Vitalii Abramov

Plusieurs espoirs des Sénateurs à Belleville attendent l'appel du grand club [PHOTOS]

BELLEVILLE — Mercredi, en fin de matinée, sur la patinoire du sympathique CAA Arena. Les Senators de la Ligue américaine travaillent sur les unités spéciales.

Ça donne lieu à du jeu plutôt intense.

En tant que membre de la première unité de l’attaque massive, Vitalii Abramov réussit à se faire oublier derrière les défenseurs pendant environ deux secondes. La rondelle le trouve. Il marque un but. Et il célèbre... avec un peu plus d’entrain que nécessaire.

En rentrant au banc, les spécialistes des infériorités numériques semblent contrariés. Surtout Andreas Englund et Parker Kelly.

Ce n’est pas quelque chose d’exceptionnel, cet automne, à Belleville.

Le club-école des Sénateurs réunit plusieurs espoirs intéressants, cette saison.

« Il y a certainement beaucoup de joueurs qui, selon nos estimations, ont le potentiel d’évoluer dans la Ligue nationale », remarque leur entraîneur-chef, Troy Mann.

« Il y en a certainement plus que dans le passé. »

Abramov, Drake Batherson, Logan Brown, Filip Chlapik, Jonathan Davidsson, Alex Formenton, Filip Gustavsson, Marcus Högberg, Christian Jaros, Maxime Lajoie, Josh Norris, Nick Paul, Max Véronneau...

Ça crée une ambiance bien particulière. Le climat devient, naturellement, plus compétitif que d’habitude.

« Nous n’en parlons pas ouvertement, dit Batherson. Enfin, nous avons tous le même objectif. Nous voulons tous jouer dans la LNH. Nous sommes tous conscients, aussi, que les postes sont rares. Au quotidien, nous essayons de faire notre travail. Nous essayons de travailler ensemble pour gagner des matches. Cela dit, quand une opportunité se présentera parce que le grand club aura besoin d’aide, nous voudrons tous être en tête de ligne. »

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Trois objectifs

Tous les espoirs ne sont pas égaux, au départ, aux yeux de l’organisation.

Malgré tout le bruit qu’il a fait lorsqu’il est retourné dans les mineures, Logan Brown demeure un espoir important pour l’organisation.

« Il est au centre de tout ce qu’on fait », acquiesce Troy Mann.

« Ce n’est pas nouveau. Nous comptions déjà beaucoup sur lui, l’hiver dernier, dans la deuxième moitié de la saison régulière. »


« Quand une opportunité se présentera parce que le grand club aura besoin d’aide, nous voudrons tous être en tête de ligne. »
Drake Batherson

« Nous n’avons pas réussi à nous faufiler jusqu’aux séries éliminatoires, dans le dernier droit, pour différentes raisons. En tête de liste, je dirais que notre premier trio n’a pas été capable de produire dans les dernières semaines. Et Logan en faisait partie. »

Brown a produit, ce week-end. Ses trois points inscrits en deux matches n’ont pas vraiment aidé la cause des Senators, qui ont subi deux revers en autant de soirs. Et ce, sur leur propre patinoire.

Brown doit produire, mais il ne s’agit pas de sa principale source de préoccupation.

« Quand il est arrivé ici, à la fin du camp d’entraînement, nous avons établi un plan. Nous lui avons demandé de se concentrer sur trois choses. Nous voulons qu’il se rapproche plus rapidement de nos adversaires en zone défensive, de manière à gagner plus de batailles à un contre un. Nous voulons qu’il remporte plus de mises en jeu. Le troisième objectif est probablement le plus important. Nous voulons qu’il trouve des moyens de se séparer des adversaires qui le talonnent, en territoire neutre », révèle Mann.

Pour s’améliorer, et pour accéder à la LNH le plus rapidement possible, Brown doit surtout avoir l’esprit ouvert.

« Quand je suis arrivé, je me suis apitoyé sur mon sort pendant une journée. Je me suis vite débarrassé des mauvaises pensées. Si je reste dans un état d’esprit positif, des choses positives vont m’arriver », commente le joueur de 21 ans.

Il fusille quand même un journaliste du regard, quand on lui demande s’il estime avoir suffisamment bien joué pour mériter un poste, au camp d’entraînement.

« Je préfère ne pas répondre à votre question », finit-il par répondre, après trois ou quatre secondes de réflexion.

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Les colocs

Il y a de la compétition dans l’air, à Belleville.

De beaux liens se tissent quand même entre certains joueurs.

Brown et Batherson ne sont pas uniquement partenaires de trio. Ils sont colocataires. Ils ont loué, ensemble, une toute petite maison à proximité de leur lieu de travail.

« C’est très cool, commente Batherson. On vivait ensemble l’an dernier, aussi. Nous avons des intérêts très similaires. Essentiellement, nous aimons nous asseoir sur le divan, chaque soir, pour regarder les matches de hockey à la télévision. »

Les deux amis pourraient se fatiguer à passer trop de temps, comme ça, ensemble. Ça ne semble pas poser de problèmes, pour l’instant.

« Je serais même curieux de voir ce qu’on pourrait accomplir, si on nous donnait la chance de jouer ensemble, dans la LNH », lance Brown.

S’il voulait faire une suggestion aux gens qui dirigent le gros club, il ne s’y prendrait pas différemment.

Batherson, soit dit en passant, n’a pas été surpris quand on lui a dit qu’il devait retourner à Belleville.

« Je n’ai pas été à la hauteur. »

On lui a également donné trois éléments sur lesquels travailler, durant son séjour au purgatoire.

On veut notamment qu’il passe plus de temps « entre les points des mises en jeu » lorsque les Senators sont en zone d’attaque.

« C’est là que la plupart des buts sont marqués, dans la LNH », souligne Mann.

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Congestion

L’infirmerie est vide, à Ottawa comme à Belleville.

Ça cause des complications pour Troy Mann. Il a tout simplement trop de joueurs à sa disposition.

Max Véronneau a été laissé de côté, tout récemment, pour un match.

Le message est fort, pour un jeune homme qui a joué une douzaine de matches dans la LNH, vers la fin de l’hiver dernier.

Samedi, lors de la visite des Bruins de Providence, c’est Vitalii Abramov qui a écopé.

Le coach voulait qu’il réfléchisse. Il n’avait pas travaillé assez fort à son goût, la veille, contre les Bears de Hershey.

« Notre équipe est très jeune. Nos joueurs sont faciles à diriger et ils veulent apprendre. C’est fantastique. Le manque de constance à l’intérieur de nos matches, par contre... »

« Il faut vraiment y travailler. »

« Nous avons des vétérans de la Ligue américaine comme Klimchuk, LaBate, Labrie... Ces gars-là, il faut les faire jouer. Ce sont des joueurs qui nous aident à gagner. Gagner, c’est important, parce que nous voulons que nos jeunes se développent dans un environnement gagnant. »

« Je ne me plaindrai jamais d’avoir trop de joueurs sous la main. »