D.J. Smith fait attention de ne pas surutiliser le Gatinois Jean-Gabriel Pageau.

Pas d’attaque à cinq pour Pageau

Jean-Gabriel Pageau a encore été un des meilleurs joueurs de son équipe lors de son dernier match, sinon le meilleur.

L’entraîneur-chef des Sénateurs d’Ottawa D.J. Smith le réalise très bien, mais il n’a quand même pas l’intention de demander à son centre gatinois de venir à la rescousse de son jeu de puissance anémique, a-t-il réitéré jeudi, lui qui préfère l’utiliser pour contrer les meilleurs attaquants adverses ainsi qu’en désavantage numérique.

« J’y pensais hier. Si je l’avais utilisé sur l’attaque à cinq, pas qu’on en obtient beaucoup, mais si on le faisait, il jouerait 25 minutes par match. Ça lui enlèverait de l’énergie pour jouer en P.K. ainsi que pour contrer le meilleur trio adverse. Surtout que lorsque tu obtiens un avantage numérique, l’autre club envoie sa meilleure ligne par après, habituellement, a expliqué Smith. Par exemple (vendredi contre les Islanders), s’il joue sur l’attaque à cinq et que (Mathew) Barzal embarque, je n’ai pas Pageau pour l’affronter. Beaucoup de choses entrent en ligne de compte. Il pourrait certes remplir ce rôle, mais ça n’aide pas notre club à gagner. »

Une attaque à cinq qui est la pire de la LNH avec un pourcentage d’efficacité de 3,7 % – un but en 27 chances de se déployer n’aide évidemment pas la cause des Sénateurs.

« Il (Pageau) pourrait le relancer un peu, soulignait le défenseur Mark Borowiecki. Il y a deux côtés à ça : il va y avoir des moments pendant la saison où le P.K. ne fonctionnera pas et le P.P. (avantage numérique) va sauver notre peau. Présentement, c’est le contraire, mais il faut lui donner du temps (à l’avantage numérique) de régler ses problèmes. Ça va venir. »

Le principal intéressé a laissé entendre qu’il aimerait bien évidemment se faire taper sur l’épaule pour jouer à cinq contre quatre (ou trois), lui qui n’a obtenu que des miettes (1:20 minute de jeu) dans ces conditions. Un autre centre qui écoule les punitions, Chris Tierney, a obtenu presque 21 minutes de cette glace où il y a plus d’espace pour manœuvrer.

« On verra. C’est une chance que j’aimerais avoir, c’est quelque chose qui est le fun. C’est un honneur d’être sur le power play, mais c’est aussi un honneur d’être sur le P.K. et c’est un rôle que je prends avec fierté. Notre désavantage numérique fait une assez bonne job depuis le début de la saison et on veut continuer à s’améliorer. Ça fait une grosse différence dans les matches », note-t-il.

L’unité de désavantage numérique fait effectivement du bon travail, occupant le 12e rang dans la LNH avec un taux d’efficacité de 82,5 % (7 buts alloués en 40 chances), en plus d’être deuxième avec trois buts marqués en jouant à court d’un homme, seuls les Golden Knights de Vegas les devançant avec quatre.

En déjouant Jonathan Bernier du côté de la mitaine sur un deux contre un, Pageau a d’ailleurs réussi son 11e but en carrière dans ces circonstances, à deux du record d’équipe détenu par Daniel Alfredsson. Depuis la saison 2014-2015, il est aussi deuxième derrière Brad Marchand à ce chapitre, la peste des Bruins en ayant 13.

Son troisième but de la présente campagne rappelait celui en prolongation qu’il avait compté dans son match de quatre buts contre les Rangers de New York au printemps 2017.

« Ça m’a rappelé des souvenirs, oui, le lancer était similaire. C’est un lancer que j’aime essayer à deux contre un. Je regardais pour faire la passe tout le long, mais le défenseur ne m’a pas donné le choix de lancer... Côté personnel, j’ai un bon début de saison, mais on met l’accent sur ce que l’équipe fait, essayer de jouer des matches complets de 60 minutes. Même hier, on a lâché pendant deux-trois minutes et ils (les Wings) sont revenus », a-t-il ajouté.

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Un tour en solo stressant

Au lendemain de son premier match dans la LNH, Jean-Christophe Beaudin a révélé qu’il était moins nerveux pour la partie elle-même, disputée devant une vingtaine de parents et amis, que pour le tour en solitaire qu’il a dû effectuer avant la période d’échauffement, vieille tradition pour les recrues obtenant leur baptême du feu.

«Le tour, c’était énervant, oui. Je pense que dans la game, j’étais un peu moins stressé que pendant ce tour-là. C’est bizarre à dire, mais vu que j’étais tout seul, c’était pire. Sinon, j’étais un peu nerveux au début de la partie, c’est certain. Mais quand ça a commencé et que j’ai obtenu mes deux premiers shifts, ça a bien été par la suite», a-t-il confié.

Beaudin a joué seulement 6:39 minutes sur le quatrième trio, aux côtés de Scott Sabourin et Tyler Ennis, et il a fini la rencontre avec un différentiel de moins-1, mais en ayant remporté les quatre mises au jeu où il était le centre d’office.