Les Sénateurs se sont inclinés 4-0 samedi à Buffalo.

Pas la faute de Mike Condon

BUFFALO - Au fil d'une séquence record de 27 parties auxquelles il a pris part, Mike Condon a fait bien des choses : il a alloué des mauvais buts à l'occasion, il a rebondi après de mauvaises performances, et il est venu en relève à Craig Anderson et Andrew Hammond pour en arriver là.
Samedi soir à Buffalo, le gardien des Sénateurs d'Ottawa a vécu une première alors que son entraîneur-chef Guy Boucher a sorti son crochet pour une rare fois cette saison pour le retirer du revers de 4-0 de son club contre les Sabres.
Victime de ces quatre buts sur 25 lancers, Condon a cédé sa place à Hammond, qui participait à un premier match depuis qu'il s'était blessé à une cheville le 18 décembre dernier contre les Islanders de New York. Il n'a fait face qu'à un seul tir au cours de ses 9:09 minutes de jeu.
Boucher ne voulait cependant surtout pas que sa décision soit interprétée comme une pierre lancée en direction du gardien américain qui a sauvé la saison des siens en l'absence d'Anderson, lui qui a terminé tous ces 27 matches de suite.
« Ça avait plus à voir avec donner du temps de glace à Hammond, qui n'a pas joué depuis longtemps alors qu'on va peut-être avoir besoin de lui à un moment donné. Ce n'était définitivement pas la faute de Condon, c'était le reste du groupe. Les joueurs lui ont dit et moi aussi. Il n'avait pas besoin de rester là alors que le match n'allait nulle part... Leur gardien a été bon, mais on n'a pas payé le prix pour créer de la circulation devant lui. On a obtenu assez de lancers, mais il les a tous vus et un gars de sa grosseur, s'il voit tout, il va tout arrêter », a expliqué l'entraîneur-chef des Sénateurs.
Le gardien des Sabres, c'était évidemment l'ancien des Sénateurs Robin Lehner, qui a repoussé tous leurs 37 tirs pour signer son premier jeu blanc de la saison, le premier d'un ancien cerbère d'Ottawa contre son ancien club par surcroît.
Déjoué par Kyle Okposo au premier tiers, Ryan O'Reilly en deuxième, puis Sam Reinhart et Marcus Foligno en troisième avant de prendre le chemin des douches, Condon a levé son chapeau au gardien suédois après s'être incliné contre lui et ses coéquipiers.
« Okposo a fait un beau jeu, O'Reilly a bien fait dévier un tir, et Reinhart a aussi fait un beau jeu. Lehner a été excellent lui aussi, mettez tout ça ensemble et ça donne une soirée où on n'a rien pu faire de bon. C'est un jeu de momentum, si on avait pu compter un but, on en aurait probablement compté un deuxième. Mais c'était un de ces soirs », a-t-il souligné.
Mike Hoffman aurait bien pu compter ce but en fin de deuxième tiers, mais Lehner, qui a porté sa fiche à 3-0-2 contre son ancien club avec une moyenne de 1,18 et un taux d'efficacité de ,961, lui a volé un but avec un spectaculaire arrêt de la mitaine.
« Lehner a bien joué, nous avons obtenu nos chances, surtout quand c'était 2-0. Si on fait 2-1, l'histoire aurait pu être différente. Dans les derniers matches, on a compté des buts à des moments clés et ça aurait pu en être un, mais il a fait un bon arrêt », a dit Hoffman au sujet de l'arrêt spectaculaire de celui avec qui il était allé souper la veille au soir.
Lehner, lui, n'a pas fait trop de cas de cette autre victoire contre le club qui l'a envoyé à Buffalo il y a deux ans contre le premier choix utilisé pour sélectionner Colin White.
« Oui, c'est bien, évidemment. Mais je suis passé à autre chose. Les Sabres sont l'équipe que j'aime, pour qui je joue maintenant. Vous savez, (l'échange) fait partie du passé », a-t-il dit aux collègues de Buffalo.
Condon et les Sénateurs vont maintenant tourner la page sur un voyage de trois parties où ils ont remporté un gain contre deux revers. Ils amorceront un séjour de quatre parties à domicile mardi soir en recevant les Blues de St. Louis. Probablement qu'à un moment donné au cours de ce séjour, Craig Anderson pourra prendre place au bout du banc ou possiblement même obtenir un départ alors qu'il poursuit sa remise en forme.
Boucher jongle avec ses trios
Ryan Dzingel connaît une excellente saison recrue chez les Sénateurs avec ses 11 buts et 26 points, sa tenue compensant pour l'absence du vétéran Clarke MacArthur.
Samedi contre les Sabres, son entraîneur Guy Boucher n'a pas aimé sa couverture en défensive sur le premier but des Sabres, et il lui a passé un message clair en le rétrogradant ensuite sur le quatrième trio pour une bonne partie du reste de la rencontre, perdue 4-0.
En fait, Boucher a jonglé avec ses lignes pendant une bonne partie de la soirée, chose qu'il a peu faite au cours des mois de décembre et janvier alors que ses trois premiers trios, pivotés par Kyle Turris, Derick Brassard et Jean-Gabriel Pageau, sont demeurés très stables.
« Le premier but aurait pu être évité, nous avons eu une mauvaise couverture défensive, a-t-il analysé après coup tard samedi soir, avant de rentrer dans la capitale. J'ai cherché à mêler les cartes ensuite. Quand vous jouez surtout dans le périmètre du filet et que vous voulez que les gars foncent au but, mais quand ça n'arrive pas, vous devez faire quelque chose. Si vous n'obtenez pas la réponse désirée, à un moment donné, vous devez faire quelque chose pour que ça arrive. Parfois ça marche, parfois ça ne fonctionne pas. C'était un de ces soirs où on n'en a pas fait assez. »
Pendant que Dzingel se retrouvait avec Chris Kelly et Curtis Lazar, c'est le nouveau venu Tommy Wingels qui a obtenu des chances de jouer sur un trio offensif, avec Pageau et son partenaire habituel Tom Pyatt, puis ensuite avec Brassard et Mark Stone. « Je dois apprendre à le connaître. J'avais trouvé qu'à ses deux premières présences, il était physique et impliqué dans le jeu. J'ai dit que mon jonglage n'a pas fonctionné, mais ça a marché à partir de la deuxième en termes de tirs, juste pas pour ce qui est de compter des buts », a ajouté Boucher.
Zack Smith en est un autre qui s'est promené de trio en trio, effectuant même un retour au centre à un moment donné. « Les entraîneurs vont faire ça quand les choses ne vont pas bien. On n'a juste pas généré grand-chose même si on a effectué beaucoup de lancers au filet », a-t-il noté.
Dans la défaite, Brassard a été un des plus dangereux attaquants des siens avec ses huit tirs au but.
Les Sabres sont une des bêtes noires des Sénateurs, ayant porté leur fiche à 5-0-2 contre eux à leurs sept derniers duels.