saison régulière, Mike Condon a le choix entre affronter le deuxième meilleur compteur de l’histoire, Jaromir Jagr, ou le champion compteur de la saison dernière, Connor McDavid.

Ce n’est pas son choix en réalité, c’est plutôt celui de son entraîneur-chef Guy Boucher, de concert avec l’entraîneur des gardiens Pierre Groulx, qui n’annonceront leur décision que vendredi matin.

Mais quand même, Mike Condon, qui aimerais-tu affronter le plus, le nouveau franc-tireur des Flames ou le rapide patineur des Oilers ?

« C’est la LNH, je ne perdrai pas de sommeil avec ça. Chaque soir, il y a un ou deux gars de l’autre côté qui peuvent faire des choses spéciales avec la rondelle. Donc que ce soit (Johnny) Gaudreau ou Jagr ou McDavid, tu peux choisir ton poison dans n’importe quelle équipe de la LNH. Les gars qui jouent dans le top-6 sont des joueurs de classe mondiale, tu dois respecter tout le monde parce que tout le monde peut faire des jeux incroyables », a répondu Condon.

C’est parce qu’Andrew Hammond s’est blessé au début d’un match contre ces mêmes Flames l’an dernier à Calgary que le cerbère américain s’est retrouvé avec les Sénateurs, acquis des Penguins de Pittsburgh quelques jours plus tard en retour d’un choix de cinquième ronde. Auparavant, le gardien numéro un Craig Anderson était revenu rejoindre ses coéquipiers qu’il avait dû laisser pour aller au chevet de son épouse atteinte d’un cancer pour disputer un match émotif, remportant un gain de 2-0 à Edmonton le 30 octobre 2016.

Comme il a réalisé 37 arrêts lors de ce match, il serait facile de penser qu’il serait un choix naturel pour affronter McDavid et compagnie, mais Boucher n’avait pas arrêté son choix jeudi en fin d’après-midi.

« C’est dans notre esprit, mais les circonstances sont différentes. L’an passé, ce n’était pas un deuxième match en deux soirs. On sait que Calgary revient d’un match sur la route. Je dois regarder la situation dans son ensemble. Si c’était un match isolé, ce serait un no brainer. Je ne sais pas encore quel sera le facteur qui va mener à la décision... Il y a aussi le fait qu’Edmonton nous attend et s’entraîne depuis quatre jours, dont une où leur entraîneur les a fait patiner pas mal, j’ai vu ça comme tout le monde à la télévision », a expliqué Boucher.

Celui-ci a réitéré qu’il a pleinement confiance en Condon, qui a sauvé la saison des siens l’an dernier en disputant 27 parties de suite en l’absence d’Anderson. « Il va jouer cette saison parce qu’il est bon, on le sait, et aussi parce qu’on veut gérer l’utilisation d’Anderson. Il a d’excellentes statistiques quand il est frais et dispos », a-t-il répété.

Condon se sent prêt, même s’il n’a pas été à son meilleur pendant les parties du calendrier préparatoire (moyenne de 7,06, taux d’efficacité de ,824 en quatre apparitions). « C’est loin dans le rétroviseur ces matches hors-concours, je ne me souviens déjà presque plus du camp. Je regarde vers l’avant, j’ai étudié les deux équipes sans regarder trop loin cependant, je vais être prêt si je joue contre Calgary. J’ai hâte de jouer un vrai match, a-t-il souligné. Notre défensive travaille encore à retrouver sa cohésion de la mi-saison l’an dernier, ça va prendre une dizaine de matches probablement. Les gars ont fait du bon travail en l’absence de “Karl” (Erik Karlsson) et Johnny (Oduya), ils ont fait les ajustements nécessaires et Craig a bien joué aussi. »

Pas superstitieux, Condon ne réalisait pas que s’il joue vendredi, son départ tomberait sur un vendredi 13. « Je ne savais pas ça, merci de me le dire. On va espérer que ce soit un 13 chanceux, si je joue », a-t-il lancé.

Il ne détesterait pas avoir une chance d’affronter Jaromir Jagr alors qu’il amorce possiblement sa dernière saison dans la LNH. « C’est toujours un honneur d’affronter un gars comme lui qui est si haut dans la liste des compteurs de tous les temps. Il était l’idole de mon frère, qui était un partisan des Penguins en grandissant. Je pense qu’on avait tous deux des coupes Longueuil (mullet en anglais) à l’époque. C’était il y a longtemps », a-t-il indiqué.

Jagr ajoute de la profondeur

Guy Boucher a peine à croire que Jaromir Jagr est de retour dans la LNH à l’âge de 45 ans. « Je ne suis qu’un an plus vieux que lui et je me sens 20 ans plus vieux quand je me lève le matin parfois alors que lui, il continue à jouer. Ça illustre toutes les qualités de persévérance d’une super-étoile, c’est tout à son honneur », a-t-il dit jeudi. Alors que Jagr se retrouve sur le troisième trio avec Sam Bennett, Boucher pense que « les Flames ont maintenant de la profondeur en attaque, une excellente ligne bleue et un très bon gardien (en Mike Smith), c’est un club qui va lutter pour le championnat », pense-t-il. Jagr a été blanchi à son premier match avec les Flames mercredi à Los Angeles, quand il a remplacé l’ancien Sénateur Curtis Lazar dans l’alignement.

Oduya prend du mieux

Selon Boucher, le défenseur Johnny Oduya, blessé au bas du corps lors du premier match de la saison contre Washington, se porte de mieux en mieux, même s’il n’a pas rejoint l’équipe à Calgary jeudi. « On ne sait jamais, j’attends un coup de téléphone pour savoir où il en est rendu, mais je sais qu’il va beaucoup mieux. On va voir pour le premier match (contre les Flames), peut-être pour le deuxième, et au pire, le très pire, mardi prochain », a indiqué Boucher en parlant du retour à domicile des siens lorsque les Canucks de Vancouver s’amèneront au Centre Canadian Tire. En raison de cette incertitude, l’entraîneur québécois ne pouvait dire s’il utiliserait à nouveau ses deux jeunes arrières, Thomas Chabot et Christian Jaros, contre les Flames. 

Entre les lignes

Les Sénateurs se sont entraînés jeudi au Stampede Corral, premier domicile des Flames après leur déménagement d’Atlanta... « Tu veux entendre quelque chose de drôle, Alex ? Il y a 18 ans, j’étais ici pour un camp d’entraînement des Flames », a raconté Craig Anderson à son jeune coéquipier Alex Formenton en arrivant dans l’amphithéâtre voisin du Scotiabank Saddledome. Formenton, 18 ans, est né le 13 septembre 1999. Cette année-là, les Flames repêchaient un jeune Craig Anderson en troisième ronde... Avec les rappels de Chabot et Jaros, les Senators de Belleville ont rappelé de Brampton le défenseur Cody Donaghey ainsi que l’attaquant Daniel Ciampini.