« C'est vrai que ça fait quand même une longue léthargie. Vingt-cinq parties sans but, c'est long », confie Francis Perron.

Perron produit mais ne marque pas

Pour certains, le verre est à moitié vide. Pour d'autres, il est à moitié plein.
Dans le cas de Francis Perron, c'est différent.
Quand il regarde ses statistiques, l'espoir québécois des Sénateurs pourrait considérer que le verre est presque vide. Ou presque plein.
C'est selon.
Perron a récolté 12 points à ses 16 dernières parties. Pour une recrue, dans la Ligue américaine, il s'agit d'une très bonne production.
Bémol. Il s'agit de 12 mentions d'aide.
Il a inscrit son dernier but le 21 janvier dernier.
Vendredi soir, au Centre Canadian Tire, les Senators de Binghamton ont encaissé un revers de 4-2 contre les Marlies de Toronto. Un 26e match de suite sans but pour lui.
«Je n'ai jamais été de ceux qui pensent qu'un but a plus de valeur qu'une mention d'aide», réagit-il.
«C'est vrai que ça fait quand même une longue léthargie. Vingt-cinq parties sans but, c'est long. J'en parle souvent avec mon père et avec mon frère. Ils voient comme moi que j'ai des chances de marquer. C'est important pour moi de jouer de la bonne manière. Dernièrement, c'est ce que je fais. Et j'obtiens des chances.»
Perron se réjouit d'avoir simplement assez de temps de glace pour créer des chances. Ça n'a pas toujours été le cas.
En milieu de saison, il a été longtemps coincé dans le quatrième trio. «Ce n'était pas évident, vraiment. J'avais vécu quelque chose du genre à Rouyn, quand j'avais 16 ans, dans le junior. J'ai trouvé ça encore plus difficile cette fois. J'ai connu des matches où je passais quatre ou cinq minutes sur la patinoire. Il m'est arrivé de passer des périodes entières au bout du banc.»
«Heureusement, j'ai pu compter sur le soutien de nos joueurs d'expérience. Des gars comme Kostka, Stortini et Varone ont fait en sorte que je n'ai pas perdu ma motivation. Ils m'ont dit de ne pas lâcher. Ils m'ont assuré que les choses allaient finir par débloquer.»
Curieusement, les choses ont débloqué lorsque l'organisation a choisi d'échanger quelques vétérans des ligues mineures.
Comme une participation aux séries semble pratiquement impossible, les Senators ont décidé de tout miser sur le développement des espoirs.
«Nous sommes rendus là», confirme l'entraîneur-chef Kurt Kleinendorst.
Ce dernier ne s'en fait pas trop pour Perron. Il pense que l'ancien capitaine des Huskies de Rouyn-Noranda peut connaître une belle carrière dans les rangs professionnels.
«Frankie est un bon soldat, dit-il. Il m'a vite surpris avec ses aptitudes en défensive. Il sait exactement quoi faire, où se placer quand nous n'avons pas la rondelle.»
Que doit-il améliorer, alors ?
«La seule chose qui lui manque, c'est la force physique. Nous devons l'aider à devenir un homme. Il est loin d'avoir atteint sa maturité. Ça va venir.»
Paul stagne
Francis Perron n'est pas le seul jeune joueur qui a connu des hauts et des bas, cette saison, à Binghamton.
Nick Paul a connu sa part d'ennuis, aussi.
Dans son cas, c'est encore plus frustrant.
À titre de joueur de première année, Perron s'attendait à passer la saison entière dans les mineures. «Moi, je m'attendais à jouer ici, dans le gros aréna, avec les grosses pointures», reconnaît Paul.
Après avoir connu un camp d'entraînement ordinaire à Ottawa, le gros ailier de 22 ans a connu un départ exécrable dans l'État de New York. Après 12 parties, il avait obtenu un seul petit point.
«Il est en train de devenir un pro, lui aussi. Il doit développer une constance. Il doit apprendre qu'il ne peut pas juste jouer un bon match sur trois. Il ne peut pas se présenter deux périodes par partie. Les Sénateurs ne devraient pas abandonner dans son cas. Pas tout de suite», croit l'entraîneur.
En défensive, Kleinendorst estime que le jeune géant Ben Harpur se rapproche de la LNH. «Harp, c'est un vrai bon gars qui apprend à être moins gentil sur la glace», explique l'entraîneur.
Les Sénateurs passeront «cinq ou six» jours en Suède en novembre
Un autre secret de Polichinelle a été confirmé, vendredi. Les Sénateurs passeront une semaine en Suède, l'automne prochain. Ils affronteront l'Avalanche du Colorado à deux reprises, en saison régulière, à l'Ericsson Globe de Stockholm.
Le nouveau président du club de la capitale, Tom Anselmi, avait plus ou moins vendu la mèche plus tôt cet hiver.
La LNH avait pris l'habitude d'envoyer quelques-unes de ses formations en Europe au début des années 2000. Elle avait cependant pris une pause, après 2011.
Les Sénateurs sont honorés de faire partie des équipes qui permettront à cette tradition de revivre.
« C'est toujours un honneur de participer à des événements de prestige organisés par la Ligue. Nous voulons développer notre image de marque. Ça ne peut que nous aider », explique M. Anselmi aujourd'hui.
« Vraiment, nous sommes emballés. La semaine dernière, nous avons annoncé que nous allons présenter un match en plein air. Nous sommes en plein coeur d'une course aux séries. Les temps sont bons pour les partisans des Sens », a-t-il ajouté.
Organiser un voyage en Europe, au beau milieu de la saison, constitue toutefois un gros défi d'un point de vue logistique. Le calendrier de la LNH est déjà très exigeant. Le long voyage et le décalage horaire pourraient avoir des effets néfastes pour la suite des choses.
« Nous avons été très prudents, assure M. Anselmi. Nous avons fait en sorte que le calendrier convienne à Pierre, à Guy et aux autres gars. »
Les Sénateurs passeront, au total, entre cinq et six journées en Scandinavie. Les parties seront présentées les vendredi 10 et samedi 11 novembre.
« Ça va être très agréable. Ça va être bon pour le hockey. Ça va être agréable pour les partisans là-bas. Avec le décalage, ils n'ont pas trop souvent la chance de voir des matches de la LNH », commente le capitaine des Sénateurs, Erik Karlsson.
« Ça va être cool, pour moi, de jouer devant mes proches. J'ai hâte de faire découvrir la culture de mon pays à mes coéquipiers », ajoute-t-il.