Wade Redden a rendu hommage à son ami Chris Phillips.

Phillips inspire les Sénateurs [PHOTOS]

Le numéro quatre était à l’honneur mardi soir au Centre Canadian Tire, avant le match comme pendant.

Une fois la bannière en l’honneur de Chris Phillips hissée dans les hauteurs du Centre Canadian Tire, pour tenir compagnie au 11 de Daniel Alfredsson et au 8 de Frank Finnigan, les fervents de numérologie ont été choyés pendant la partie opposant les Sénateurs d’Ottawa aux Sabres de Buffalo, remportée 7-4 par les locaux.

Au cours d’une première période de quatre buts en 3:29 minutes, Drake Batherson a compté le troisième alors qu’il restait 4:44 à faire à l’engagement. Son filet est survenu tout juste après une entrevue à l’écran géant de son oncle Dennis Vial pour parler de Phillips.

Juste auparavant, l’ancien Sénateur Igor Kravchuk a présenté un chandail de l’équipe à un vétéran des Forces armées, et ses compatriotes russes Vladislav Namestnikov – son quatrième de la saison en désavantage numérique – et Artem Anisimov ont enchaîné en comptant.

Ce dernier en a ajouté un deuxième où il a tenté d’imiter la célébration de but de Phillips, la « salutation à un bras dans les airs » avec son bâton.

Et le numéro 44, Jean-Gabriel Pageau, n’a pas été en reste, y allant de deux buts – le but gagnant et celui d’assurance – et deux passes, lui qui a envoyé Anthony Duclair compter dans un filet désert pour mettre fin à sa léthargie de 21 matches sans compter.

Se disant lui-même un « homme de peu de mots », la vedette de la soirée a salué beaucoup de monde dans son discours, de ses parents, son père feu Garth et sa mère Nicole présente pour l’occasion avec sa sœur Jennifer, à ses enfants et son épouse Erin, en passant par les dirigeants (l’ancien DG Bryan Murray en particulier), employés de soutien et évidemment ses anciens coéquipiers, dont plusieurs, Daniel Alfredsson en tête, étaient sur place ou ont envoyé des messages vidéo pour le saluer. Plus de 200 personnes en tout, de quoi renflouer un peu l’assistance de la soirée – 15 040 amateurs.

Le clou de la cérémonie d’avant-match a été quand la bannière s’est retrouvée au plafond, pas trop loin des bannières du Trophée du président de 2003 et de champions de l’Est en 2007 auxquelles il a contribué grandement, en route vers son record de 1179 matches joués pour la franchise.

En bonne compagnie

« C’était un moment incroyable. Ça signale que ma carrière est vraiment finie, c’est peut-être ce qui suscite le plus d’émotions chez moi, a-t-il indiqué en point de presse après coup. C’est un bel honneur d’être aux côtés d’Alfie, avec qui j’ai joué longtemps et qui est un grand ami. Il n’y a pas beaucoup de joueurs à travers la ligue dont le numéro est retiré. Être en telle compagnie, je ne trouve vraiment pas les mots pour exprimer à quel point c’est une sensation spéciale. »

Phillips portait un veston confectionné spécialement pour l’occasion, où on retrouvait des images de capsules de bière dans la doublure intérieure, un clin d’œil non pas à son (ancienne) entreprise, la brasserie Big Rig, mais bien à son père Garth. Les initiales de ce dernier, G.P., étaient également sur la manchette de sa chemise, à son insu. 

« À son repêchage, Garth avait dit à quelqu’un qui lui demandait à quel point il était fier de voir son fils être le premier choix au total, ‘Quand vous avez un fils et une fille comme nous avons, le hockey n’est que le glaçage sur le gâteau’. Ça dit tout sur Chris, au sujet de ses racines, de son caractère. Il sera toujours un grand hockeyeur, mais avant tout, il est un homme de famille », a relaté son coéquipier Wade Redden, invité à parler au nom de ses anciens coéquipiers.

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Le «fantôme du 4» était avec le 44

Pour la soirée du 4, le numéro 41 peut remercier le 44 pour lui avoir procuré son 200e gain dans l’uniforme des Sénateurs.

Craig Anderson n’était pas à son meilleur, mais il a profité du soutien de son offensive tout en étant moins pire que son vis-à-vis Carter Hutton.

«Avec les émotions pour Philly, je voulais être à mon meilleur et ça n’a pas été le cas, il y a eu une couple de mauvais buts. Avec six buts en première, ce n’était pas un duel de gardiens. C’était un de ces matches où tu ne savais pas ce qui arriverait, mais on a fermé le jeu en troisième en jouant bien en défensive, comme Philly l’aurait voulu», a raconté Anderson.

«Le 44 avait le fantôme du 4 de son bord, je pense. Il est un pilier ici, il fait les choses bien chaque jour et il est récompensé pour son bon jeu et son positionnement. Il est un des joueurs les plus intelligents avec qui j’ai joué, il a intercepté une passe du 9 de l’autre bord [Jack Eichel] pour obtenir ce but dans un filet désert à la fin», a-t-il ajouté, notant que son 200e gain à Ottawa «ne prouve que je suis ici depuis longtemps, nous avons eu de bonnes et de mauvaises équipes, ça a été une montagne russe».

Le joueur d’équipe qu’est Pageau ne pensait évidemment pas au tour du chapeau en fin de rencontre, plus intéressé qu’il était à voir Anthony Duclair secouer sa léthargie. «Ça a été une soirée assez spéciale sur toute la ligne, de vivre ça avec la famille de Chris, ses enfants, sa femme, sa mère... On a tous apprécié ça, puis après un lent départ, on s’est remis en place et on a joué de façon solide. Andy qui gagne son 200e match, ça rend les choses encore plus spéciales. Et le but de Duclair va lui faire du bien, il faisait de bonnes choses, manquait beaucoup de chances. Ce but-là va lui enlever beaucoup de pression», a confié Pageau.