Patrick Sieloff a fait son retour à Ottawa, mardi. Sieloff est celui qui blessé Clarke MacArthur, la plus sérieuse blessure de la carrière de l’attaquant.

Patrick Sieloff accueilli à bras ouverts

Dans le monde du hockey, 18 mois, c’est long. Une véritable éternité.

Quand Patrick Sieloff a franchi les portes du Centre Canadian Tire, mardi matin, il devait avoir quelques appréhensions. Il demeure, après tout, le joueur qui a infligé la blessure la plus sérieuse de la carrière de Clarke MacArthur.

On a tôt fait de le rassurer.

Certains partisans ne lui pardonneront jamais. Les joueurs et les membres de la direction ont passé l’éponge.

«On a tourné la page. Si ça n’avait pas été lui, ç’aurait pu être quelqu’un d’autre», note Jean-Gabriel Pageau.

Le jeune vétéran gatinois fait référence aux nombreuses blessures subies par MacArthur dans les dernières années de sa carrière.

Il était déjà un joueur fragile lorsque Sieloff l’a frappé dans un match intra-équipe disputé lors du camp d’entraînement 2016.

«On a déjà eu des conversations avec lui. Il ne se sent peut-être pas entièrement à l’aise. Pourtant, nous l’acceptons vraiment dans notre groupe. Toute cette histoire, c’est du passé. On est vraiment contents de l’avoir avec nous autres aujourd’hui», ajoute-t-il.

Plus tard, en conférence de presse, l’entraîneur-chef Guy Boucher a dit sensiblement la même chose.

Certains joueurs ont mal réagi, au départ, lorsque l’incident est survenu.

«Ça fait longtemps qu’on est passé à autre chose, assure Boucher. Patrick n’a pas à payer pour ça durant le reste de sa vie. Nous avons passé à autre chose, nous aussi. Il faut avancer.»

Sieloff a disputé 99 matches avec le principal club école des Sénateurs, depuis.

Il a récolté 12 points en 52 matches chez les Senators de Binghamton, en 2016-17.

L’été dernier, il était joueur autonome avec compensation. Le directeur général adjoint Randy Lee a jugé qu’il avait toujours besoin de lui. Il lui a consenti un contrat d’un an.

Dans les derniers mois, après avoir enfilé le maillot de Belleville à 47 reprises, il revendique six points et 85 minutes de pénalité.

«J’étais joueur autonome avec compensation l’été dernier», rappelle-t-il.

Il n’avait donc pas vraiment le choix d’accepter l’offre des Sénateurs.

«Je voulais quand même rester ici. J’aime l’organisation des Sénateurs. J’aime le système de jeu qu’on applique, ici. Il me permet d’exploiter mes forces», explique cet ancien choix de deuxième ronde des Flames de Calgary. Il est aujourd’hui âgé de 23 ans.

Comme Borowiecki
À Belleville, Sieloff s’est surtout démarqué par sa robustesse. «Son style de jeu nous rappelle vaguement celui de Mark Borowiecki», dit Boucher.

L’an dernier, on dit qu’il manquait souvent de constance. Il pouvait offrir autant de mauvaises performances que de bonnes.

Cette saison, il a travaillé à corriger ce défaut.

«On a commencé à nous parler de lui au temps des Fêtes. Son nom revenait de plus en plus fréquemment dans les conversations. On nous répétait qu’il travaille toujours très fort. Il ne manque jamais d’enthousiasme.»

Garder un niveau d’enthousiasme élevé, dans les bas-fonds du classement, n’est pas une mince affaire.

À Belleville, Sieloff a surtout été reconnu comme un bon coéquipier.

«Un super coéquipier ! Je n’ai que de bonnes choses à dire à son sujet», dit un autre leader des B-Sens récemment promu à Ottawa, Max McCormick.

«Cet incident avec MacArthur, c’est bien malheureux. Je connais bien Sielz, maintenant. Je suis convaincu qu’il ne chercherait jamais délibérément à blesser un autre joueur.»

RYAN DZINGEL ÉVITE LE PIRE ET REMERCIE LE « LE GARS D'EN HAUT »

N’écoutant que son courage, Ryan Dzingel a pris le temps de regarder la vidéo. Plusieurs fois. Il a même pris le temps de ralentir la séquence, au moment où le tir sur réception de Mike Hoffman l’atteint derrière la tête.

Il a désormais deux certitudes.

Il est convaincu d’avoir évité le pire. Sa blessure aurait pu être beaucoup plus sérieuse.

« Je suis aussi persuadé que le gars d’en haut m’a épargné. Vraiment, il aurait pu m’arriver quelque chose de grave. Ça va. Tout est beau, maintenant. »

Dzingel est croyant. À trois reprises, durant sa courte rencontre avec les médias de mardi matin, il a répété qu’une intervention divine l’a sauvé.

Le jeune marqueur de 20 buts a raté le match contre les Panthers. Il a promis qu’il sera de retour au jeu pour la visite de Connor McDavid et des Oilers d’Edmonton, jeudi.

L’incident dont il a été victime est survenu au beau milieu de la troisième période, lors du match de samedi, à Columbus. Il se tenait debout, devant le filet des Blue Jackets. Les Sénateurs tiraient alors de l’arrière par un but. Ils cherchaient par tous les moyens à niveler la marque.

Il a cherché à sauter pour éviter le tir de son coéquipier. Ce faisant, il a pivoté pour se présenter dos à la rondelle. Cette dernière l’a frappé à l’endroit où on appose les autocollants, derrière son casque.

« C’est la deuxième fois en deux ans que je reçois un lancer frappé sur la tête », a-t-il rappelé.

La première fois, c’était un tir d’Erik Karlsson, durant un match opposant les Sénateurs aux Bruins de Boston.

« En regardant la séquence au ralenti, j’ai ressenti un frisson. C’était effrayant. Ça devait être bien plus effrayant, encore, pour mes amis et pour les membres de ma famille qui suivaient le match en direct à la télévision. »

Dzingel a reçu plusieurs textos dans les minutes qui ont suivi l’incident.

Un journaliste a demandé à Dzingel s’il croyait toujours au vieil adage selon lequel de bonnes choses arrivent aux joueurs qui foncent au filet. « Je n’y ai jamais vraiment cru », a-t-il répondu avec humour.